Affichage des articles dont le libellé est Gnose. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Gnose. Afficher tous les articles

mardi 18 juillet 2023

SIMPLE, Science, Savoir

La philosophie est fondée sur les principes d’identité et de raison, ce que le Christ apporte est d’une tout autre nature, c’est le principe de l’idempotence ou encore de la science simple ou idemsachante, et une fonction ou un facteur d’imaginaire. À la suite des mystiques, les philosophes ont cherché eux aussi le « simple », mais le simple ne peut être une entité anonyme, transcendante et ponctuelle, un point justement. La critique de la représentation extatique doit être poursuivie par celle de la ponctualité de l’immanence égologique, le non-extatique doit être de nature ondulatoire... Le Simple n’est pas un invariant glorieux ou entêté, mais le flux de l’égalité qui coule en lui-même comme par un tunnel d’immanence sans se dépasser... Nous distinguons les juifs d’étude (plutôt que de savoir), les grecs de pensée ou philosophes, et les Simples de savoir qui sont les Idemsachants ou les gnostiques. Les Idemsachants ont un savoir simple au sens où il ne peut se connaître réflexivement lui-même. Ils sont paradoxalement comme savoir irréfléchi le type humain le plus proche des scientifiques du futur, créateurs et manipulateurs d’automates. L’intuition de la science comme en-Un, l’affinité de la science et de l’immanence générique en-dernière-instance a toujours été l’inspiration orientée-quantique de la non-philosophie... Le générique porte le miracle de cette rencontre d’un paradigme qui deviendra scientifique et d’un vécu qui ouvre l’accès aux humains harcelés par le monde... Les Simples unifient l’homme et la science selon un nouveau rapport tel que la science apporte, depuis la philosophie, un vécu-sans-vie et forme avec lui une fonction d’humanité générique, complétée par le sujet arraché à la philosophie.

LARUELLE, CF, 2014

jeudi 18 mai 2023

EN-CHRIST, Science, Gnose

Il y va du Christ-en-personne dans la science du christianisme et des autres religions... mais à condition de pouvoir suturer la science et le Christ. Or cette suture, si elle est l’horizon de la modernité, est une affaire plus profondément gnostique. Nous retenons des gnostiques deux axiomes fondamentaux qui nous suffisent : 1. une certaine suture spéciale de la science et du sujet, une fusion, pourquoi pas, de la théorie et des masses fidèles, définit l’homme comme savoir générique et non comme homme de l’« humanisme gréco-chrétien », 2. ce savoir est la foi elle-même dans les sujets livrés au monde et le ressort pratique de leur salut... Nous comprenons les sciences autrement que prises dans la fourchette pour ne pas parler des fourches caudines du paradigme positif/transcendantal. La physique quantique déplace ce paradigme en imposant une immanence non-transcendantale d’une part et d’autre part en impliquant le compte nécessaire d’une subjectivité de l’observateur dans la préparation de notre expérience de la foi. C’est la possibilité de « sciences-sujets » qui ont une portée anti-dogmatique et générique distincte de la philosophie... Pour cela il faudra transformer en même temps que la théologie l’usage positif par exemple de la quantique. Il faudra reconnaître une affinité entre certains principes scientifiques à préciser et les logia du Christ... Si la science-selon-le-Christ est un dispositif à seulement deux termes, alors le Christ est ou apporte un type d’intelligence qui est la foi ou la messianité elle-même... On dira du Christ pour résumer son agir qu’il est le fidèle ou le Messie « de-dernière-instance », le dernier Messie comme avant-premier, expression qui signifie moins que jamais une cause ou événement qui se tiendrait caché derrière le christianisme et pas davantage un fondement transcendantal. L’idée est plutôt de le traiter à la fois comme une constante de type scientifique, donc « objective » au sens d’un invariant pour toute science humaine possible, mais aussi comme remplissant des fonctions subjectives... Constante objective tissée dans le vécu, ou vécu de foi informé objectivement. De cette manière la foi ou la messianité comme constante préserve la grandeur de la Raison, qui n’est plus confondue avec celle de la philosophie, la suffisance de celle-ci étant de son côté affaiblie.

