LARUELLE, 2014, CF
Lexique des Termes Premiers utilisés par François Laruelle dans le cadre de la "Non-Philosophie" ou "Philosophie non-standard". Résumés ou extraits.
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jeudi 20 juillet 2023
MESSIANITÉ, Réel, Futur
Le vécu messianique est un donné mais, comme il n’est ni le rien ni le quelque chose, son mode d’être-donné est spécial, il vient-sans-venir, il naît-sans-naissance de manière immanente, du fond futural de lui-même. Est-ce à dire qu’il est objet d’attente, promesse en attente de sa réalisation ? Inattendu parmi l’inattendu, en deçà de l’attente même, la messianité est le Réel futural plutôt que la réalisation, même si le Réel sous-vient de manière immanente sans revenir à soi, restant ce rien d’être qu’il a toujours été... Le vécu est radicalement étranger pour le Tout, indifférent plutôt qu’absolument étranger, mais venant-Étranger pour le Tout. S’agit-il d’admettre sans plus le Réel ou de le poser comme axiome ? Mais s’il rend possibles ou sous-détermine des axiomes, il n’est pas lui-même l’objet de simples axiomes, il est radicalement an-axiomatique et an-hypothétique sans être cet absolu de transcendance du Bien. Il serait plutôt en deçà de l’essence, plus secret et futural que tout en deçà. Pour le dire encore autrement que de manière platonicienne, le Réel n’est pas an-axiomatique ou an-hypothétique, c’est l’axiome qui est plutôt sous-déterminé unilatéralement ou en-dernière-instance.
mardi 18 juillet 2023
ASCENSION, Résurrection, Création
Résurrection et Ascension sont des phénomènes de matérialité et trouvent leur dernière explication dans un ascender, essence de l’acte vectorial de superposition ondulatoire qui reste le Même comme idempotent. Évidemment ce n’est pas supprimer ce qu’il y a de « miraculeux » en elles car la notion d’un ascender ondulatoire idempotent, analytique fort et synthétique faible, est tout aussi mystérieuse qu’elles, mais aussi naturelle que l’algèbre de la quantique. L’Ascension non-extatique correspond à la propriété algébrique de l’idempotence et c’est une Surrection pure, qui, comme toute loi scientifique, n’a pas en un sens d’autre justification qu’elle-même, finalement axiomatique... Pourquoi ne pas autant s’étonner de cette propriété merveilleuse de l’algèbre qui prescrit, une fois matérialisée, que toute immanence est ascendance ? que s’il y a un plan d’immanence il ascende, sans doute à cause de sa nature qui est vectoriale ou angulaire et l’assujettit à une phase ?... La Résurrection n’est pas une nouvelle création ou sa répétition, mais la toute première fois où justement il y a enfin une création dans ce monde qui ne soit pas la répétition d’une procédure mondaine ou d’un phénomène rebattu de la pensée. Les gnostiques commençaient à penser plus rigoureusement mais encore religieusement, ils pensaient la création divine comme ratée, il devait y en avoir une autre par le Christ pour enfin réussir celle qu’un Dieu défaillant avait manquée. Mais pour les gnostiques quantiques il n’y a jamais eu de création du monde ou dans le monde, c’est le monde qui est « méchant » ou « mauvais » et par voie de conséquence Dieu qui a prétendu le créer et hésite parfois à l’assumer. Mais le Christ est l’avant-première création de nouveauté et qui prend l’ordre des choses par où il faut le prendre, par la futuralité qui n’est pas dans l’ordre du temps, sinon à le hanter comme un Étranger, le seul qui vienne de plus loin que d’Élée... Quant au Tombeau, il recueille celui qui fut un vivant et qui va recevoir cette fois le vécu-sans-vie... L’Ascension à la fois emporte et abandonne le cadavre... Si l’on contracte comme indivisibles les phases du récit des Évangiles, on obtient un Christ de Schrödinger, le Ressuscité et son cadavre étant superposés. Mais l’Ascension est plus intimement encore sous la condition de la résurrection en ce qu’elle relance le vécu comme soustrait à la vie, absence qui n’est pas une idéalisation. Le Tombeau vide = 0, représente ce que nous appelons le vécu-sans-vie, délivré du sujet humain et du corps individuel. Le vécu lui-même n’est pas une généralisation qui peut être attribuée à quantité de phénomènes non-humains, il se distingue de la vie quelconque, c’est du vécu au sens générique donc humain. L’humain est vivant, sans doute, mais c’est la vie rendue humaine comme dirait Marx, et aussi la mort rendue humaine c’est-à-dire vécue. Et si le vécu matérialise l’ascender, celui-ci comme superposition est la forme même du vécu et distingue la « vie » rendue humaine ou générique des autres formes de vie. Quant à la Résurrection, elle est bien celle des « corps », manière de s’opposer à tout idéalisme grec, encore qu’il s’agisse toujours d’une lecture en fonction du monde et non de l’Ascension. Ce n’est certainement pas la séparation de l’âme-comme-Idée et du corps matériel, ni même le dédoublement d’un corps spirituel et d’un corps mondain telle une génération de fantômes ou de morts-vivants. C’est une séparation de la vie abandonnée au monde et du vécu qui lui est enlevé et superposé avec soi. Seul le vécu-sans-vie saisi par l’idempotence peut ascender ou se faire ascension. La vie est morte, le vécu est ressuscité, non pas recréé mais séparé de la-vie-la-mort.
