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mardi 18 juillet 2023

MESSIANITÉ, Quantique, Immanence

En termes quantiques, la messianité n’est pas un flux numériquement « un » encore corpusculaire, il se présente comme « unicité » mais il est constitué par superposition des vécus comme un « paquet d’ondes » selon l’expression classique. Si bien que toutes ces interprétations représentent une véritable « réduction » du paquet de vécus qui constituent l’événement-Christ. L’Église en particulier est la somme des dogmes rétrospectifs et des constructions macroscopiques qui détruisent la superposition christique... On évitera donc de réduire le Christ comme Messie à un événement, à une ponctualité et une coupure, soit multiples soit simples. La messianité est un dé-bord idempotent (un binaire immanent), un phénomène vectorial d’onde ou de force, mais pas de point en milieu de transcendance, l’« Envoyé » n’est pas une image spéculaire de la transcendance divine. Sur ce point, le judaïsme, trop lié à sa diaspora spatiale et temporelle, est resté dans une certaine mythologie de la transcendance et a peu inventé. Un point-Un est vide par définition, c’est à la rigueur une force répulsive ou rétractive concentrée. Une science de la messianité fait plutôt valoir sa matérialité de vécu ondulatoire ou interférent, sa plénitude posturale qui exclut la ponctualité et la représentation atomiste... L’Un que nous utilisions jadis pour dire cette immanence qui échappe à toute norme ontologique ne permettait pas, tout seul, de comprendre l’immanence en elle-même, si ce n’est à travers beaucoup d’hésitations d’écriture et la simplicité d’une causalité par simple retrait ou soustraction. Déjà nous avions dû retravailler l’Un dans de nouvelles équations idempotentes comme Un-en-Un ou Un Un = Un. Il a fallu faire de l’idempotence la neutralisation immanentale de la transcendance, non sa négation déterminée ou bien sa négation immédiate (M. Henry). Parlant apophatiquement de non-Un ou d’immanence en général, nous ne disposions pas encore de la matrice algébrique de l’immanence messianique en son autonomie et sa positivité de Même obtenues comme superposition. Cette matrice « algébrique » de l’idempotence doit s’incarner maintenant dans le vécu pour donner la constante christique ou le quantum de foi. C’est distinguer l’avant-priorité du Même et la priorité de l’Un et/ou du Multiple dont les débats nourrissent les philosophies.

LARUELLE, CF, 2014

lundi 26 juin 2023

IMMANENCE, Matrice, Transcendance

L’opération de la matrice est tout immanente même si elle met en jeu sur un côté d’elle-même la transcendance théologique la plus exacerbée qu’elle fait tomber en-immanence. Car il n’y a jamais de théologie, fût-elle en-Christ plutôt qu’en-philosophie, sans une transcendance soit déchaînée en croyance soit abaissée à la foi. La matrice suppose en général une réduction vectoriale (à la racine carrée de -1) de l’Un onto-théo-logique et doublement transcendant. Mais son effet se répartit selon une dualité ou complémentarité unilatérale d’aspects qui découle de la transformation de l’Un métaphysique toujours marqué d’une dualité en tant qu’il a affaire à la philosophie. D’une part l’Un est maintenant superposé avec lui-même, c’est ce que nous appelons l’Un-en-Un ou l’immanence radicale de la messianité. D’autre part son second aspect se manifeste comme transcendance mais cette fois tombée en-immanence et simplifiée, apportée par la messianité, c’est ce que nous appelons la foi ou le Messie-existant-fidèle.