LARUELLE, 2014, CF

vendredi 28 avril 2023

ÉTHIQUE, Générique, Homme

"Nous définissons les grands traits d’une éthique gnostique sans fondement religieux ou métaphysique, juste générique. 1. Elle suture l’éthique à une connaissance complexe qui ne se définit pas par le Logos ou la Raison dominante, ni par une transcendance de l’Autre, pas davantage non plus par l’homme comme animal biologique. L’éthique n’est pas un effet ou un prédicat de la raison ou de la vie, mais l’opération de ce que peuvent les humains-en-corps, l’éthique appartient à la substance ultime des humains. 2. S’il y a éthique, c’est qu’il y a mal, malheur ou malaise, mal-faire, mal-penser, mal-agir... C’est une thérapeutique immanente de l’homme dans le monde par l’homme en tant qu’ouvert sur l’univers... L’éthique générique croise deux à deux les savoirs locaux, forme des rapports de disciplines, toujours avec la philosophie, qui sont en état de collision, affirme de toute façon leur non-séparabilité. C’est une éthique et une politique des interdisciplines, des savoirs hétérogènes les plus opposés qu’ont acquis les humains. 4. Éthique générique parce qu’elle est orientée sur la défense a priori de tous les humains dans toutes les situations ou tous les univers possibles... Elle renonce au Principe de Théologie Suffisante (PTS) et trouve dans le Christ le paradigme de la victime en état d’in-surrection, du Sacrifié qui est aussi le Re-ssuscité... Le salut gnostique-athée est assuré maintenant par le seul Christ-sans-Dieu et c’est une condition nécessaire mais non-suffisante de salut. Christ est cette condition non-suffisante, non-divine, de salut, il faut la coopération de sujets humains impliqués dans l’opération au moins comme agents ou acteurs."

LARUELLE, CF, 2014

GNOSE, Savoir, Salut

"Nous distinguons deux états ou deux usages de n’importe quel savoir ou matériel épistémique, un usage encyclopédique et suffisant, incluant également la philosophie, et un usage de salut qui est et lui seul une connaissance générique... La gnose est en général un savoir indocte ou inenseigné supposé habiter le cœur intime des humains et assurer leur salut... Une « connaissance » que l’on ne peut dire ni philosophique ni théologique mais générique parce que rapportée au genre humain qui a à charge d’en faire le meilleur usage – un usage qui n’est plus cette fois d’enseignement et de transmission, mais d’invention de la sauvegarde des vivants sur Terre. La forme qui règle son extraction et sa consommation n’est plus alors celle de la philosophie mais celle du genre humain à préserver, le savoir donne lieu à une connaissance de salut et c’est la raison pour laquelle la gnose, qui défend les humains et sur cette base les vivants en général, n’est nullement « anthropocentrique » au sens habituel, elle est la connaissance de dernière-instance, l’ultimatum avant que ne se réalise éventuellement la destruction de la vie humaine. De ces deux usages des mêmes savoirs, le premier peut être dit actuel de production et virtuel d’usage, il est produit actuellement dans l’histoire, mais ne sert pas encore au salut des humains. Le second est virtuel, c’est une connaissance que l’on est sans doute mais qu’il faut aussi avoir ou acquérir. Renouvelée dans un contexte plus scientifique que religieux, plus générique que philosophique, la gnose déplace les anciens partages du savoir comme être et comme avoir, inversant apparemment l’ancien ordre, tout en affirmant qu’ils sont le même puisque le savoir que l’on a de l’humanité générique est aussi un savoir que l’on est, mais dont il faut acquérir la connaissance. C’est un savoir que l’on ne sait pas encore comme connaissance de salut, on l’opposera à la formule de la philosophie comme savoir que l’on ne sait pas – formule signifiant en réalité cette suffisance qu’il vaut mieux ne « rien » savoir ou savoir le rien de savoir, plutôt que de ne pas savoir du tout. La philosophie fait du savoir un impératif absolu qui contient le savoir du non-savoir lui-même et comme non-savoir. La gnose abat cette volonté absolue de savoir et la radicalise ou différencie le savoir et la connaissance de ce savoir."

