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jeudi 20 juillet 2023

MESSIANITÉ, Réel, Futur

Le vécu messianique est un donné mais, comme il n’est ni le rien ni le quelque chose, son mode d’être-donné est spécial, il vient-sans-venir, il naît-sans-naissance de manière immanente, du fond futural de lui-même. Est-ce à dire qu’il est objet d’attente, promesse en attente de sa réalisation ? Inattendu parmi l’inattendu, en deçà de l’attente même, la messianité est le Réel futural plutôt que la réalisation, même si le Réel sous-vient de manière immanente sans revenir à soi, restant ce rien d’être qu’il a toujours été... Le vécu est radicalement étranger pour le Tout, indifférent plutôt qu’absolument étranger, mais venant-Étranger pour le Tout. S’agit-il d’admettre sans plus le Réel ou de le poser comme axiome ? Mais s’il rend possibles ou sous-détermine des axiomes, il n’est pas lui-même l’objet de simples axiomes, il est radicalement an-axiomatique et an-hypothétique sans être cet absolu de transcendance du Bien. Il serait plutôt en deçà de l’essence, plus secret et futural que tout en deçà. Pour le dire encore autrement que de manière platonicienne, le Réel n’est pas an-axiomatique ou an-hypothétique, c’est l’axiome qui est plutôt sous-déterminé unilatéralement ou en-dernière-instance.

LARUELLE, 2014, CF

dimanche 19 mars 2023

NET, Science, Technologie

"Le NET est une double manifestation du technologique : 1 ) d’une part comme tel, ou appréhendé circulairement depuis lui-même. C’est le discours, lui-même techno-philosophique, d’accompagnement des technologies ; accompagnement inévitable. C’est la scène, la mise en scène par lui-même du technologique (l’époque du surtechnologique) ; 2 ) sur le fond invisible par définition, hors-transcendance, de la science comme côté réel et naïf des technologies : celles-ci sont alors du même geste privées de réalité, réduites à l’état de reflet d’un réel qui n’est jamais donné là en personne : c’est la déréliction ou l’abandon du technologique par la science et par l’homme comme sujet (de) la science ; l’affect de leur hiatus et de leur impossible synthèse (contre la « techno-science ») ; quelque chose comme une déréalisation des technologies par la science et pas seulement une déréalisation du monde par les technologies... On distinguera donc dans le NET le survol illimité de-soi de l’existence devenue technologique et, de l’autre côté, une finitude radicale qui affecte de l’extérieur toute la sphère technologique, une déréalisation qui est le signe le plus sûr de son côté réel... 
Comme infrastructure réelle des rhizomes technologiques, la science est l’expérience de l’enracinement du survol, de la semi-réflexivité et de l’ascendant technologiques dans un trou noir plus réel, mais plus absent ou plus invisible, que toute archi-terre... La science peut seule démontrer à la technologie que l’homme n’est pas réellement aliéné par celle-ci. Non-aliénation qu’il est nécessaire de bien saisir dans sa « possibilité » transcendantale : ce n’est pas la science, et donc l’homme, qui se retirent ou se soustraient à l’emprise technologique – encore une forme subtile d’aliénation –, c’est la technologie qui s’éloigne de l’homme par un effet qui a son origine dans la science seule... De plus ces deux tendances doivent entretenir des rapports très précis qui ne sont plus philosophiquement maîtrisables. Ni les rapports vagues de la « techno-science »... Mais un rapport unilatéral, un non-rapport aussi bien, de « Détermination en dernière instance »... La perception que nous avons de la « techno-science » dans sa prétendue unité, est l’apparence d’une identification. Elle repose sur une dualité irréductible, et celle-ci se fonde à son tour plus originairement dans une identité (du) réel (et) (de) la pensée –, encore plus cachée aux regards de la philosophie que toute identification, parce que c’est le sol secret de la science."