LARUELLE, 2014, CF

samedi 17 juin 2023

CHRIST, Immanence, Messianité

La science-Christ est constituée de plusieurs strates enchaînées comme des phases. 1. Le Christ comme sujet générique est d’abord constitué d’un principe formel d’origine algébrique en usage dans la quantique, propriété d’idempotence ou forme d’une immanence vectoriale, d’un flux d’immanence qui est la forme de toute messianité et grâce génériques. 2. Ce flux d’immanence messianique n’est pas une forme logique vide, il a une teneur intrinsèque idempotente sous la forme d’un vécu matérial ou générique. 3. Leur ensemble c’est-à-dire la superposition de l’élément scientifique et du vécu constitue le vecteur d’immanence transfinie, la messianité qui est pour elle-même sans ego, telle une subjectivité non individuelle. Mais elle est nécessairement accompagnée à son pôle mondain d’un messie ou d’un fidèle, d’origine individuelle et mondaine comme l’est Jésus lui-même en tant qu’homme mais transformé en Étranger-existant-messie... d’immanence messianique n’est pas une forme logique vide, il a une teneur intrinsèque idempotente sous la forme d’un vécu matérial ou générique... 3. Leur ensemble c’est-à-dire la superposition de l’élément scientifique et du vécu constitue le vecteur d’immanence transfinie, la messianité qui est pour elle-même sans ego, telle une subjectivité non individuelle. Mais elle est nécessairement accompagnée à son pôle mondain d’un messie ou d’un fidèle, d’origine individuelle et mondaine comme l’est Jésus lui-même en tant qu’homme mais transformé en Étranger-existant-messie, dépouillé de toute croyance et de tout ego individuel transcendant, c’est une foi unifrontale ou unifaciale, sans objet opposé et sans sujet individuel. Ainsi le vecteur messianique immanent possède non seulement une forme, la messianité, une teneur, le vécu matérial et messianique, un contenu intentionnel, la foi qui est par son origine seulement doublement transcendante. 4. Cette transcendance-doublet est la forme générale de la sphère religieuse, forme corpuscupaire du monde (croyances, rites, sens, symboles). Elle-même est réduite ou dédoublée, à double statut, à la fois extrinsèque ou en soi et désormais apparent, mais aussi immanent justement comme ego messianique ou fidèle. C’est alors une transcendance transformée, simplifiée ou unilatéralisée par le flux d’immanence qui la traverse et où elle s’enracine. Mais elle a un « double » qui est sa saisie comme chose suffisante ou en soi c’est-à-dire croyance.

LARUELLE, 2014, CF

mardi 28 mars 2023

LIVRE, Chiasme, Immanence

Nous cherchons le principe à la fois unifiant et dispersant des multiples significations dans lesquelles se dit le livre, et nous le trouvons dans le Même ou la Différence, dans le chiasme comme syntaxe de l’être-au-milieu-du livre. Mais dans un deuxième temps, nous cherchons le principe interne, l’essence de cet à la fois et de ce et non-empirique qui est le seul contenu réel du chiasme ou de l’au-milieu-de…. La philosophie contemporaine du livre se contente de chercher l’essence et la possibilité du chiasme dans le chiasme lui-même comme machine qui consomme de l’infini, qui « marche » à l’infini, à l’histoire, au temps et au devenir illimités... C'est l'Un... L’Un comme économie supérieure et limite absolue de la perte anéconomique de la représentation… L’Un ne fut jamais requis autrement que dans les fonctions ancillaires d’une limite seulement, et seulement relative-absolue, du processus de division de la présence ou de l’idéalité... La tâche dernière d’une philosophie du livre est identiquement la tâche d’une philosophie de l’essence immanente de l’Un : non plus comme simplement requis, comme Limite sans plus, ni comme Unité ontologique, mais comme expérience immanente d’une multiplicité indivisible. Immanence ou indivisibilité qui seraient enfin réelles et antérieures au « et » lui-même. Immanence en quelque sorte anté-synthétique ou anté-coordinatrice et qui serait l’essence de la multiplicité même – de la diaspora comme principe enfin absolument autonome.

