LARUELLE, CF, 2014
Lexique des Termes Premiers utilisés par François Laruelle dans le cadre de la "Non-Philosophie" ou "Philosophie non-standard". Résumés ou extraits.
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mercredi 19 juillet 2023
SCIENCE, Sujet, Fusion
La science cherchée ici est celle de la philosophie comme objet mais elle doit inclure un aspect de celui-ci dans sa problématique ou son dispositif... Aucune science ne peut se réduire à son axiomatique toujours trop courte, son axiomatique n’est jamais suffisante pour une science qui reste ouverte à un dehors, ici la science reste ouverte à des mutations ou à des énoncés nouveaux de la philosophie, et même simplement à sa « suffisance » ou à sa prétention à exister en soi et pour soi. Abandonnant l’idéal du tout-axiomatique comme suffisant, nous sommes obligés d’admettre que cette science ne peut présenter ses deux principes majeurs d’usage quantique qu’en les interprétant une première fois en fonction du sujet ou du vécu, supposé donc déjà inclus non thématiquement dans les principes eux-mêmes. Idempotence et non-commutativité ne peuvent être simplement des propriétés algébriques « brutes » mais sont élevées à l’état de principes scientifiques et doivent être comprises comme tels. La fusion de la Dernière Instance est donc inscrite dans la description de ces principes... L’idempotence peut être décrite ou se décrire elle-même comme un sujet silencieux ou semi-parlant, sous-pratiquant la philosophie, Logos et Torah. Elle se décrit alors comme de l’« analytique fort » et du « synthétique faible », l’un au bord de l’autre, ou comme médiat-sans-médiation, comme mi-lieu générique qui n’est pas une moyenne entre les deux composants religieux, mais justement leur dualité unilatérale. Comme analytique fort, elle fusionne, c’est sa « force » (faible), avec le sujet comme donnée extérieure mais sous la condition de le réduire analytiquement au seul vécu ou de le reproduire analytiquement seulement comme vécu. Comme synthétique faible, elle fusionne avec le sujet, mais en s’augmentant du seul vécu sans s’augmenter de l’ego qui tombe hors de l’analytique. La fusion requiert les deux aspects, analytique et synthétique mais se modérant l’un l’autre, c’est la condition d’un « Même » générique enfin non-philosophique.
mardi 11 juillet 2023
IDEMPOTENCE, Médiation, Messie
L’idempotence est en général le mi-lieu ou la complémentarité de l’analytique et du synthétique, mais quel type de « milieu » ? L’idempotence ne vaut que de l’immanence (l’ondulatoire-physique ou le messianique-vécu) mais c’est une forme capable d’accueillir une transcendance simple, un ascender non-extatique. Suspendant sa médiation interne, elle est l’élément non médiatisé et non médiatisable du Christ, le Même. Mais sous cette forme de médiat-sans-médiation elle est aussi l’élément de… ou pour… la transcendance, bien que n’étant pas elle-même médiatisée avec cette dernière. Le générique est maintenant complet, c’est un médiat-sans-médiation = mi(-lieu) = élément, qui médiatise l’autre terme mais n’est pas lui-même médiatisable par lui... Le générique médiatise pour le monde, mais n’est pas lui-même médiatisable. Donc, pour que le médiat non médiatisé, le premier A de A A = A, puisse servir de médiat-pour… ou d’élément générique pour l’autre terme, il faut que ce premier soit immanent. Idempotence ou superposition se comprennent, dès que vécues, comme un sacrifice de la médiation réciproque, de l’échange avec Dieu, sacrifice unilatéral de la médiation à la condition que Dieu « se fasse » homme générique, Fils ou élément du mi-(lieu), juste mesure inégale ou unilatérale. Ce qui est sacrifié c’est la réciprocité ou la rivalité, le côté divin de la médiation, mais à condition que Dieu soit radicalement immanent ou lui-même non-médiatisable. Mais justement l’immanence se trouve ou se réalise par le suspens de sa médiation interne des deux côtés, et devient médiation unilatérale externe avec l’introduction de la transcendance. Dégager le noyau de la médiation comme unilatérale implique que le messie comme générique soit en devenir (ce qui peut valoir pour l’attente judaïque…) et dépende de la rencontre-sans-création, de la « collision » qu’est le Christ de Dieu et du Monde, de leur superposition sans synthèse. La messianité est en cours au sens de sa pré-emption sur les hommes mais parce que le facteur-Christ sert d’index pour la variable humaine. Il suffit de leur addition, de l’intervention de Dieu non comme créateur du monde – le Messie n’est pas une nouvelle création – mais comme facteur-Christ de superposition ou capable de s’additionner. L’événement-Christ peut s’interpréter dans les concepts de la superposition ou de l’addition quantique, donc de la grâce mais certainement pas de la re-création. Il n’est pas question de rachat ou d’échange, de prendre sur soi le péché du monde, juste d’opérer la seule généalogie possible, non pas du monde, mais du salut du monde depuis et dans l’humanité radicale. Ainsi transformés, les nouveaux Fils ou messies ne sont pas connaissables ou reconnaissables par ceux qu’ils étaient. Ce sont des Étrangers-existant-messies.