LARUELLE, 2020, NET

SCIENCE, Réel, Connaissance

"L’interprétation gréco-dominante de la science est philosophique. Cela veut dire qu’on la réduit soit ontologiquement (la science, mode du projet ontologique de l’objectivité) ; soit épistémologiquement (la science, prétendu fait donné et déjà constitué) ; soit technologiquement et sociologiquement (la science, effet de pouvoir-savoir, systèmes de relations techno-politiques puis sociales). Ce sont trois manières de décider que « la science ne pense pas »... Le cœur de cette réduction, c’est la thèse selon laquelle la science reposerait sur l’objectivation du réel... Pour la philosophie, il est fondamental de confondre circulairement, même si c’est à plus ou moins longue échéance et avec plus ou moins de délai ou de retard, le réel connu avec l’objectivation du réel ; le réel et sa connaissance ; l’objet réel et l’objet de connaissance. Au contraire, la science, dans son rapport au réel à connaître, ne procède pas par l’objectivation philosophique qui est toujours une extériorité ou une transcendance. Elle accède au réel à connaître par le moyen et sous la forme de données immanentes absolues... Elles seules expliquent le réalisme scientifique de fond, la distinction « duale » c’est-à-dire sans synthèse, la non-confusion, par la science, du réel et de l’objectivation... Il y a une « intentionnalité », si l’on peut dire, de la science, quant au réel, prétention éminemment transcendantale d’un accès direct qui ne passe pas par la médiation de la représentation. Il y aura bien entendu représentation scientifique du réel, mais elle découlera de celui-ci, elle ne le précédera pas ni ne constituera comme le croit et le veut la philosophie... La connaissance est un reflet du réel, mais un reflet qui ne le pose ni ne l’objective, reflet que l’on appelle non-thétique (du) réel et qui a son fondement non-synthétique ultime en celui-ci. La posture scientifique consiste à se « donner » une identité – sans identification et sans synthèse, non-objectivante – du réel et d’elle-même et, de là seulement, à le représenter sans prétendre le transformer dans cette opération. Cette identité – sans-identification préalable – ce que nous appelons l’Un en un sens non-philosophique, n’est rien d’autre que ces données absolument immanentes, réquisit et fondation de la représentation scientifique et de sa soumission au réel à connaître. De là ce qu’il faut appeler, par opposition à la course illimitée de la technologie, la finitude de fond de la science, une finitude essentielle qui lui interdit à jamais de faire sécession d’avec le réel à connaître, sinon avec la représentation de ce réel. La science ne peut être fondée et décrite rigoureusement que du point de vue de l’« Un » qui contient la réalité de cette science, son origine transcendantale. Nous pouvons passer ainsi directement des sciences à la science transcendantale qui est la théorie de la science en contournant la Décision philosophique pourtant prétendument « incontournable »… Quitte à prêter à malentendu, on dira donc que la science tient la place d’une infrastructure – réelle désormais plutôt que matérielle, et transcendantale plutôt que transcendante. L’infrastructure réelle, c’est la science. Mais pas plus que la science ne se réduit à de la matérialité, elle ne se réduit à ses moyens logico-théorico-expérimentaux. On évite à la fois un matérialisme effectivement « sans pensée » puisqu’il représente la dénégation d’une position philosophique, et un positivisme scientiste qui rabattrait l’essence de la science sur ses procédés locaux de représentation et qui confondrait ainsi l’objet réel avec sa représentation..."

LARUELLE, 2020, NET

SCIENCE, Réel Technologie

"Il y a une posture de fond de la science vis-à-vis du réel qui est tout à fait distincte de celle de la technologie à laquelle on la réduit pour mieux l’accuser d’avoir dévoyé et « objectivé » la bonne technique « artisanale » et « humaine ». Autant la technologie produit de l’effectivité plutôt que du réel – une réalité de synthèse et des simulacres qui passent à ses yeux pour le réel authentique, doublure d’un premier réel dont elle décide qu’il est insuffisant –, autant la science connaît le réel sans le produire et produit seulement la « connaissance scientifique » que la technologie réquisitionne et reverse à l’effectivité... S’il y a une frontière, une limite mobile et sans cesse traversée de la philosophie et de la technologie, il n’y en a pas entre celles-ci prises ensemble et la science. Entre elles et la science, il n’y a pas de « frontière », mais une dualité, un « dual » plutôt ou une identité-sans-identification ni synthèse, sans réappropriation unitaire possible, et dont le rapport unilatéral s’exprime en termes de « Détermination en dernière instance ».v