LARUELLE, CF, 2014

GNOSE, Salut, Homme

"La gnose est la dualité d’un savoir primaire ou positif impliqué comme moyen dans la transformation humaine ou la connaissance de lui-même. Il faut nous préparer à la connaissance de nous-les-humains, non pour que ce savoir s’excède une nouvelle fois, monte en puissance et se modélise lui-même comme il le fait dans la philosophie. Au contraire, il devra se soustraire à sa réflexion spontanée, s’abaisser ou être abaissé, enlevé à sa connaissance de soi telle que la philosophie la pratique. Car voici ce dont il s’agit contre tous les dogmatismes et les vaines promesses, évaluer les chances ou la « probabilité » d’un salut épistémique des humains... Il s’agit de la gnose comme connaissance véritative de salut des humains telle qu’elle est déterminée en-dernière-instance par eux-mêmes et non plus par la philosophie comme forme du monde... C’est le sens de la gnose que cette exposition à la messianité et non à Dieu, une gnose athée, non-religieuse et non-platonicienne, un acte de salut des savoirs pour les arracher à leur milieu natif d’où ils tirent leur suffisance. Leur usage générique n’est pas leur auto-exposition absolue à une dialectique mais leur reprise radicale en fonction d’une futuralité à la mesure des humains."

LARUELLE, CF, 2014

GNOSE, Savoir, Philosophie

"L’axiome philosophique sous-jacent consiste à postuler la puissance implicite du non-savoir comme déjà savoir en l’Autre ou en Moi, sa capacité à être déployé sous la forme d’un savoir de plus haut rang. Cette fausse modestie du non-savoir exprime sa suffisance à se savoir lui-même. Appelons cette prétention le Principe de Non-savoir Suffisant, c’est le cœur de la philosophie. Il ne suffit pas de revendiquer le non-savoir et d’en faire bannière, mieux vaut un savoir non-suffisant qu’un non-savoir suffisant. La gnose inverse le problème de la philosophie ou le formule plus honnêtement... Il n’est pas suffisant de réfléchir philosophiquement ce savoir que l’on est sans l’avoir. La gnose court-circuite la réflexion transcendantale ou absolue qui appartient encore de toute façon au savoir primaire et, sans le réfléchir une fois de plus et le surpotentialiser à l’infini, elle le force à changer de destination, à bifurquer de sa finalité spontanée qui est l’idéalisme philosophique, à se soumettre génériquement aux humains plutôt qu’à un Dieu. La gnose force le savoir primaire ou positif à entrer dans une procédure qui n’est nullement réflexive ou en torsion spéculaire, mais « vectoriale ». L’ex-sistence générique n’est pas une trajectoire dans le néant, mais une émergence à sa racine, une insurrection radicale et non pas absolue. C’est d’abord dans son essence un vecteur plutôt qu’une chose ou un objet mais qui apporte avec lui l’équivalent d’un objet microscopique ou partiel (nous disons « quartiel ») à quoi est réduit le savoir positif. La gnose déployée est donc bien double mais justement sans former un doublet, plutôt quelque chose comme une superposition et une complémentarité. C’est la dualité d’un savoir ontico-ontologique primaire, donné plus ou moins positivement par les différentes disciplines, et d’un usage véritatif de ce savoir en fonction de l’homme, dualité relevant de propriétés quantiques comme la superposition et, on le dira aussi, comme la non-commutativité."

