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mercredi 22 mars 2023

SCIENCE, Mystique, Technologie

"Si la sphère de l’enjeu, du conflit supérieur et de la topologie est par excellence la techno-logie, la science absolue renonce, elle, à poser les problèmes de la technologie en termes d’enjeu et sort ainsi du cercle vicieux d’une auto-critique de la Raison technologique. L’Un fonde une indifférence positive (elle renonce au soin, souci, intérêt à… = cercle philosophique) à la technologie et la science n’est plus elle-même une partie de son corpus comme l’est la philosophie. L’homme ne s’aliène pas dans la machine, pas plus que la science absolue dans son « objet »... Nous voyons la technologie, nous éprouvons la machine en l’Un plutôt qu’en l’Être (contre l’interprétation encore vicieuse de Heidegger). « Contemplation » immédiate et indifférente de la technologie : le « rapport » mystique (à) la technologie est non-thétique (de) soi et de celle-ci ; alors que l’éthique est encore, au moins résiduellement, un rapport thétique à la technologie, une position de celle-ci et une guerre qui lui est faite. Paix aux machines…"

LARUELLE, 2020, NET

mardi 11 novembre 2008

NON-CHRISTIANISME > Mystique

Le non-christianisme radicalise et donne la primauté à l'élément mystique, a priori indifférent aux particularismes religieux, ce qui lui permet notamment de se constituer comme théorie unifiée de la foi judéo-chrétienne et du savoir gnostico-chrétien. Bien entendu, son indifférence à la religion découle de la non-consistance de l'Homme-en-personne.

Outre son habituelle indifférence aux dogmes, la mystique fournit le matériau le plus concentré et le plus coïncidant des éléments chrétiens, gnostiques et philosophiques nécessaires à la modélisation non-religieuse.

A partir du matériau mystique chrétien, comme essence de l'expérience religion-monde, il sera possible de formuler des "théorèmes mystiques" plus théoriques que théoricistes, comme vécu radical de salut.

2002

MYSTIQUE > Monde

La mystique-Monde a occulté trois problèmes et trois vérités que tente de rétablir dans leur ordre unilatéral la mystique future. Tout d’abord l’essence radicalement humaine du Réel, et la vision-en-Un comme acte performatif immanent, que l’on a confondu avec une entité divine transcendante, omnisciente et omnipotente ; puis la spécificité d’un authentique Sujet mystique, méconnu comme Christ futur et fils de l’Homme, confondu avec la Créature souffrante et désirante ; enfin l’amplitude et la définition du Monde, justement assimilé à l’Enfer mais qu’il fallait étendre jusqu’à la pensée-Monde en incluant précisément cet avatar philosophique qu’est la mystique-Monde elle-même.

2007

MYSTIQUE > Immanence

La mystique décrit traditionnellement une identification de l'âme avec la transcendance, une transcendance vécue en mode d'immanence, voire l'immanence d'une certaine transcendance, mais elle n'est jamais l'expérience d'une immanence vécue comme telle. Au contraire le mystique exclut radicalement la transcendance, il est expérience de l'identité telle quelle, immanence pure et non immanence à quelque chose.

La non-philosophie réduit le mystique à désigner la seule immanence, mais devenue à elle-même sa propre donnée phénoménale ou le Réel même. Le mystique peut donc être dit du Réel en tant qu'Un, distinct de toute effectivité empirico-idéale ou même de toute auto-affection : il est Affecté-sans-affection, Donné-sans-donation, expérience (de) soi irréfléchie se confondant avec la Vision-en-Un. Le mystique n'est pas seulement indifférent au Monde mais à toute représentation (philosophique ou scientifique) du monde, indifférence qui appelle le clonage comme l'Un-Réel appelle le sujet transcendantal pour faire face aux représentations.

