Il y a aussi un aspect d’invention empirique, continue et lente de cette science dans le temps de l’histoire à partir des données de la théologie et sous son autorité, mais le pari de l’ultimation comme superposition se joue d’un seul coup de dés où le sujet ne se conserve qu’à l’intérieur de son être-transformé comme vécu générique ou messianique... Le coup de dés philosophique comme jet transcendantal est remplacé par le jet ou le vecteur immanental de la messianité. C’est la matrice générique comme superposition avant-première qui jette les dés de la science et de la philosophie tels qu’ils s’additionnent quantiquement (et non arithmétiquement), c’est un geste immanental, ce qui se produit n’est pas une retombée des dés sur une table mais un jet de vecteurs messianiques dans un espace imaginaire quasi hilbertien... Dans la matrice générique, nos deux dés, la science et la théologie, ne retombent pas sur ce plan d’immanence qui serait évidemment le monde. Ils forment un vecteur messianique qui traverse le mur cosmique, s’empare des transcendances, les fait interférer et crée ainsi d’innombrables et indiscernables flux ou fonctions de guidage vécues de ces transcendances. Jamais totalisés ou enfermés par le monde-tout, par le monde-point, ils ne sont additionnés que sur le monde-écran qui se contente de les détecter sans qu’ils retombent localement ou globalement en lui.
LARUELLE, CF, 2014