LARUELLE, CF, 2014

CHRIST, Dieu, Gnose

"Quel est l’effet le plus général de la reprise gnostique plutôt que d’une répétition philosophique de la gnose, de ses textes et de son histoire, herméneutique qui ne nous préoccupe pas ? C’est une dé-planification non-chrétienne de l’histoire du salut, une insurrection dans les principes mêmes... Il s’agit de la promotion du Fils en cause avant-première ou en « dernière instance » d’une nouvelle histoire qui serait enfin celle des humains, et par conséquent d’un abaissement de la suffisance de Dieu mis à son tour sous condition du Christ. Cette insurrection se fait contre le Principe du Dieu Suffisant ou encore du Principe de Théologie Suffisante... La Résurrection a pour contenu phénoménal une reprise générique, un saut immanent et non l’ancien saut transcendant, et pour corrélat la chute du Dieu de l’Ancien Testament dans l’immanence générique humaine. De macroscopique et tout-puissant qu’il croyait être, c’était sa mythologie monothéiste, il devient ou mieux encore sous-vient comme particulaire, comme Dieu quartiel, réduit au quart négatif de son ancienne omniscience et puissance. Mettre Dieu sous condition déterminante, ce n’est pas le nier purement et simplement, geste aussi court de pensée que le simple refus de la théologie et de la philosophie, c’est se donner une chance d’élever la théologie à ce qu’elle a toujours prétendu être, une science de Dieu traitant celui-ci comme l’objet générique qu’il est. Christ est la révélation pour les humains fidèles et Dieu la révélation de l’objet corrélatif de cette fidélité."

LARUELLE, CF, 2014

CHRIST, Gnose, Dieu

"Notre équation de base est celle-ci : Christ = science du Christ = gnose, avec son corollaire, gnose vs théologie ou christologie... Gnose est ce nom ancien, chargé encore de fantasmes religieux, abhorré des « Vieux Croyants » de l’Occident, que nous reprenons pour l’inscrire entièrement sous le nom de « Christ » et par là même le vider d’une partie de son contenu doctrinal et théologique dont elle-même, dans ses premières formes historiques, n’avait pas réussi à se libérer. Nous la comprenons de manière non-théologique et même non-religieuse comme la substitution, en une autre place et avec d’autres fonctions, du Christ à Dieu. La planification théologique dominante du salut, œuvre de Dieu et base du « christianisme », emprunte l’essentiel de ses définitions et de ses fondements philosophiques à l’ontologie grecque... Le principe est de désuturer le Christ de la théologie... La christologie n’est donc qu’un matériau particulier ou quelconque dans cette science-en-Christ qui est aussi science du Christ. Dieu de toute façon n’en est plus que l’objet soumis aux règles d’une objectivité que l’on dira quasi quantique – aussi bien une variable qu’un motif « occasionnel » de cette science... La théologie est le souci du Père et de ses substituts et va à la monarchie, la gnose est le souci du Fils, donc des humains en leur égalité ou va à la démocratie des frères génériques."

LARUELLE, CF, 2014

GNOSE, Quantique, Christ

"Il ne nous est demandé qu’une préparation gnostique qui doit nous mettre dans la bonne posture, celle de la fidélité inventive. Dans ce cadre « épistémique », la gnose représente une conjugaison des savoirs positifs, philosophie comprise, en une connaissance orientée-humaine de ces savoirs... Il n’est pas question de réhabiliter la gnose en renversant l’irréversible théologie classique, en tentant un coup de force qui serait voué à emprunter les mêmes errements que l’adversaire. Au contraire il faut conserver à la gnose son secret mais en trouvant les moyens de rendre intelligible son inintelligibilité ou son caractère indocte, de conserver et manifester son secret sans le détruire comme secret par une lumière rationaliste ou inadéquate. Cela fait partie de nos espérances théoriques, justement du type de savoir gnostique. Ce projet met immédiatement en cause le moyen quantique qui devra être adopté pour pouvoir dire qu’il s’agit d’une science... Il est possible d’éclairer quantiquement un secret sans le détruire absolument (ce qui serait plutôt l’effet de la philosophie) si l’on peut établir la « loi » quantique de ce phénomène c’est-à-dire ce que l’on appellera son « vecteur d’état ». Or, c’est ce que nous tenterons de faire avec et dans la science du Christ, établir le vecteur d’état du Christ à partir de ses données ou des données de ses paroles en mode « Logos » et en mode « Torah »."