LARUELLE, CF, 2014
ORAXIOME, Messianité, Onde
Nous savons pratiquement, que pour cette science, il faut 1. en-avant-priorité une forme non pas logico-aristotélicienne mais algébrique et déterminante, l’idempotence et le nombre imaginaire, 2. une matérialité vécue (substance matériale de la messianité et de la foi), 3. également une forme logique puisqu’elle implique de la philosophie, 4. une forme axiomatique puisqu’elle implique une science rigoureuse dans ses moyens. Ces divers aspects sont entrelacés de manière indivisible dans ses énoncés que nous avons désignés en général comme axiomes vécus ou oraxiomes, qui sont des dires fidèles, les « axiomes fidèles » de la messianité. En-dernière-instance ils expriment la messianité en recourant au langage théologico-philosophique qu’ils transforment. Chacun de ces oraxiomes est un quantum générique d’expression ou d’énonciation, non pas une entité conceptuelle ou discursive, un atome de sens transcendant, mais un quantum à la fois discret et indivisible de messianité. C’est à la fois une pulsion, la poussée d’un cri, la clameur de la foi, la jaculation d’un mystique... L’ondulatoire désigne ici un schème ou une forme qui n’est pas nécessairement un phénomène visible d’écoulement sonore ou liquide des concepts, encore que la parole soit un tel phénomène d’écoulement et de ruissellement surtout si l’on modifie ou fait varier ses vitesses d’écoulement physique comme le savent les mystiques et les prêtres ritualistes. La marque phénoménale de l’ondulatoire comme schème tolérant la superposition est surtout l’interférence des sens ou des concepts. Il s’agit de projeter ou de faire usage des noyaux conceptuels, surtout théoriques puisqu’il s’agit de la théologie, tels qu’on les fasse se superposer comme des vecteurs, interférer et ainsi créer de nouveaux blocs de sens illocalisables ou indiscernables. L’interférence est surtout celle des syntagmes ou des corpuscules de signification que sont les énoncés... Il ne s’agit plus de parler conceptuellement de manière atomiste de la messianité mais de manière « ondulatoire », par ondes configurant des concepts. Étant donné leur racine ou leur source avant-première qui est l’idempotence, ce sont des « oraxiomes », des axiomes générés comme les oracles de cette pythie algébrique qu’est la messianité... Énoncé idemsachant, à la fois vécu et générique, l’oraxiome est l’indivisible duel, le quantum générique de formulation dont aucun ego n’est le titulaire, aucun « je », à la rigueur un « nous », comme un quantum d’expression ou de formulation unilatérale qui met un terme à l’axiomatique encore atomiste de la mathématique ou de la philosophie... Dans cette perspective, les logia de Jésus c’est-à-dire les recueils de paroles pour les pauvres, doivent être compris comme des formules vides de la suffisance du Logos, qui expriment une « impuissance » du gréco-judaïque, comme des quanta duels (ou binaires-indivisibles) et en ce sens comme des formulations apocryphes au sens où elle sont tenues secrètes en-Christ et non-authentifiées par la Synagogue, l’Académie, et l’Église qui d’une certaine manière les réunit.
