LARUELLE, 2020, NET
Lexique des Termes Premiers utilisés par François Laruelle dans le cadre de la "Non-Philosophie" ou "Philosophie non-standard". Résumés ou extraits.
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dimanche 19 mars 2023
TECHNIQUE, Technologie, Logos
"Que l’on considère les sens et les usages de « Technique ». Ils manifestent ensemble une certaine tendance, celle de se compléter les uns les autres, de se saturer... Apparemment la loi d’un cercle, et du cercle des quatre causes élaborées par la métaphysique occidentale (efficiente, matérielle, finale, formelle)... « Technique » est un terme abstrait qui résulte de l’occultation, dogmatique en général et rationaliste en particulier, de la Différence techno-logique. « Technologique » est ce supplément de logos – de savoir, science ou philosophie, impossible de distinguer ou de nuancer pour l’instant – qui manifeste le logos implicite ou refoulé que supposait de toute façon le Technique, et qui est ici tiré de son oubli et mis en scène par le Technique en même temps qu’il le met en scène."
mardi 14 octobre 2008
DETERMINATION-EN-DERNIERE-INSTANCE > Cause
La philosophie ne connaît que la détermination réciproque et les modes d'une causalité ontologique en général, soit la convertibilité entre l'être et la pensée.
La D.D.I. désigne la causalité spécifique de l'Un (ou du Réel) en vertu de sa primauté radicale sur la pensée. Elle s'exerce aussi bien sur les data philosophiques que sur les structures noématiques universelles qu'une pensée selon-l'Un est capable d'en tirer.
Comme causalité de l'immanence radicale, la DDI n'est jamais 1) divisée sur deux termes, 2) déterminée par son occasion, 3) à double sens (elle va à sens unique de l'immanence vers la transcendance, ou du Réel vers l'effectivité), 3) une continuité aliénante entre la cause et son effet (n'étant que condition négative universelle, elle suppose une instance transcendantale "intermédiaire" pour agir).
La causalité de l'Un suppose toujours une extériorité occasionnelle, tellement que la pensée selon-l'Un qui en découle est extérieure à lui tout en restant depuis toujours affectée par l'Un, c'est-à-dire causée par lui "en-dernière-instance" en tant que seule cause réelle. Cause irréductible et inobjectivable, de sorte que l'Un et un donné = X quelconque ne sont jamais le Même mais identiques en-dernière-instance "seulement".
La DDI a deux conséquences : 1) l'unilatéralisation, soit l'invalidation de toute pensée circulaire prétendant à la connaissance du Réel, 2) l'unidentification, soit la marque de l'Un laissée sur le divers philosophique lui-même : c'est proprement le clonage des Identités non-philosophiques, à partir de l'Un et sur la base du matériau philosophique.
1998
La D.D.I. désigne la causalité spécifique de l'Un (ou du Réel) en vertu de sa primauté radicale sur la pensée. Elle s'exerce aussi bien sur les data philosophiques que sur les structures noématiques universelles qu'une pensée selon-l'Un est capable d'en tirer.
Comme causalité de l'immanence radicale, la DDI n'est jamais 1) divisée sur deux termes, 2) déterminée par son occasion, 3) à double sens (elle va à sens unique de l'immanence vers la transcendance, ou du Réel vers l'effectivité), 3) une continuité aliénante entre la cause et son effet (n'étant que condition négative universelle, elle suppose une instance transcendantale "intermédiaire" pour agir).
La causalité de l'Un suppose toujours une extériorité occasionnelle, tellement que la pensée selon-l'Un qui en découle est extérieure à lui tout en restant depuis toujours affectée par l'Un, c'est-à-dire causée par lui "en-dernière-instance" en tant que seule cause réelle. Cause irréductible et inobjectivable, de sorte que l'Un et un donné = X quelconque ne sont jamais le Même mais identiques en-dernière-instance "seulement".
La DDI a deux conséquences : 1) l'unilatéralisation, soit l'invalidation de toute pensée circulaire prétendant à la connaissance du Réel, 2) l'unidentification, soit la marque de l'Un laissée sur le divers philosophique lui-même : c'est proprement le clonage des Identités non-philosophiques, à partir de l'Un et sur la base du matériau philosophique.
1998
jeudi 9 octobre 2008
CAUSE > Science
La science n'a pas de fondement philosophique, parce qu'elle a une cause, une cause par immanence. La cause par définition reste en soi ou Une, il n'y a de cause réelle qu'immanente. Tandis qu'un fondement est toujours le résultat d'une décision, voire d'une auto-justificaton.
Non seulement la science pense, mais elle pense tout ce qu'il y a à penser du réel – à la différence de la philosophie qui évite le réel. Bien sûr elle le fait sur son mode propre, théorique, voire automatique. La Science-du-Réel pense celui-ci comme il est, c'est-à-dire comme cause et non comme objet. Donc elle ne le connaît pas directement, mais par ses effets ; la science connaît le réel seulement à travers les objets qu'elle se donne.
