Lexique des Termes Premiers utilisés par François Laruelle dans le cadre de la "Non-Philosophie" ou "Philosophie non-standard". Résumés ou extraits.
mardi 18 juillet 2023
MESSIANITÉ, Quantique, Immanence
lundi 26 juin 2023
IMMANENCE, Matrice, Transcendance
samedi 17 juin 2023
CHRIST, Immanence, Messianité
LARUELLE, 2014, CF
mardi 28 mars 2023
LIVRE, Chiasme, Immanence
LIVRE, Milieu, Immanence, JABES
LIVRE, Bibliothèque, Milieu
vendredi 3 août 2012
SCIENCE GENERIQUE > Quantique
IMMANENCE > Quantique
CONSTANTE > Immanence
IMMANENCE > Ondulation
IDENTITE > Ondulation
vendredi 23 décembre 2011
SUPERPOSITION > Ondulation
mardi 11 janvier 2011
MATERIALISME > Réel
Comme matérialisme le marxisme renvoie la philosophie à l'état de position idéaliste, mais il le fait en la présupposant encore et la rejoignant par son usage de la dialectique. Ses opérations restent philosophiques (et donc idéalistes), même si le présupposé du Réel est acquis face à la transcendance de la superstructure. Mais d'un côté le Réel comme matière ou base immanente n'est pas l'immanence radicale, de l'autre la conscience et la superstructure n'épuisent pas toute transcendance. Le marxisme ne peut donc effectuer la théorie complète de la philosophie, ni objectiver les conditions corolaires d'un capitalisme vraiment universel - d'où son échec face à celui-ci. Explicitons. En non-marxisme, la position matérialiste ne peut être que le symptôme d'une immanence réelle non positionnelle de soi, c'est-à-dire non prélevée sur la positionnalité philosophique. C'est l'immanence de l'identité comme telle et non celle de l'individu concret (vivant, travaillant). Elle conditionne une transcendance large, une aliénation mondaine économico-philosophique, dont la conscience n'est qu'une figure symptomatique réduite : entre deux, intervient une causalité de l'identité réelle dont la "causalité-en-dernière-instance" des marxiste n'est elle-même qu'un symptôme limité. (2000)
mardi 24 février 2009
VIE > Immanence
mardi 10 février 2009
UN > Immanence
2004
mardi 11 novembre 2008
MYSTIQUE > Immanence
La non-philosophie réduit le mystique à désigner la seule immanence, mais devenue à elle-même sa propre donnée phénoménale ou le Réel même. Le mystique peut donc être dit du Réel en tant qu'Un, distinct de toute effectivité empirico-idéale ou même de toute auto-affection : il est Affecté-sans-affection, Donné-sans-donation, expérience (de) soi irréfléchie se confondant avec la Vision-en-Un. Le mystique n'est pas seulement indifférent au Monde mais à toute représentation (philosophique ou scientifique) du monde, indifférence qui appelle le clonage comme l'Un-Réel appelle le sujet transcendantal pour faire face aux représentations.
La réduction de la transcendance, de son essence extatique et de ses modalités religieuses ne suspend que la mystique et le mysticisme, mais sauve le phénomène qu’est l’expérience mystique, et le fait déployer son universalité au cœur de la pensée, permettant de transformer notre rapport à la philosophie, à la science, à l’art – à la mystique elle-même. L’usage non-philosophique du langage n’aboutit pas à une hénologie négative, la négation ou le suspens du logos n’appartenant plus à l’essence de la cause réelle ou du mystique.
1996, 1998
IMMANENCE > Pensée
La dyade immanence/transcendance, où chaque terme relativise l'autre, est l'un des opérateurs fondamentaux de la philosophie. Tant que l'immanence n'est pas donnée comme un présupposé réel, toute tentative de réduire la transcendance à l'immanence souffre de réversibilité... et donc se fait à l'aune de la transcendance.
Les philosophies de l'immanence radicale (M. Henry par ex.) se posent justement comme pensées de l'immanence et font s'équivaloir pensée et immanence. Or une pensée n'est réellement immanente que lorsqu'elle procède selon l'immanence (non pas d'elle-même mais du Réel forclos à la pensée), c'est-à-dire axiomatiquement et par clonage des éléments philosophiques.
IMMANENCE > Autonomie
1996
mardi 14 octobre 2008
DETERMINATION-EN-DERNIERE-INSTANCE > Immanence
Phénoménologiquement, la DDI apparaît d'abord comme une forme de causalité à la fois unique et insuffisante, donc qui en appelle une seconde tout autant insuffisante. Toute causalité seconde se doit par définition d'en passer par la DDI et sa syntaxe sans synthèse ou immanente. Donc les traits de DDI présents dans le marxisme doivent être ré-expliqués selon une conception elle-même immanente de l'infrastructure.