LARUELLE, 2024, CF
lundi 3 juillet 2023
SUJET, Science, Générique
La logique de notre gnose est celle de l’idempotence, flux immanent minimal qui constitue la science-sujet c’est-à-dire ce que nous appelons par ailleurs la messianité... L’idempotence signifie que le vécu messianique est constant quel que soit le terme qui lui est ajouté comme Autre, car ce terme, de lui être ajouté ou additionné, tombe justement sous cette constante à laquelle il apporte juste un complément, c’est donc la loi d’un excès stérile qui ne détruit pas le Même comme sujet messianique... Le sujet chrétien ou le fidèle entre dans une procédure scientifique et forme avec elle une constante adéquate à son objet, le chrétien n’entre pas dans la science comme sujet au sens classique, il y entre comme sujet chrétien mais désindividualisé ou neutralisé qui peut retrouver une subjectivité générique... La procédure scientifique se constitue ici comme science-sujet en incluant et désindividualisant génériquement le vécu du chrétien potentiel, intéressé par exemple aux religions sans être explicitement « croyant ». Ce vécu doxique est élevé à la dimension de sujet scientifique et non l’inverse, la science n’est pas subjectivée sous condition philosophique, c’est le vécu qui est dé-subjectivé sous condition scientifique... Introduite dans le cercle philosophique de la religion et de la théologie et procédant avec justice, la science-sujet démontre par son existence que le Tout chrétien macroscopique et potentiellement philosophable est une apparence ou une illusion par laquelle il croit avoir pu être le seul titulaire et législateur du vécu... Il n’y a pas de cercle dans le présupposé scientifique de la science-sujet, purement et simplement étranger à la philosophie, avec le discours chrétien et même avec la science théologique comme il y en a un entre le principe d’identité ou la logique générale et le réel. C’est que la superposition n’a jamais été un cercle, à la rigueur une ondulation et même un quart de cercle représentant un « nombre imaginaire » ou « complexe » dont la fonction est tenue ici par le symbole « Christ ». La croyance à une illusion transcendantale présente ici est elle-même une illusion mais cette fois immanentale ou d’un tout autre degré. La philosophie est la seule cause positive de cette croyance à un cercle, la science-sujet n’est que la cause négative de sa manifestation... Il n’y a donc pas de sujet-de-la-science mais une science-sujet vécue génériquement et complétée d’un sujet occasionnel. D’où le concept de ce qu’il faut bien appeler soigneusement « science non-chrétienne » et que le Christ pratique en un sens précis.
LARUELLE, 2014, CF
lundi 26 juin 2023
IDEMPOTENCE, Générique, Théorie unifiée
L’idempotence contribue à définir la matrice générique, elle vaut pour la superposition de la science et de la philosophie, mais pour être effectuée ou réalisée pour les deux disciplines, il faut qu’elle s’incarne aussi dans la philosophie ou dans le vécu d’un sujet. Générique veut dire validité non totalisante pour les deux disciplines, ou universalité qui ne se redouble pas sur elle-même, qui disparaît même comme Tout réfléchi, donc universalité indiscernable. La clé du problème est dans l’idempotence de la science et de la philosophie qui sont le même génériquement ou en-dernière-instance. Nous avons enfin le concept rigoureux ou l’équation de la théorie unifiée = le Même comme superposition idempotente... L’unification reste la plupart du temps un principe transcendant, et ce type d’unification reste alors de l’ordre du symptôme, seule la science quantique de la philosophie est la forme immanentale et non transcendante de la théorie unifiée.
LARUELLE, 2014, CF
IDEMPOTENCE, Superposition, Non-commutativité
L’idempotence est cette souche commune des deux principes qui imposent à la foi ou messianité, pour devenir une constante, un certain type de détermination réglant les rapports qu’elle met en œuvre, c’est une propriété algébrique ou un proto-principe. Son premier effet le fait fonctionner concrètement dans la physique quantique comme « principe de superposition ». Une opération idempotente produit le même résultat si elle est appliquée ou ré-appliquée plusieurs fois, par exemple sous la forme de flux ou de forces de vécu, elle produit donc l’unicité de l’intermédiaire (ce que l’on appellera le « médiat-sans-médiation »). Elle est mi-analytique mi-synthétique ou plus exactement elle est l’analytique non plus comme opération philosophique isolée ou corpusculaire, mais l’analytique qui « tend » au synthétique ou le vise. De manière complémentaire elle est le synthétique qui échoue à l’être tel qu’il l’est comme opération isolée ou corpusculaire pour la logique philosophique. Le second effet de l’idempotence est le principe qui soustrait cette détermination à sa reprise philosophique toujours active ou menaçante. La propriété algébrique de non-commutativité est élevée à l’état de principe dans la quantique (dont les produits inversés de deux variables ne sont pas égaux), et ici de non-commutabilité de la foi messianique avec la croyance religieuse.