LARUELLE, 2020, NET 

LIVRE, Milieu, Immanence, JABES

(Le destin du livre) Repérons quelques points singuliers et traçons deux lignes de faits, deux courbes divergentes par lesquelles il sort peu à peu de la littérature autant que de la philosophie et entre dans ce qui est encore un autre oubli, un effacement plus secret... D’une part, le livre-marchandise, progressivement quelconque, à valeur d’usage décroissante et proche de la nullité, mais à valeur marchande croissante. Ce n’est pas qu’il cesse d’être défini par des critères culturels, c’est plutôt que ceux-ci rentrent à leur tour dans la circulation d’un unique système à entrées multiples : économiques, politiques, culturelles, médiatique...
Une autre courbe – les structures a priori de l’expérience du livre – un autre destin l’emporte d’une autre manière, mais tout aussi implacablement, hors du champ traditionnellement codé de la littérature et de ses appareils d’écriture, d’édition, de distribution, de critique et de consommation. Mais il ne l’emporte ainsi que pour le remettre avec ceux-ci dans un rapport plus complexe, où l’enveloppement réciproque du livre et de ces pratiques, sans cesser, change de nature parce qu’il est enfin reconnu comme tel... Au-delà de ses propriétés d’objet écrit, fabriqué et lu, etc. – « au-delà » c’est-à-dire entre elles, instituant des unes aux autres non plus ces rapports codés d’identité ou d’exclusion, mais des rapports de réversibilité et d’inclusion – il y a Le livre, le Livre comme il y a, comme rez-du-livre ou plan-de-donation pour l’écriture, la fabrication, la distribution, la lecture... Les écrivains inventent quotidiennement le livre comme plan d’immanence – mais la critique ne le sait pas – c’est-à-dire la littérature et l’écriture en général comme Apparence objective universelle. Telle une grande régularité qui désorganise leur vie pour refaire de toutes ces techniques, d’écriture ou autres, toujours très codées et contraignantes, la consistance d’un grand hasard. Un écrivain atteint son plan ou son principe d’immanence, Le livre, qui est plus et moins que ce que l’on appelle ainsi, lorsqu’il soumet toute son activité à cette règle de la réversibilité : n’importe quel signifiant représente un signifié pour un autre signifiant ; n’importe quel texte écrit représente la critique d’une autre œuvre, etc. La loi de cette réversibilité, c’est donc la coupure et la continuation, ce que l’on appelle l’être-au-milieu-de…. Le livre est à la fois un type et un lieu, un typos et un topos pour la littérature et ses techniques dont cependant il n’est pas absolument séparable, sorte de corps qui reçoit les dimensions infinies par lesquelles il cesse de relever exclusivement de l’activité littéraire – l’un de ses sous-systèmes ou son moyen principal – et renverse (re-verse) son rapport à celle-ci. Corps infini du livre, hanté par des sujets larvaires, forcenés et hasardeux dont la passion, en tant du moins qu’elle est unique et qu’elle les jette-au-livre, qu’elle est l’affect de l’être-au-livre ou de l’être-au-milieu-du-livre, n’est plus de « faire » de la littérature ou des livres, mais d’implanter la littérature, l’écriture sur le corps du livre, c’est-à-dire « au-milieu-du- » livre... Cette seconde manière d’excéder la représentation littéraire mérite d’être appelée le « livre-jabès ». Jabès n’est pas le seul écrivain que le fantasme du livre « comme tel », de l’être-au-milieu-du livre aura ébloui et dénudé. Mallarmé, Blanchot, d’autres…. Mais lui construit une œuvre sur l’épuration de ce fantasme, sur le souci du livre « comme tel ». Plus exactement, l’œuvre de Jabès se situe à l’intersection de cet exhaussement gréco-occidental du livre comme plan d’immanence de la littérature, et de l’interprétation juive de la transcendance du livre, de son néant, de son illisibilité. À l’intersection – au chiasme peut-être – du souci pour le livre comme Être de l’être-au-livre, et de la passion juive pour le livre et sa hauteur...
Le livre sort ainsi des bibliothèques comme il sort de cette institution qui s’appelait la littérature, en empruntant deux voies opposées : comme livre-marchandise et comme livre-jabès... L’écrivain, le lecteur, l’éditeur s’engagent dans leur devenir lorsqu’ils s’installent à la jointure du devenir-marchandise du livre et du livre-jabès, qui est sa limite à la fois relative (déplacée) et absolue (indéplaçable, la transcendance absolue du rez-du-livre). L’histoire du livre trouve son espace de jeu, à la fois étroit et incirconscrit, dans l’articulation où s’entrecroisent le biblio-engineering dont il est urgent de prévoir la montée en puissance, et la résistance à la fois relative et absolue que lui oppose le retrait bibliomisique... L’écrivain et l’éditeur n’ont pas une tâche identique, mais ils ont la même tâche, assurer le passage, effectuer la transition du livre-essence au livre-marchandise, implanter le second dans l’entre-deux du premier, avec les effets critiques que cette opération ne peut manquer de produire. 