LARUELLE, 2014, CF
MESSIANITÉ, Quantique, Immanence
En termes quantiques, la messianité n’est pas un flux numériquement « un » encore corpusculaire, il se présente comme « unicité » mais il est constitué par superposition des vécus comme un « paquet d’ondes » selon l’expression classique. Si bien que toutes ces interprétations représentent une véritable « réduction » du paquet de vécus qui constituent l’événement-Christ. L’Église en particulier est la somme des dogmes rétrospectifs et des constructions macroscopiques qui détruisent la superposition christique... On évitera donc de réduire le Christ comme Messie à un événement, à une ponctualité et une coupure, soit multiples soit simples. La messianité est un dé-bord idempotent (un binaire immanent), un phénomène vectorial d’onde ou de force, mais pas de point en milieu de transcendance, l’« Envoyé » n’est pas une image spéculaire de la transcendance divine. Sur ce point, le judaïsme, trop lié à sa diaspora spatiale et temporelle, est resté dans une certaine mythologie de la transcendance et a peu inventé. Un point-Un est vide par définition, c’est à la rigueur une force répulsive ou rétractive concentrée. Une science de la messianité fait plutôt valoir sa matérialité de vécu ondulatoire ou interférent, sa plénitude posturale qui exclut la ponctualité et la représentation atomiste... L’Un que nous utilisions jadis pour dire cette immanence qui échappe à toute norme ontologique ne permettait pas, tout seul, de comprendre l’immanence en elle-même, si ce n’est à travers beaucoup d’hésitations d’écriture et la simplicité d’une causalité par simple retrait ou soustraction. Déjà nous avions dû retravailler l’Un dans de nouvelles équations idempotentes comme Un-en-Un ou Un Un = Un. Il a fallu faire de l’idempotence la neutralisation immanentale de la transcendance, non sa négation déterminée ou bien sa négation immédiate (M. Henry). Parlant apophatiquement de non-Un ou d’immanence en général, nous ne disposions pas encore de la matrice algébrique de l’immanence messianique en son autonomie et sa positivité de Même obtenues comme superposition. Cette matrice « algébrique » de l’idempotence doit s’incarner maintenant dans le vécu pour donner la constante christique ou le quantum de foi. C’est distinguer l’avant-priorité du Même et la priorité de l’Un et/ou du Multiple dont les débats nourrissent les philosophies.
LARUELLE, CF, 2014
samedi 17 juin 2023
CHRIST, Vectorialité, Dualité unilatérale
La posture christique définie comme vectoriale et générique témoigne d’une curieuse dualité complexe, syntaxiquement non-philosophique et qui peut être dite « unilatérale ». 1. Les composants, idempotence et vécu, ni fondement ni sujet vectorial. D’une part une objectivité d’un type inconnu de la philosophie, une idempotence strictement algébrique, et d’autre part fusionnant avec elle un vécu qui en est inséparable... 2. Les aspects de la vectorialité, messianité et foi... D’une part les deux composants de tout vecteur forment un flux immanent de part en part, c’est la messianité proprement dite. D’autre part elle s’ouvre et rebondit de manière complexe (unilatéralité effet-tunnel immanent) sur le vécu d’où est tiré le côté subjectif ou de foi de la messianité, qui a donc une autre origine ou provenance que l’idempotence comme loi de la messianité... 3. La dualité générée, foi et croyance. La dualité de la messianité et de la foi se prolonge en extériorité immanente par celle de la foi et de la croyance qui est la foi coupée de ses origines, une conclusion sans prémisses, enkystée en soi et se posant comme suffisante. Cette « réification » ou « substantialisation » de la foi en croyance est la destruction de la constitution du Christ par superposition d’états en chaque homme. Plutôt la fidélité de dernière-instance que la foi, plutôt la foi de l’Étranger-existant fidèle que la croyance religieuse.
LARUELLE, 2014, CF
LARUELLE, 2014, CF
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