LARUELLE, 2014, CF
IDEMPOTENCE, Superposition, Science
L’idempotence (A A = A) est la « proto-logique » de la superposition et prépare d’elle-même sa superposition soit avec le monde microphysique ondulatoire soit avec le monde humain vécu. Comme forme élémentaire de la superposition elle est capable d’aspirer le vécu, de le forcer, réussissant enfin cet exploit de la fusion, bref de n’être pas seulement immanente mais immanentale ou de valoir pour le réel du sujet... L’idempotence algébrique doit être interprétée ou traduite philosophiquement et/ou théologiquement pour être utilisable dans la matrice... Superposition et non-commutativité ne peuvent être simplement des propriétés algébriques « brutes » mais sont élevées à l’état de principes scientifiques et doivent être comprises comme tels. L’idée d’une science des religions portée par le Christ est bien un miracle du type le plus haut et le plus simple, comme toute découverte scientifique excédant son axiomatique... C’est ce que nous signifions en disant que les axiomes de cette science sont des « oraxiomes ».
LARUELLE, 2014, CF
samedi 17 juin 2023
CHRIST, Vectorialité, Dualité unilatérale
La posture christique définie comme vectoriale et générique témoigne d’une curieuse dualité complexe, syntaxiquement non-philosophique et qui peut être dite « unilatérale ». 1. Les composants, idempotence et vécu, ni fondement ni sujet vectorial. D’une part une objectivité d’un type inconnu de la philosophie, une idempotence strictement algébrique, et d’autre part fusionnant avec elle un vécu qui en est inséparable... 2. Les aspects de la vectorialité, messianité et foi... D’une part les deux composants de tout vecteur forment un flux immanent de part en part, c’est la messianité proprement dite. D’autre part elle s’ouvre et rebondit de manière complexe (unilatéralité effet-tunnel immanent) sur le vécu d’où est tiré le côté subjectif ou de foi de la messianité, qui a donc une autre origine ou provenance que l’idempotence comme loi de la messianité... 3. La dualité générée, foi et croyance. La dualité de la messianité et de la foi se prolonge en extériorité immanente par celle de la foi et de la croyance qui est la foi coupée de ses origines, une conclusion sans prémisses, enkystée en soi et se posant comme suffisante. Cette « réification » ou « substantialisation » de la foi en croyance est la destruction de la constitution du Christ par superposition d’états en chaque homme. Plutôt la fidélité de dernière-instance que la foi, plutôt la foi de l’Étranger-existant fidèle que la croyance religieuse.
LARUELLE, 2014, CF
LARUELLE, 2014, CF
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vendredi 3 août 2012
IDENTITE > Ondulation
La science générique se déploie continument en surfant sur la même « onde » bien qu’elle se donne deux objets distincts : d’une part justement celui des vécus ondulatoire qui relèvent de l’immanence, d’autre part celui des corpuscules conceptuelles appartenant à la transcendance. Le « Même » en régime humain générique, pour n’être plus syntético-dialectique (Moi + non-Moi = Moi) ni analytico-logique (Moi = Moi), tous deux corpusculaires, se formule d’abord sur le modèle de l’identité algébrique dite « idempotence » (Moi + Moi = Moi) avant de se résoudre dans le Moi-en-Moi (Homme-en-Homme ou Un-en-Un) d’ordre quantique c’est-à-dire cette fois ondulatoire-et-particulaire. Au contraire du sujet corpusculaire de la philosophie, pensé dans la post-modernité comme archi-différentiel ou comme soustrait à l’être, le sujet générique pense l’infinité des rapports à partir du non-rapport d’une immanence indiscernable et radicale.
lundi 6 juillet 2009
GENERIQUE > Idempotence
L'addition idempotente est une fonction générique exemplaire. Pour l'élaboration du concept de générique, un premier axiome directeur est la constante du Réel-Homme, soit l'immanence comme propriété principale de l'addition idempotente. Le deuxième axiome redéfinit l'idempotence comme opérateur vécu, vécu sans-sujet. Le troisième axiome concerne l'articulation de l'idempotence sur un objet transcendant : articulation elle-même immanente donc unilatérale, transformant la cible en objet unifacial.
En résumé, le générique : 1) est individué sur le mode de l'Un-sans-Tout, 2) porte sur une sphère a priori universelle, la transcendance unilatéralisée, 3) procède en soustrayant un unique côté de la transcendance biface.
2008
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