LARUELLE, 2020, NET 

LIVRE, Bibliothèque, Milieu

Un livre quelconque n’est pas seulement un « objet », sinon pour une écriture, une lecture ou une conservation objectivantes, c’est un mode-attribut, un livre-dimension. Un livre donne son visage, son apparence infinie, sa tenue et sa cohésion à un rayon, comme aussi un rayon à une bibliothèque. N’importe quel lecteur, pour seulement pouvoir lire, pour accomplir ces gestes simples de retirer ou de remettre un livre dans un rayon, doit se laisser affecter par une émotion spécifique qu’il éprouve dès qu’il forme un complexe, un chiasme, une unique chair ou un unique désir avec sa bibliothèque. Il sait alors immédiatement qu’un livre est aussi une dimension qu’il déploie et feuillette interminablement pour y insérer par le milieu un autre livre, tous les autres livres. Pour obtenir le livre (ou la bibliothèque) universel – mais c’est un processus infini – il suffit de prolonger les pages (les rayons de bibliothèque, les colonnes de catalogue) et de porter à l’absolu, sous les conditions absolues qui sont celles de la réversibilité et de la transcendance hiératique du livre, les effets de coupure et de continuité qui ouvrent l’espace de la page (de la ligne ou de la lettre, du rayon, etc. la même structure est a priori valable pour tous les niveaux de l’expérience bibliophilique). N’importe quel livre est agencé sur une syntaxe coupure/association et forme une dimension, un horizon bibliophilique que le pouvoir-écrire, avec son impouvoir ou sa bibliomisie propre, « veut » ou non, agence ou non sur le mode d’un processus positivement interminable. Le pouvoir bibliophilique, pouvoir et impouvoir « du » livre (qui veut, qui peut un livre, tel livre ? que veut, que peut un livre à travers celui qui l’écrit ou le lit ?) a pour objet non plus un livre étendu, une bibliothèque générale, mais un livre divisé ou démultiplié par le milieu, de telle sorte que dans ce livre c’est le milieu, ce qui le partage, le continuant aussi en d’autres et par d’autres. Bibliothèque intense : seul un bibliothécaire spinoziste ou nietzschéen peut entrer dans Le livre comme dans une bibliothèque infinie et travailler à la production du livre comme plan d’immanence universel...
Le livre à venir n’est plus réglé par la contiguïté qu’y mettaient des figures de rhétorique, ni même par une rhétorique généralisée, mais par une réversibilité qui exclut la position de survol, la prise de position en général. Le signifiant et ses figures sont insuffisants pour épuiser le devenir-catalogue du livre et le devenir-livre du catalogue, leur devenir-dimension pour tous les objets du monde, leur devenir-encyclopédie. Ce retrait du livre ou de la bibliothèque universels par rapport à leur effectuation « réelle » ou « empirique », les libère ou les « absente » du monde et les constitue en ces plans d’immanence sur lesquels les écrivains implantent bien autre chose que leurs fantasmes. Le corps fermé et retiré du livre par excellence n’est plus une bibliothèque à signifiant, pas plus que la bibliothèque universelle ne contient des livres. Les fantasmes sont plutôt au-livre, au-milieu-du livre, comme les livres sont plutôt à-la-bibliothèque qu’en elle, bibliothèque proliférante qui ajointe sans cesse à nouveau, latéralement aux anciens, de nouveaux rayons, substance folle pour de nouveaux attributs. Il est aussi impossible de séparer les livres réels et une idéalité « livre » que de poser que seul le livre idéal est le livre réel. Ce sont ces dimensions nouvelles, ces affects nouveaux que le lecteur ou l’écrivain expérimentent pour devenir lecteur ou écrivain et qu’ils apprennent à varier : le livre qui s’écrit écrivant, qui représente un rayon ou une bibliothèque pour un autre livre, la bibliothèque qui représente un livre pour une autre bibliothèque, etc. 