LARUELLE, CF, 2014

vendredi 23 décembre 2011

GNOSE > Science générique

D’une certaine façon l’ancienne Gnose philosophico-religieuse préfigure la science générique, ce nouvel agencement de la philosophie sous la science des humains. Avec le générique il en va bien du « salut » des humains et d’un savoir que justement nous ne connaissons pas encore pour nous-mêmes ni pour notre salut générique. L’enjeu est de nous apprendre à connaître de manière immanente en utilisant les moyens dont nous disposons, essentiellement la science et la philosophie. Mais, définitivement, il ne s’agit pas de se connaître « soi-même ». Et la philosophie n’a aucun avenir en tant qu’art de vivre ou auto-thérapie ; son rôle, à la fois plus modeste et plus essentiel, est de participer au salut générique de l’humanité, un salut qui reste donc aux mains de l’homme non pour son bien (terrestre ou céleste) mais directement pour son Futur. 
Changeant de référence culturelle, l’on pourrait aussi bien déclarer que le sillon produit dans la pensée par la superposition quantique a ouvert une nouvelle « voie du Milieu », sous l’espèce du Mi-(lieu) constitutif de l’unilatéralité, celle d’une futuralité humaine plus adéquate que l’ancienne théorie orientale du Vide et de l’identité des contraires.

mardi 13 janvier 2009

REBELLION > Gnose

La non-philosophie est confrontée au retour de la gnose, sous sa forme contemporaine post-marxiste, et à sa question : comment penser la rébellion future ?
Du point de vue de la non-philosophie, la gnose non-religieuse court-circuite une phase nécessaire, celle de son interprétation par la philosophabilité : "avant" même l'illusion religieuse, il s'agit de débusquer l'illusion transcendantale dissimulée dans la philosophie. La religion n'est qu'un cas particulier de la maîtrise, réglée de façon plus complexe et plus globale par la philosophie. User du langage philosophique est donc une nécessité. 
La gnose finit par revenir comme position doctrinale sur le flanc gauche de la non-philosophie, en critiquant celle-ci. Le problème de la rébellion est justement de risquer d'introduire le ressentiment et la réaction dans la lutte contre la maîtrise, alors qu'il faut faire valoir, comme condition même d'une rébellion non-réactive, le (non-)agir de l'Homme-en-personne.

La gnose non-religieuse suppose un Rebelle abstrait, s'ajoutant à la triade constitutive du champ non-philosophique, d'abord parce qu'elle ne pense pas le Réel en immanence mais par transcendance : elle réintroduit dualisme et haine du Monde. 
La gnose pose l'Immanent radical comme altérité au lieu de le poser de manière immanente comme unilatéralité. Elle refuse de voir que le Réel peut "donner" la pensée.
C'est pourquoi en plus de la rigueur qu'impose la découverte non-philosophique du Réel, la gnose non-religieuse se réclame d'un tranchant qu'elle tire de la transcendance platonicienne et du pathos religieux de la division. Par exemple, la gnose désarticule l'identité unilatérale de la théorie et de la pratique, elle en fait une dualité entre théoricisme et pratique.
La contemplation gnostique sous la forme d'un doublet réel-transcendantal se donne des "airs" d'immanence, mais le Rebelle gnostique est un transcendantal métaphysique, dont la genèse est ignorée. La gnose non-religieuse semble une déduction métaphysique plutôt que transcendantale (prenant ses objets dans les mélanges philosophiques de la maîtrise et de la rébellion) de la rébellion. La maîtrise elle-même n'est pas pensée en-Un par le Rebelle (version non-philosophique) mais par l'Ange (philosophe religieux, version théoriste). 
Une simple mention ou allusion "platonique" à la maîtrise ne peut faire émerger le transcendantal. Le clonage explique la genèse du transcendantal à partir du Réel. Or la gnose se donne la religion en court-circuitant son clonage et d'abord son être-donné-en-Réel, du moins tant que la non-philosophie ne se l'est pas appropriée sous la forme d'une théorie unifiée de la philosophie et de la gnose.
Dans la gnose, le Rebelle doublant le Réel ne peut intervenir sur la maîtrise qu'au moyen de l'Ange : argument du 3è homme indéfiniment reconduit, unité transcendante toujours présupposée mais dissimulée dans la suture comme opération même.
En non-philosophie, la Rébellion n'existe qu'en-dernière-utopie, puisque l'Homme et le Rebelle n'ont plus de lieu.
Par l'intermédiaire du Rebelle, l'Homme-Réel met le vide de la possibilité négative au coeur de la maîtrise. L'esprit de lutte fournit au Rebelle la capacité d'utiliser les armes du Maître contre lui ; la maîtrise est non seulement l'occasion mais le matériau de la Rébellion. Bref le Rebelle est transcendantal et non transcendantal et transcendant : dans le théorisme, ce doublet est à l'origine du fameux "tranchant" et de la production des "théorèmes".