1991
Non seulement la science pense, mais elle pense tout ce qu'il y a à penser du réel – à la différence de la philosophie qui évite le réel. Bien sûr elle le fait sur son mode propre, théorique, voire automatique. La Science-du-Réel pense celui-ci comme il est, c'est-à-dire comme cause et non comme objet. Donc elle ne le connaît pas directement, mais par ses effets ; la science connaît le réel seulement à travers les objets qu'elle se donne.
1991
CAUSE > Rapport
La philosophie moderne se caractérise par la toute-puissance déclarée du rapport, de la détermination comme rapport et même du rapport auto-déterminant officiant comme cause réelle. Comme si, décidément, aucune pensée des termes en tant que termes n'était recevable pour une tradition incapable d'imaginer la Cause autrement que sous la forme idéalisée du rapport, d'une cause donc déjà rapportée elle-même et représentée par ce qu'elle est censée causer...
Le rapport différentiel fonctionne comme un absolu, dominant ou englobant tout, par exemple dans le structuralisme le rapport discret. Le différentiel n'est rien d'autre qu'une version idéalisée et auto-positionnelle du continu empirique. Pourtant la cause du continu n'est pas elle-même continue, la cause du différentiel n'est pas elle-même une différence ; et la coupure engendrant une nouvelle continuité n'est pas elle-même relative à, elle est déterminée par soi passivement et, par là-même, réellement déterminée.
La cause réelle est une détermination non médiate et réciproque mais au contraire unilatérale, non synthétique mais au contraire passive absolument (sans synthèse passive). Ce qui peut sembler une impossibilité logique n'est au fond que le pouvoir propre de l'immanence, qui est d'une part l'impouvoir de s'aliéner et d'aliéner quoi que ce soit, mais aussi la capacité de trouver en soi, dans l'immanence, les déterminations qui seront en-dernière-instance celles des rapports et des divisions de l'Etre, de la transcendance en général.
1881
Le rapport différentiel fonctionne comme un absolu, dominant ou englobant tout, par exemple dans le structuralisme le rapport discret. Le différentiel n'est rien d'autre qu'une version idéalisée et auto-positionnelle du continu empirique. Pourtant la cause du continu n'est pas elle-même continue, la cause du différentiel n'est pas elle-même une différence ; et la coupure engendrant une nouvelle continuité n'est pas elle-même relative à, elle est déterminée par soi passivement et, par là-même, réellement déterminée.
La cause réelle est une détermination non médiate et réciproque mais au contraire unilatérale, non synthétique mais au contraire passive absolument (sans synthèse passive). Ce qui peut sembler une impossibilité logique n'est au fond que le pouvoir propre de l'immanence, qui est d'une part l'impouvoir de s'aliéner et d'aliéner quoi que ce soit, mais aussi la capacité de trouver en soi, dans l'immanence, les déterminations qui seront en-dernière-instance celles des rapports et des divisions de l'Etre, de la transcendance en général.
1881
CAUSE > Décision
Etant donnée une décision philosophique - sur son mode propre de donation, soit celui de l'auto-donation -, il en résulte non seulement des effets nécessaires mais la connaissance quasi-simultanée de la cause et des effets ; de sorte qu'il y a toujours, en droit sinon en fait, une explication philosophique à tout. L'adéquation de la pensée avec le réel, justement parce qu'elle est présupposée comme problématique, constitue la limite indépassable du champ philosophique. Qu'est-ce qui pourrait empêcher une pensée, par essence problématique, de s'"accorder" avec un réel énigmatique et fuyant ?
Au contraire une cause "déterminante en dernière instance", quoique nécessaire à la production de tout effet réel, ne sera suivie d'un tel effet que si et seulement si une cause "occasionale" se présente également. Si la connaissance de la cause de dernière instance enveloppe celle de l'effet, il n'en est plus de même réciproquement, car une connaissance vraie ne s'accorde qu'en dernière instance (seulement) avec le réel. Autrement dit, l'essence et l'existence ne s'enveloppent plus mutuellement.
1988
Au contraire une cause "déterminante en dernière instance", quoique nécessaire à la production de tout effet réel, ne sera suivie d'un tel effet que si et seulement si une cause "occasionale" se présente également. Si la connaissance de la cause de dernière instance enveloppe celle de l'effet, il n'en est plus de même réciproquement, car une connaissance vraie ne s'accorde qu'en dernière instance (seulement) avec le réel. Autrement dit, l'essence et l'existence ne s'enveloppent plus mutuellement.