LARUELLE, 2020, NET 

vendredi 3 août 2012

SCIENCE GENERIQUE > Quantique

L’invention n’existe que si l’on renonce à l’absolu du geste de l’auto-fondation, à l’image de ces philosophies qui s’auto-constituent circulairement pour exploser en plein vol ou au contraire implosent à force de s’auto-déconstruire. En particulier aucune fondation ou aucune tabula rasa ne peut faire l’impasse sur l’existence de la philosophie et sa nécessaire utilisation au moins au titre de matériau. Simplement cette gestation nouvelle sera sous la science comme on dit sous-X, c’est-à-dire nécessairement assistée par cette science la plus proche de l’immanence réelle qu’est la quantique. Le vrai geste socratique, aujourd’hui celui du non-philosophe, est la procréation assistée (par la science) de nouvelles idées philosophiques non-standard. La formule de la matrice générique est toujours : « l’unité de la science et de la philosophie sous la science ». Sans cette 2è application à la science (quantique), aucune pensée générique ne serait possible et l’on reviendrait à une méta-épistémologie ou à une méta-ontologie se contentant par exemple d’associer ontologie et mathématiques (Badiou). Or seule la quantique et non la mathématique (non-euclidienne) peut donner la formule de l’immanence radicale (parce qu’elle remet en cause toute présence suffisante) et donc assumer une critique de la philosophie. Pourtant il serait abusif de poser l’équivalence « quantique = ontologie générique », sur le modèle « ensemblisme = ontologie matérialiste », car d’une part la quantique subit elle-même une transformation du fait de sa traduction en langage philosophique et d’autre part le générique demeure irréductible à ses composantes quantiques et philosophiques.

IMMANENCE > Quantique

L‘immanence « naturelle » et circulaire  des grecs, tout comme la transcendance exclusive hébraïque, ne sont que des projections à l’échelle macroscopique de la véritable immanence radicale. Même l’affect d’immanence propre à l’Un cherché autrefois dans la non-philosophie n’est véritablement intelligible (d’apparence moins métaphysique tout au moins) qu’en termes d’immanence ondulatoire. Il s’agit maintenant grâce à la quantique de faire « fissionner » en les dé-mélangeant les entités philosophiques. La superposition quantique règle leur compte notamment aux apories déconstructivistes qui résultent d’un enfermement dans l’élément du langage pris à tort pour un « milieu » incontournable.

CONSTANTE > Immanence

La constante philosophique (pour l’essentiel : la distance phénoménologique) est en situation typique d’auto-implication ou d’auto-supposition, elle repose sur elle-même et finit aussi par s’écrouler sur elle-même comme tout cercle vicieux. A l’inverse une constance scientifique est seulement immanente. Le Sujet générique, quant à lui, ajoute par superposition et de manière immanente une loi scientifique et un vécu.

IMMANENCE > Ondulation

La matrice générique parvient à inclure dans la science un sujet de type philosophique tout en excluant la philosophie comme doublet, à condition de reconsidérer (superposer) la science également comme dispositif immanent (idemmanence). L’immanence matériale est la manière de penser native de la science, très éloignée de l’immanence absolue intenable des philosophes. Pourtant de nombreux symptômes de type « ondulatoires » émaillent l’histoire de la philosophie (Héraclite, Bergson, Deleuze…) qui justifient à eux seuls le projet global d’une quantification de la philosophie. Encore faut-il s’affranchir des préjugés qui enferment la pensée dans l’horizon macrocosmique qui est celui du « monde » intuitif, corpusculaire, puis totalisé. D’ailleurs d’un point de vue générique c’est l’immanence ondulatoire qui détermine le macrocosme et la totalité. La puissance de ce formalisme « matérial » ou « immanental » écarte l’hégémonique mathématicienne aussi bien que philosophique, pour instaurer une dualité plus complexe au sein de la science, ainsi qu’une réalité plus subtile de l’onde elle-même en tant que « virtuelle ».

IDENTITE > Ondulation

La science générique se déploie continument en surfant sur la même « onde » bien qu’elle se donne deux objets distincts : d’une part justement celui des vécus ondulatoire qui relèvent de l’immanence, d’autre part celui des corpuscules conceptuelles appartenant à la transcendance. Le « Même » en régime humain générique, pour n’être plus syntético-dialectique (Moi + non-Moi = Moi) ni analytico-logique (Moi = Moi), tous deux corpusculaires, se formule d’abord sur le modèle de l’identité algébrique dite « idempotence » (Moi + Moi = Moi) avant de se résoudre dans le Moi-en-Moi (Homme-en-Homme ou Un-en-Un) d’ordre quantique c’est-à-dire cette fois ondulatoire-et-particulaire. Au contraire du sujet corpusculaire de la philosophie, pensé dans la post-modernité comme archi-différentiel ou comme soustrait à l’être, le sujet générique pense l’infinité des rapports à partir du non-rapport d’une immanence indiscernable et radicale.