2004

mardi 11 novembre 2008

NON-CHRISTIANISME > Gnose

Problème gnostique : que faire du Monde, que faire de Dieu, étant donné leur compromission ?
Le christianisme s'arrache au Monde et la gnose historique se retranche du Monde, mais le salut du Monde (et de Dieu) passe par le seul salut humain. Que faire donc du christianisme ? Comment se défaire de la "foi en la foi" pour acquérir l'intelligence de la foi ?

"Le-christianisme" désigne un agrégat unitaire qui doit être transformé et universalisé en un "non christianisme".
Il ne s'agit pas d'une nouvelle interprétation, mais d'un nouvel usage du christianisme à partir d'une expérience purement humaine.

Comme toujours en non-philosophie, il s'agit d'associer sans-synthèse et sans-mélange la science et la philosophie de telle sorte qu'une représentation théorique du christianisme s'en dégage, un modèle plutôt qu'une objectivation ou une essence, extérieur aux anciennes combinaisons de la raison et de la foi.

Pour éviter la christianisation du modèle lui-même, réactiver la-gnose sera le moyen d'universaliser le-christianisme dans une optique non-chrétienne, dans une posture unifiée de foi et de savoir (identiques en-dernière-identité, c'est-à-dire hors système). La modélisation non-chrétienne combine sans les mélanger la foi-qui-unit chrétienne et le savoir-qui-sépare gnostique. Dans tous les cas, la modélisation porte sur la pensée-Monde, lieu de toute transcendance, transformé en un organon de détermination du salut.

"Foi et savoir" est donc le topos le plus général résumant l'opposition du christianisme et de la gnose, vidés de leurs contenus dogmatiques.

Les mélanges et les ambiguïtés congénitales de la foi et du savoir s'expliquent par leur soumission à une transcendance elle-même complexe, que la modélisation non-chrétienne universalise sur un mode non-thétique (non-décision et non-position (de) soi).

L'opposition entre foi et savoir est transformée par la modélisation en dualité unilatérale, de sorte que la foi se dit maintenant de la complexité philosophico-religieuse (foi et savoir comme procédures occasionnelles de salut) se tenant face au savoir gnostique comme identité humaine (savoir indocte).

2002

mardi 21 octobre 2008

GNOSE > Homme

De même que l'hérésie religieuse a été investie par le dualisme gnostique, elle est fécondée cette fois par une théorie de l'Un radical, non-métaphysique et humaine. La pensée de la Vie, qui sous-tend la gnose, sera l'occasion d'une modélisation du christianisme, de son Dieu en tant qu'Etre (métaphysique) et en tant que Vie (mystique), mais sous la guise du Vécu-sans-vie et de l'Homme-en-personne.

Dans l'esprit, la gnose ne part pas de questions métaphysiques posées sur l'Etre mais plutôt de l'Homme comme unique solution apportée aux questions. La gnose historique a posé pour la philosophie la question de l'Eon, de l'en-Un, pour tenter de rompre avec la généralité de l'Etre et l'autorité des Essences. Même si elle pratique encore le couplage unitaire (de l'Un et de l'Etre, mais en faveur de l'Un), elle déborde l'affect judaïque de l'Autre autant que la révolution chrétienne du sujet.

En tant qu'hérétique, la gnose fait valoir autant son esprit de séparation que son désir d'identité, et, même si elle confond encore l'Identité avec l'Unité, elle se sépare en droit de la philosophie qui réconcilie dialectiquement l'Autre et le Même, Dieu et les Hommes, et semble ainsi "récupérer" la gnose (Hegel).