1988
CAUSE > Cause négative
La "Détermination", cela définit d'abord l'impression nécessaire mais "négative" (pour cause de non-consistance et de non-suffisance) laissée par le Réel-Un sur tout état possible du matériau. Elle ne peut être qualifiée de "cause première" puisque l'Un ne détermine aucun objet qui n'ait été donné en même temps via une cause occasionnelle.
La causalité négative de l'Un n'est pas assimilable à une causalité par le "manque", à une altérité agissante qui viendrait inverser mais finalement relayer dans ses fonctions la présence métaphysique. Le Réel ne manque de rien et, bien que dépourvu de toute positivité ou auto-nomie ontologique, il n'est pas dans une relation d'opposition, d'exclusion, ou d'auto-exclusion vis-à-vis de la transcendance - mais seulement de détermination, justement.
2000
La causalité négative de l'Un n'est pas assimilable à une causalité par le "manque", à une altérité agissante qui viendrait inverser mais finalement relayer dans ses fonctions la présence métaphysique. Le Réel ne manque de rien et, bien que dépourvu de toute positivité ou auto-nomie ontologique, il n'est pas dans une relation d'opposition, d'exclusion, ou d'auto-exclusion vis-à-vis de la transcendance - mais seulement de détermination, justement.
2000
CAUSE > Agir
Il existe une pratique absolue ou sans-logos qui substitue l'action à la représentation de l'action, comme il existe une science absolue non-théorétique, purement mystique et contemplative. Cet agir qui reste passif et "minoritaire", sans pouvoir ni autorité, n'a pas pour fonction d'intervenir sur le monde pour le transformer, par exemple techniquement, car il lui faudrait alors s'investir continuement dans la matière et devenir matière. S'il y a une causalité pragmatique ordinaire, elle consiste uniquement à produire ou à révéler l'Autre (la Transcendance ou le Sens) dans sa dimension non-thétique.
L'agir ordinaire reste "en lui-même", il n'est pas marqué par une continuité intentionnelle qui prélèverait ses motifs sur la transcendance du Monde et des Autorités, comme c'est toujours le cas avec la Conscience – ce mixte d'intériorité et d'extériorité, d'immanence et de transcendance – ou même son contraire l'Inconscient comme processus primaire. De façon générale, toutes les explications philosophiques de l'agir reproduisent la structure de la scission unifiante ou de l'unité des contraires et substituent une "raison pratique" à la pratique elle-même.
L'essence du Sujet fini est bien plutôt un Agito qu'un Cogito. Encore faut-il voir dans l'action davantage une pulsion finie qu'une production infinie, une donnée immédiate du mouvement plutôt qu'une transformation finalisée. L'action est pulsion sur le Monde, mais elle ne pose pas "objectivement" le Monde par un continuum idéel allant de l'agissant à l'agi, et en même temps elle ne se pose pas elle-même (auto-position). Bien entendu la pulsion finie n'est pas "soluble" dans une logique inconsciente qui la rabattrait sur une activité transcendante et unitaire, car n'en déplaise à Freud la pulsion ne prend appui sur aucun bord extérieur ("source") et ne poursuit aucune finalité telle que le plaisir ou la satisfaction (étant par elle-même jouissance) ; enfin elle ne connaît pas de "destin" plus ou moins sublimatoire (étant fermée à toute idéalité comme d'ailleurs à toute brutalité).
1985
L'agir ordinaire reste "en lui-même", il n'est pas marqué par une continuité intentionnelle qui prélèverait ses motifs sur la transcendance du Monde et des Autorités, comme c'est toujours le cas avec la Conscience – ce mixte d'intériorité et d'extériorité, d'immanence et de transcendance – ou même son contraire l'Inconscient comme processus primaire. De façon générale, toutes les explications philosophiques de l'agir reproduisent la structure de la scission unifiante ou de l'unité des contraires et substituent une "raison pratique" à la pratique elle-même.
L'essence du Sujet fini est bien plutôt un Agito qu'un Cogito. Encore faut-il voir dans l'action davantage une pulsion finie qu'une production infinie, une donnée immédiate du mouvement plutôt qu'une transformation finalisée. L'action est pulsion sur le Monde, mais elle ne pose pas "objectivement" le Monde par un continuum idéel allant de l'agissant à l'agi, et en même temps elle ne se pose pas elle-même (auto-position). Bien entendu la pulsion finie n'est pas "soluble" dans une logique inconsciente qui la rabattrait sur une activité transcendante et unitaire, car n'en déplaise à Freud la pulsion ne prend appui sur aucun bord extérieur ("source") et ne poursuit aucune finalité telle que le plaisir ou la satisfaction (étant par elle-même jouissance) ; enfin elle ne connaît pas de "destin" plus ou moins sublimatoire (étant fermée à toute idéalité comme d'ailleurs à toute brutalité).
1985
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