La réduction de la transcendance, de son essence extatique et de ses modalités religieuses ne suspend que la mystique et le mysticisme, mais sauve le phénomène qu’est l’expérience mystique, et le fait déployer son universalité au cœur de la pensée, permettant de transformer notre rapport à la philosophie, à la science, à l’art – à la mystique elle-même. L’usage non-philosophique du langage n’aboutit pas à une hénologie négative, la négation ou le suspens du logos n’appartenant plus à l’essence de la cause réelle ou du mystique.

1996, 1998

MYSTIQUE > Homme

Une mystique non-chrétienne comporte également un sujet-Christ, cloné par l’Homme-en-personne. Nous parlons précisément d’une mission de l’Homme en Christ définie comme transmission d’identité. Le Christ doit être pensé exclusivement comme Fils de l’Homme.

La mystique future n’est rien d’autre que l’appropriation de la mystique religieuse selon-l’Homme. La mystique future se recentre sur l’Homme qui est sa cause réelle, elle pense en-Homme alors que la mystique traditionnelle, religieuse et philosophique, pense unitairement en-Dieu et/ou en-Monde.

La mystique religieuse et ses accommodations philosophiques, considérées ici comme de simples symptômes, sont frappés d’impossibilisation par une performation de venue radicale ou de dernière-venue. Il s’agit de l’Homme-comme-venue, de la venue immanente (de) l’Homme tel qu’il vient et en tant qu’il vient sans être «le moins du monde » annoncé ou prophétisé.

2007

MYSTIQUE > Futur

La mystique traite des « choses dernières », c’est pourquoi elle reçoit le nom de « future ». Mais elle n’est pas réductible à une simple fiction, à une quelconque anticipation spéculative ; sa forme précise est celle de l’ultimatum, soit une performation dotée d’une cause réelle justement ultime (l’Homme-en-personne) et d’un Sujet spécifique (le Christ futur). La Bonne Nouvelle annoncée par ce Messie Nouveau n’est pas soumise aux conditions du Monde, elle n’est pas « attendue » et n’a pas à être « réalisée », c’est pourquoi elle ne saurait être que Dernière.

2007

MYSTIQUE > Fiction

La mystique-fiction est une biographie des hommes en tant que Futurs. Pour autant sa forme « fictive » ne relève pas du récit mais du mathème. La mystique fiction est transmissible intégralement parce qu’elle relève d’un formalisme réel, immanent au Réel ou déterminé-en-dernière-instance par lui, reprenant à son compte par conséquent la non-consistance du Réel. Ce n’est rien d’autre que la dualité unilatérale sous la forme d’une mathesis du verbe, enchaînant unilatéralement les données symptomatiques de la mystique-Monde.

2007

MYSTIQUE > Différence épistémologique

Le mystique détermine en-dernière-instance seulement (non directement) le philosophique et le scientifique, dans leur relation elle-même unilatérale, et exclut de ce fait tout mysticisme spéculatif comme tout fantasme épistémo-encyclopédique de collusion entre science et philosophie.
Si le mystique ne se surajoute pas synthétiquement au philosophico-scientifique, en invalidant par avance tout horizon téléologique, il implique cependant leur généralisation à travers un usage purement transcendantal (c'est la force (de) pensée) de leurs formes et caractéristiques logiques ; il unilatéralise aussi bien cette nouvelle dualité, elle-même unilatérale, du transcendantal et du logique.

1996

jeudi 9 octobre 2008

CHRIST FUTUR > Mystique

La généralisation/radicalisation de la foi chrétienne et du savoir gnostique, dans le cadre d’un programme non-religieux, implique la primauté de l’élément mystique sur la tradition externe et sur toute conjoncture religieuse. Toutefois un « non-christianisme » impose de prendre en considération, prioritairement, la mystique chrétienne. Par rapport à la théologie rationnelle, la mystique est comme en situation d’hérésie interne. Du point de vue non-chrétien, le matériau mystique condense (ou convertit) idéalement les données de la foi religieuse et celles de la spéculation philosophique, ainsi que leur contestation gnostique.

2002