La gnose, qui rêve d'une extériorité absolue au Monde, doit être encore sauvée de la transcendance. Elle doit abandonner son approche métaphysique de l'Un et sa conception mondaine de l'Homme (comme prisonnier du Monde) pour accéder à une pensée transcendantale réelle (non idéaliste, mais "à cause" du réel) et déterminée par l'Homme. Face au salut chrétien, qui se présente comme l'envers unitaire de la création (d'ailleurs manquée, selon les gnostiques), la gnose non-chrétienne cherche plutôt à sauver ensemble le Dieu créateur et le Christ sauveur, par la "grâce" de l'Homme et de son clone, le sujet-Christ Futur.

Les "nouveaux" gnostiques non-chrétiens ne rejettent pas le monde, comme les anciens, ni ne cherchent à "se" connaître en tant qu'homme et/ou sujets, à l'instar des philosophes, mais sur la base du savoir indocte humain, ils disposent de moyens "scientifiques" pour connaître (c'est-à-dire modéliser) cette forme-monde qu'est justement la philosophie.

Le mauvais théoricien qu'est le philosophe entérine l'oeuvre ratée du mauvais démiurge ; le nouveau gnostique propose une axiomatique transcendantale sur la "foi" (non-croyante) du savoir immanent de l'Homme.
"Réveillez-vous!", c'est l'injonction du philosophe qui exprime sa foi en lui-même... "Je (suis) un Eveillé donc j'éveille", c'est le théorème du gnostique (non-philosophe) qui exprime son savoir (du) réel.

2002

GNOSE > Hérésie

Il faut arracher une posture non-gnostique à la gnose, elle-même distincte de ses formes historico-philosophico-religieuses. 1) Primat de l'Homme-en-Homme sur Dieu et l'appareil onto-théo-logique ; 2) primat de la séparation hérétique sur l'Unité chrétienne, et surtout primat de l'être-séparé sur toute séparation ; 3) primat du savoir indocte sur la foi (chrétienne sans sa forme-attente ou rationnelle dans sa forme-transcender).
L'hérésie propose déjà sous sa forme historique une expérience originale du Deux basée sur une Séparation non-hiérarchisante et la revendication d'un savoir immanent. La réjection gnostique du Monde est davantage qu'une distance phénoménologique, elle est expérience d'un savoir indocte (certes non encore théorique mais vécu en-solitude) de la non-consistance humaine. Par ailleurs la doctrine dualiste écrase la double articulation onto-théologique du système philosophique avec son principe de double transcendance (meta et epekeina) hiérarchisée.
Comme la révélation n'est pas donnée en Christ pour les hérétiques, elle est donnée par la Séparation elle-même qui constitue son mode de transcendance propre et qui conditionne à son tour un savoir. C'est en-cela que l'hérésie historique, si elle n'admet pas le séparé-sans-séparation non-religieux, peut servir à modéliser le christianisme et être clonée comme sujet-Christ.

2002

jeudi 9 octobre 2008

CHRIST FUTUR > Gnose

Pour opérer la généralisation non-religieuse du christianisme, voire son universalisation hérétique plutôt que catholique, le non-christianisme utilise entre autres matériaux celui de l'hérésie gnostique, laquelle fait valoir une triple primauté quasi non-religieuse : celle du savoir sur la foi, celle de la séparation hérétique sur l’unité ecclésiale, et surtout celle de l’Homme sur le divin. La gnose historique fait une première expérience, quoique incomplète et donc potentiellement vicieuse, de la dualité unilatérale. Allergique au Monde plutôt que réellement séparé, le gnostique cède bien souvent à une triple tentation, respectivement : théoriciste, sectaire, angélique. Ainsi préparé le matériau chrétien s'avère lui-même double, et le non-christianisme peut célébrer l'identité en-dernière-instance, l'identité humaine du christianisme et de la gnose, de la religion et de l'hérésie.

C'est cette ultime Bonne Nouvelle qu'annonce le Christ Futur en tant que Fils de l'Homme.

2002