vendredi 23 décembre 2011

SUPERPOSITION > Ondulation

Il y a davantage qu’un air de famille entre l’Un non-philosophique de l’Immanence radicale et la superposition quantique. L’Un glisse en-Un d’une façon parfaitement superpositionnelle. La « superposition » est une identité de type ondulatoire se substituant avantageusement aux anciennes formes philosophiques d’identité, qu’elles soient analytiques ou synthétiques. C’est une opération philosophiquement et arithmétiquement stérile (« imaginaire ») ayant cette propriété de produire du même sans avoir à le répéter, comme la vague s’ajoute à vague tout en remplissant peu ou prou le mêmes espace.

mardi 11 janvier 2011

MATERIALISME > Réel

Comme matérialisme le marxisme renvoie la philosophie à l'état de position idéaliste, mais il le fait en la présupposant encore et la rejoignant par son usage de la dialectique. Ses opérations restent philosophiques (et donc idéalistes), même si le présupposé du Réel est acquis face à la transcendance de la superstructure. Mais d'un côté le Réel comme matière ou base immanente n'est pas l'immanence radicale, de l'autre la conscience et la superstructure n'épuisent pas toute transcendance. Le marxisme ne peut donc effectuer la théorie complète de la philosophie, ni objectiver les conditions corolaires d'un capitalisme vraiment universel - d'où son échec face à celui-ci. Explicitons. En non-marxisme, la position matérialiste ne peut être que le symptôme d'une immanence réelle non positionnelle de soi, c'est-à-dire non prélevée sur la positionnalité philosophique. C'est l'immanence de l'identité comme telle et non celle de l'individu concret (vivant, travaillant). Elle conditionne une transcendance large, une aliénation mondaine économico-philosophique, dont la conscience n'est qu'une figure symptomatique réduite : entre deux, intervient une causalité de l'identité réelle dont la "causalité-en-dernière-instance" des marxiste n'est elle-même qu'un symptôme limité. (2000)

mardi 24 février 2009

VIE > Immanence

Comme universel philosophique, "La-vie" ne peut exprimer autre chose qu'une forme de subjectivité mondaine, donc une fausse immanence.
Le christianisme a opposé une vie mondaine et une vie céleste, propre à l'homme sauvé, mais cette dernière immanence reste prise dans la forme transcendante d'une extase ou d'une attente.
La gnose historique préserve plus radicalement la vie dans l'immanence du savoir (plutôt que de la foi), mais en projetant extérieurement l'attente (de l'autre vie) dans la transcendance chrétienne, elle en conserve la mythologie.
Enfin le non-christianisme réduit tout élément de transcendance et ne garde de la vie que l"être-en-vie" ou le "vivant", ou encore le "Vécu-sans-vie" sans consistance ontologique (immanence réelle et non transcendantale). La Vie est ce déterminé hors-monde qui cause le sujet-Christ transcendantal vivant-pour-le-Monde.

2002

mardi 10 février 2009

UN > Immanence

Malgré la parenté du vocabulaire, aucune philosophie "de" l'immanence n'a posé, comme la non-philosophie, le primat du Réel sur la pensée, de l'Un sur l'Unilatéralité, du Radical sur la radicalité. 
L'Un, ou l'Immanent-en-personne, n'est pas pensable sur le mode de la transcendance (thématique ou opératoire) et reste donc inaperçu des philosophies de l'immanence (Deleuze) ou de l'auto-affection (Henry). Traiter l'immanence de manière immanente, tel est l'impératif de la rigueur.
Un est d'emblée en-Un et immanent plutôt que en-soi et intérieur : immanence donc radicale (et non absolue), non convertible avec l'Etre ou l'Autre. Cette radicalité lui confère en outre une plus grande universalité.

La Vision-en-Un inverse ou plutôt uni-verse la transcendance : elle donne en-Un l'Un-en-Un, sans altérité autre que celle d'un Autre-que (appelé aussi (Non-) Un ou Uni-latéralité) exprimant l'essence d'immanence séparée de l'Un mais non un quelconque rapport de l'Un avec l'Etre.