LARUELLE, 2020, NET

lundi 13 juin 2011

CONNAISSANCE > Réel

Matrice scientifique de la connaissance : soit un X donné sous sa forme philosophie-monde, il est donné-en-infrastructure ou en-immanence et en même temps uni-latéralisé ou séparé-sans-séparation (de) soi. La matrice se présente sur le mode réel du donné, hors de tout idéalisme, en sorte que la connaissance théorique n'est pas une simple représentation de l'objet connu limitée à sa donation empirique ; elle s'explique d'abord par le rapport immanent de la cause (réelle) de la théorie à son objet propre. La posture théorique, plutôt immanente et uni-faciale, ne consiste pas en un face-à-face avec l'objet mondain. C'est plutôt la matrice philosophique de la connaissance qui se caractérise comme rapport transcendantal à l'objet-monde.

La connaissance est une oeuvre concrète et pratique (de) pensée, pas une modification du Réel. Donc la dualité unilatérale qui sépare le réel de la connaissance interdit toute "adéquation" de la connaissance au réel, mais non pas des effets d'adéquation au matériau Monde, qui ressortissent justement à la philosophie. Si le réel de-dernière-instance est la matrice de la connaissance, celle-ci peut être dite "en"-dernière-instance. La connaissance, ayant sa matrice dans le réel, se fait identité en-dernière-instance de la science et de la philosophie. (2000)

VERITE > Réel

A l'aune du Réel-Autre, cette semi-immanence, le rapport Réel / Pensée est recoupé et complexifié par le nouveau rapport Réel / Objet de connaissance : tel est le bénéfice limité de la "coupure épistémologique" (Althusser). Le matérialisme est symptôme d'une nouvelle pratique de la vérité déterminée par le Réel, mais il faut radicaliser la distinction althussérienne entre objet réel et objet de connaissance, réalité et concret-de-pensée. Critiquer, d'une coupure, l'illusion idéologique ou logocentrique (Derrida) ne permet pas de rendre le Réel radicalement autonome par rapport à la philosophie (ni à donner à l'apparence philosophique son autonomie relative)
La matière est le symptôme du vrai-sans-le-mixte-du-vrai-et-de-la-vérité, c'est-à-dire le vrai sans vérité énonciative. L'Un est ce vrai anté-véritatif, cause de-dernière-instance ou encore présupposé déterminant aussi bien l'Etre que la Vérité. En découlent la non-consistance du Réel comme vrai et la non-suffisance du Vrai comme condition négative, nécessaire mais insuffisante, de la vérité non-marxiste. (2000)

mercredi 23 février 2011

NON-MARXISME > Réel

Arracher le marxisme à la métaphysique est une illusion tant qu'il n'est pas arraché à la suffisance philosophique, croyance au Réel et désir du Réel. Changer réellement de terrain, c'est admettre l'être-donné du terrain, et c'est acquérir axiomatiquement un nouvel objet, la pensée-monde comme unification du capitalisme et de la philosophie. Depuis le terrain du Réel radical, forclos à la théorie, on peut identifier dans le matériau marxiste la droiture d'une intention théorique d'unification intime de la science et de la philosophie. Ce qui est proposé avec le non-marxisme, c'est un minimalisme, mieux une paupérisation du marxisme. Comment faire de la philosophie un simple apport, à égalité aux autres, dessaisi de sa suffisance, sinon en la déterminant en-dernière-instance par un Réel non-politique autant que non-scientifique et que non-philosophique ? Le non- ne peut avoir ici d'autre "contenu" que l'immanence radicale du Réel. (2000)