En philosophie, l'immanence a toujours été un objet ou un objectif, jamais une méthode de penser. Deux exemples : Spinoza envisage une causalité réelle de l'immanence, mais elle est finalement rattachée à une instance transcendante supérieure à la conscience ; de son côté, Michel Henry confond l'immanence réelle avec une immanence transcendantale présentée comme réelle, en l'occurrence l'auto-génération de la Vie.
La "matière" n'est pas un concept adéquat pour décrire l'infrastructure immanente. Il ne s'agit plus de poser le primat de la matière sur la conscience mais celui de l'Un-Réel sur la dyade matière/conscience, et en général celui du Réel sur la thèse du Réel ; passer du terrain de la transcendance et de la représentation au terrain de l'immanence radicale (comme Henry, au Réel près) et à celui du Réel (comme Spinoza, à la radicalité près). De même, le Réel radical est irréductible à la "force de travail" qui représente plutôt l'instance du sujet prolétarien. Enfin, du point de vue syntaxique, la dualité uni-latérale se substitue à la contradiction, à la lutte ou la division, qui sont des opérateurs philosophiques transcendants.
La causalité de l'infra- sur la superstructure dans le marxisme ne permet pas cette nouvelle distribution de l'immanence et de la transcendance qu'autorise en revanche la DDI ou le "clonage", soit la capacité que possède le Réel de déterminer-par-immanence ce qui lui est le plus hétérogène : la pensée.
Comment le Réel détermine t-il aussi bien la connaissance de sa propre causalité ? Tout X à connaître en général est d'abord éprouvé comme radicalement immanent, c'est-à-dire objet de la Vision-en-Un, puis détermine sous cette forme sa propre connaissance. C'est parce que l'objet connu est identiquement la cause-de-dernière-instance de sa connaissance que la connaissance de son côté demeure hétérogène à l'objet connu (résultat auquel aucune philosophie ne saurait parvenir).
La double causalité est strictement préservée dans le cadre de la DDI. A la fois X est donné-sans-donation sur le mode de l'immanence radicale ou comme infrastructure, et il est donné sur le mode de la transcendance comme superstructure "capitaliste" (pour continuer sur le matériau marxiste), privée toutefois de sa suffisance mondaine. C'est la donation transcendantale de cette transcendance avec son autonomie relative que l'on appelle par ailleurs "clonage".
2000
mardi 7 octobre 2008
AUTO-AFFECTION > Immanence
Les philosophies de l'"immanence radicale" en reviennent fatalement au principe selon lequel la pensée serait co-déterminante du Réel. L'auto-affection ne sort pas de l'horizon philosophique de la triade idéaliste, même à "écraser" celle-ci en immédiateté, là où il faudrait la rendre d'emblée contingente pour l'Ego et dans une certaine mesure pour la philosophie elle-même.
La production de l'identité transcendantale comme auto-affection demeure une auto-constitution, à la fois transcendante et transcendantale.
La philosophie produit le concept d'auto-affection à partir d'une immanence encore transcendante ou supposée (la "vie", etc.) qui lui sert à "écraser" sur elle-même la triade philosophique (par exemple ego-être-pensée) et à constituer une identité transcendantale, justement par identification à une identité transcendante. Tandis qu'en non-philosophie la triade reste un simple matériau d'où est extraite par clonage la force (de) pensée, causée en-dernière-instance par le Réel immanent.
Ce n'est pas seulement ce dernier critère, mais bien l'usage comme immanent ou transcendant de l'immanence (et aussi du transcendantal) qui détermine une pensée comme non-philosophique ou philosophique. Il ne suffit donc pas de reconnaître une immanence radicale, il faut aussi se donner les moyens de la penser adéquatement comme immanence et en immanence, ce qui se fait par axiomes plutôt que par thèses portant sur le réel.
La non-philosophie découle d'une hypothèse transcendantale, à savoir : le donné radical précède et détermine toute opération de donation ou de radicalisation, donc l'immanent précède et détermine l'immaner. Les philosophies de l'immanence comme auto-affection utilisent une forme de négation "immédiate" de la triade (par suspens, refoulement, écrasement) qui ne revient pas au clonage dans la vision-en-Un. Ces philosophies forment avec la déconstruction une nouvelle antinomie exacerbant la transcendance (de la différence ou de l'identité), mixant une nouvelle fois la pensée ou le langage avec le Réel, l'Autre avec l'Un, postulant toujours l'autonomie absolue de la philosophie.
1996