2004

mardi 11 novembre 2008

MYSTIQUE > Immanence

La mystique décrit traditionnellement une identification de l'âme avec la transcendance, une transcendance vécue en mode d'immanence, voire l'immanence d'une certaine transcendance, mais elle n'est jamais l'expérience d'une immanence vécue comme telle. Au contraire le mystique exclut radicalement la transcendance, il est expérience de l'identité telle quelle, immanence pure et non immanence à quelque chose.

La non-philosophie réduit le mystique à désigner la seule immanence, mais devenue à elle-même sa propre donnée phénoménale ou le Réel même. Le mystique peut donc être dit du Réel en tant qu'Un, distinct de toute effectivité empirico-idéale ou même de toute auto-affection : il est Affecté-sans-affection, Donné-sans-donation, expérience (de) soi irréfléchie se confondant avec la Vision-en-Un. Le mystique n'est pas seulement indifférent au Monde mais à toute représentation (philosophique ou scientifique) du monde, indifférence qui appelle le clonage comme l'Un-Réel appelle le sujet transcendantal pour faire face aux représentations.

La réduction de la transcendance, de son essence extatique et de ses modalités religieuses ne suspend que la mystique et le mysticisme, mais sauve le phénomène qu’est l’expérience mystique, et le fait déployer son universalité au cœur de la pensée, permettant de transformer notre rapport à la philosophie, à la science, à l’art – à la mystique elle-même. L’usage non-philosophique du langage n’aboutit pas à une hénologie négative, la négation ou le suspens du logos n’appartenant plus à l’essence de la cause réelle ou du mystique.

1996, 1998

IMMANENCE > Pensée

L'immanence radicale ou immanence (à) soi équivaut à l'Un-en-Un et implique la vision-en-Un uni-verselle en tant que forclose à la pensée ou au Monde.

La dyade immanence/transcendance, où chaque terme relativise l'autre, est l'un des opérateurs fondamentaux de la philosophie. Tant que l'immanence n'est pas donnée comme un présupposé réel, toute tentative de réduire la transcendance à l'immanence souffre de réversibilité... et donc se fait à l'aune de la transcendance.

Les philosophies de l'immanence radicale (M. Henry par ex.) se posent justement comme pensées de l'immanence et font s'équivaloir pensée et immanence. Or une pensée n'est réellement immanente que lorsqu'elle procède selon l'immanence (non pas d'elle-même mais du Réel forclos à la pensée), c'est-à-dire axiomatiquement et par clonage des éléments philosophiques.

IMMANENCE > Autonomie

Il y a nécessité de formuler les règles d'un usage théorico-pragmatique du matériau philosophique (où l'on prélève des "noms premiers" et des structures a priori), précisément pour éviter d'introduire la pensée de l'immanence radicale à même la philosophie, sous la forme d'une Nième "philosophie de l'immanence". Ceci implique la reconnaissance de deux ordres d'autonomie bien distincts : l'autonomie relative de la philosophie et l'autonomie radicale de la Vision-en-Un, sans compter l'originalité irréductible de l'ordre transcendantal permettant de penser un matériau identiquement philosophique et scientifique.

1996

mardi 14 octobre 2008

DETERMINATION-EN-DERNIERE-INSTANCE > Immanence

Inventée par Marx et Engels dans le cadre restreint du matérialisme historique, la DDI n'a pu produire tous ses effets théoriques et critiques. Plutôt que de la "rectifier" en la pliant aux exigences "supérieures" de la philosophie et de la dialectique, on exhibe ici ses formes marxistes comme autant de symptômes et de modèles d'un concept de DDI autrement plus radical.

Phénoménologiquement, la DDI apparaît d'abord comme une forme de causalité à la fois unique et insuffisante, donc qui en appelle une seconde tout autant insuffisante. Toute causalité seconde se doit par définition d'en passer par la DDI et sa syntaxe sans synthèse ou immanente. Donc les traits de DDI présents dans le marxisme doivent être ré-expliqués selon une conception elle-même immanente de l'infrastructure.

En philosophie, l'immanence a toujours été un objet ou un objectif, jamais une méthode de penser. Deux exemples : Spinoza envisage une causalité réelle de l'immanence, mais elle est finalement rattachée à une instance transcendante supérieure à la conscience ; de son côté, Michel Henry confond l'immanence réelle avec une immanence transcendantale présentée comme réelle, en l'occurrence l'auto-génération de la Vie.