mardi 11 janvier 2011

MATERIALISME > Réel

Comme matérialisme le marxisme renvoie la philosophie à l'état de position idéaliste, mais il le fait en la présupposant encore et la rejoignant par son usage de la dialectique. Ses opérations restent philosophiques (et donc idéalistes), même si le présupposé du Réel est acquis face à la transcendance de la superstructure. Mais d'un côté le Réel comme matière ou base immanente n'est pas l'immanence radicale, de l'autre la conscience et la superstructure n'épuisent pas toute transcendance. Le marxisme ne peut donc effectuer la théorie complète de la philosophie, ni objectiver les conditions corolaires d'un capitalisme vraiment universel - d'où son échec face à celui-ci. Explicitons. En non-marxisme, la position matérialiste ne peut être que le symptôme d'une immanence réelle non positionnelle de soi, c'est-à-dire non prélevée sur la positionnalité philosophique. C'est l'immanence de l'identité comme telle et non celle de l'individu concret (vivant, travaillant). Elle conditionne une transcendance large, une aliénation mondaine économico-philosophique, dont la conscience n'est qu'une figure symptomatique réduite : entre deux, intervient une causalité de l'identité réelle dont la "causalité-en-dernière-instance" des marxiste n'est elle-même qu'un symptôme limité. (2000)

mardi 20 janvier 2009

REEL > Reflet

Toute Décision philosophique instaure un mode de représentation du Réel de type spéculaire, voire spéculatif, tel que la représentation se divise toujours en reflet du Réel et en reflet du reflet, autrement dit en un mixte miroir-reflet. Classiquement, l'ego cogito constitue l'une de ces "choses-miroir", à la fois miroir de la chose-sujet, donc chose elle-même, et reflet par excellence de la chose en tant que cogitans

Le matérialisme a esquissé une critique de cette représentation du Réel avec sa théorie du "reflet sans miroir", en affirmant l'autonomie du procès de connaissance précisément comme reflet du Réel, et sans réduire celui-ci à une projection spéculaire idéaliste. Cependant cette doctrine part d'une conception erronée du Réel comme Etre ou Matière, et replace celle-ci dans la transcendance en l'opposant par exemple à la conscience qu'elle est censée déterminer. 

L'autre philosophie essayant de rompre avec cette structure mixte miroir-reflet est celle de l'"immanence de l'Ego" (Henry, par exemple). Certes la représentation n'y est plus "réfléchie" ou spéculaire en un sens, puisqu'elle prend la forme d'une auto-affection non re-présentative et non redoublée, mais elle conserve pourtant la structure de la Distance qui est propre à la pensée (confondue massivement avec le Réel) et donc réintroduit une forme de transcendance dans l'immanence. Le fait d'écraser l'un sur l'autre le miroir et le reflet, en croyant s'affranchir du mixte, ne permet pas de lever l'auto-position philosophique ni de penser l'Identité réelle comme immanence radicale. 

En revanche l'Un-en-Un de la non-philosophie, ne faisant pas corps avec la pensée et ne constituant nullement un objet de représentation, ne saurait s'auto-représenter. Il ne peut ni être représenté ou reflété comme tel, ni être à lui-même son propre miroir. Mais le miroir existe pourtant et l'Un ne lui oppose aucune résistance, de sorte qu'il se prête "passivement" à une sorte de "reflet-sans-reflété" d'ordre purement transcendantal, dont il est la condition nécessaire mais négative. Cet ordre transcendantal du reflet constitue un clone du Réel, un reflet sans miroir puisque le Réel et le miroir ne sont justement pas du même ordre. Pour être plus précis, ce clone n'est pas le rejet du miroir spéculaire, ce qui constituerait encore une illusion philosophique ; il incarne plutôt l'identité de la dualité unilatérale (non spéculaire) du reflet-miroir, il dualyse celle-ci au lieu de la refouler et l'identifie comme identité de la spéculation. 

En résumé, ces trois noms premiers : Réel-non-reflété (seulement réel), miroir-reflet (transcendant) et reflet-sans-reflété (transcendantal), sont les trois identités permettant de traiter non-philosophiquement la triade spéculative philosophique.

1995

mardi 11 novembre 2008

LANGAGE > Réel

L'indifférence du Réel au langage se dit de-dernière-instance parce qu'elle comprend deux phases distinctes en droit, réelle et transcendantale ; la non-philosophie est une langue transcendantale à présupposé réel pour la philosophie.
Dans la première phase, le langage est de toute façon déjà donné en-Un, simultanément et uni-latéralement.
La seconde phase manifeste le langage plus positivement, par la sollicitation et le clonage du langage philosophique pris cette fois comme référence.
C'est seulement dans cette seconde phase transcendantale que le le Réel peut être nommé correctement dans la langue de la non-philosophie, c'est-à-dire selon la référence et jamais comme un en soi absolu. Dans cette langue la distinction de l'énoncé et de l'énonciation n'est pas pertinente, elle est identiquement théorique et pragmatique.

2004

mardi 14 octobre 2008

DETERMINATION-EN-DERNIERE-INSTANCE > Immanence

Inventée par Marx et Engels dans le cadre restreint du matérialisme historique, la DDI n'a pu produire tous ses effets théoriques et critiques. Plutôt que de la "rectifier" en la pliant aux exigences "supérieures" de la philosophie et de la dialectique, on exhibe ici ses formes marxistes comme autant de symptômes et de modèles d'un concept de DDI autrement plus radical.

Phénoménologiquement, la DDI apparaît d'abord comme une forme de causalité à la fois unique et insuffisante, donc qui en appelle une seconde tout autant insuffisante. Toute causalité seconde se doit par définition d'en passer par la DDI et sa syntaxe sans synthèse ou immanente. Donc les traits de DDI présents dans le marxisme doivent être ré-expliqués selon une conception elle-même immanente de l'infrastructure.

En philosophie, l'immanence a toujours été un objet ou un objectif, jamais une méthode de penser. Deux exemples : Spinoza envisage une causalité réelle de l'immanence, mais elle est finalement rattachée à une instance transcendante supérieure à la conscience ; de son côté, Michel Henry confond l'immanence réelle avec une immanence transcendantale présentée comme réelle, en l'occurrence l'auto-génération de la Vie.

La "matière" n'est pas un concept adéquat pour décrire l'infrastructure immanente. Il ne s'agit plus de poser le primat de la matière sur la conscience mais celui de l'Un-Réel sur la dyade matière/conscience, et en général celui du Réel sur la thèse du Réel ; passer du terrain de la transcendance et de la représentation au terrain de l'immanence radicale (comme Henry, au Réel près) et à celui du Réel (comme Spinoza, à la radicalité près). De même, le Réel radical est irréductible à la "force de travail" qui représente plutôt l'instance du sujet prolétarien. Enfin, du point de vue syntaxique, la dualité uni-latérale se substitue à la contradiction, à la lutte ou la division, qui sont des opérateurs philosophiques transcendants.

La causalité de l'infra- sur la superstructure dans le marxisme ne permet pas cette nouvelle distribution de l'immanence et de la transcendance qu'autorise en revanche la DDI ou le "clonage", soit la capacité que possède le Réel de déterminer-par-immanence ce qui lui est le plus hétérogène : la pensée.

Comment le Réel détermine t-il aussi bien la connaissance de sa propre causalité ? Tout X à connaître en général est d'abord éprouvé comme radicalement immanent, c'est-à-dire objet de la Vision-en-Un, puis détermine sous cette forme sa propre connaissance. C'est parce que l'objet connu est identiquement la cause-de-dernière-instance de sa connaissance que la connaissance de son côté demeure hétérogène à l'objet connu (résultat auquel aucune philosophie ne saurait parvenir).

La double causalité est strictement préservée dans le cadre de la DDI. A la fois X est donné-sans-donation sur le mode de l'immanence radicale ou comme infrastructure, et il est donné sur le mode de la transcendance comme superstructure "capitaliste" (pour continuer sur le matériau marxiste), privée toutefois de sa suffisance mondaine. C'est la donation transcendantale de cette transcendance avec son autonomie relative que l'on appelle par ailleurs "clonage".

2000

mardi 7 octobre 2008

AUTO-POSITION > Réel

L'auto-position est l'acte décisionnel par lequel la foi philosophique se pose elle-même hallucinatoirement comme le Réel.

Déjà tout concept philosophique tend à se poser lui-même en se redoublant, témoin d'une dette séculaire de la philosophie envers la perception comme sa structure originelle, et le transcender comme son organon naturel.

La vision-en-Un suspens la foi-au-réel et défait la suffisance des dyades philosophiques, au moyen d'une Identité transcendantale clonée à partir de l'Un divisé de la philosophie.

1998