La "matière" n'est pas un concept adéquat pour décrire l'infrastructure immanente. Il ne s'agit plus de poser le primat de la matière sur la conscience mais celui de l'Un-Réel sur la dyade matière/conscience, et en général celui du Réel sur la thèse du Réel ; passer du terrain de la transcendance et de la représentation au terrain de l'immanence radicale (comme Henry, au Réel près) et à celui du Réel (comme Spinoza, à la radicalité près). De même, le Réel radical est irréductible à la "force de travail" qui représente plutôt l'instance du sujet prolétarien. Enfin, du point de vue syntaxique, la dualité uni-latérale se substitue à la contradiction, à la lutte ou la division, qui sont des opérateurs philosophiques transcendants.

La causalité de l'infra- sur la superstructure dans le marxisme ne permet pas cette nouvelle distribution de l'immanence et de la transcendance qu'autorise en revanche la DDI ou le "clonage", soit la capacité que possède le Réel de déterminer-par-immanence ce qui lui est le plus hétérogène : la pensée.

Comment le Réel détermine t-il aussi bien la connaissance de sa propre causalité ? Tout X à connaître en général est d'abord éprouvé comme radicalement immanent, c'est-à-dire objet de la Vision-en-Un, puis détermine sous cette forme sa propre connaissance. C'est parce que l'objet connu est identiquement la cause-de-dernière-instance de sa connaissance que la connaissance de son côté demeure hétérogène à l'objet connu (résultat auquel aucune philosophie ne saurait parvenir).

La double causalité est strictement préservée dans le cadre de la DDI. A la fois X est donné-sans-donation sur le mode de l'immanence radicale ou comme infrastructure, et il est donné sur le mode de la transcendance comme superstructure "capitaliste" (pour continuer sur le matériau marxiste), privée toutefois de sa suffisance mondaine. C'est la donation transcendantale de cette transcendance avec son autonomie relative que l'on appelle par ailleurs "clonage".

2000

mardi 7 octobre 2008

AUTO-AFFECTION > Immanence

L'auto-affection n'est pas le contenu immanent propre de l'Ego, comme c'est le cas chez Michel Henry, mais plutôt celui du clone transcendantal.

Les philosophies de l'"immanence radicale" en reviennent fatalement au principe selon lequel la pensée serait co-déterminante du Réel. L'auto-affection ne sort pas de l'horizon philosophique de la triade idéaliste, même à "écraser" celle-ci en immédiateté, là où il faudrait la rendre d'emblée contingente pour l'Ego et dans une certaine mesure pour la philosophie elle-même.

La production de l'identité transcendantale comme auto-affection demeure une auto-constitution, à la fois transcendante et transcendantale.
La philosophie produit le concept d'auto-affection à partir d'une immanence encore transcendante ou supposée (la "vie", etc.) qui lui sert à "écraser" sur elle-même la triade philosophique (par exemple ego-être-pensée) et à constituer une identité transcendantale, justement par identification à une identité transcendante. Tandis qu'en non-philosophie la triade reste un simple matériau d'où est extraite par clonage la force (de) pensée, causée en-dernière-instance par le Réel immanent.

Ce n'est pas seulement ce dernier critère, mais bien l'usage comme immanent ou transcendant de l'immanence (et aussi du transcendantal) qui détermine une pensée comme non-philosophique ou philosophique. Il ne suffit donc pas de reconnaître une immanence radicale, il faut aussi se donner les moyens de la penser adéquatement comme immanence et en immanence, ce qui se fait par axiomes plutôt que par thèses portant sur le réel.

La non-philosophie découle d'une hypothèse transcendantale, à savoir : le donné radical précède et détermine toute opération de donation ou de radicalisation, donc l'immanent précède et détermine l'immaner. Les philosophies de l'immanence comme auto-affection utilisent une forme de négation "immédiate" de la triade (par suspens, refoulement, écrasement) qui ne revient pas au clonage dans la vision-en-Un. Ces philosophies forment avec la déconstruction une nouvelle antinomie exacerbant la transcendance (de la différence ou de l'identité), mixant une nouvelle fois la pensée ou le langage avec le Réel, l'Autre avec l'Un, postulant toujours l'autonomie absolue de la philosophie.

1996