LARUELLE, 2014, CF
Lexique des Termes Premiers utilisés par François Laruelle dans le cadre de la "Non-Philosophie" ou "Philosophie non-standard". Résumés ou extraits.
Affichage des articles dont le libellé est Vie. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Vie. Afficher tous les articles
mardi 18 juillet 2023
ASCENSION, Résurrection, Création
Résurrection et Ascension sont des phénomènes de matérialité et trouvent leur dernière explication dans un ascender, essence de l’acte vectorial de superposition ondulatoire qui reste le Même comme idempotent. Évidemment ce n’est pas supprimer ce qu’il y a de « miraculeux » en elles car la notion d’un ascender ondulatoire idempotent, analytique fort et synthétique faible, est tout aussi mystérieuse qu’elles, mais aussi naturelle que l’algèbre de la quantique. L’Ascension non-extatique correspond à la propriété algébrique de l’idempotence et c’est une Surrection pure, qui, comme toute loi scientifique, n’a pas en un sens d’autre justification qu’elle-même, finalement axiomatique... Pourquoi ne pas autant s’étonner de cette propriété merveilleuse de l’algèbre qui prescrit, une fois matérialisée, que toute immanence est ascendance ? que s’il y a un plan d’immanence il ascende, sans doute à cause de sa nature qui est vectoriale ou angulaire et l’assujettit à une phase ?... La Résurrection n’est pas une nouvelle création ou sa répétition, mais la toute première fois où justement il y a enfin une création dans ce monde qui ne soit pas la répétition d’une procédure mondaine ou d’un phénomène rebattu de la pensée. Les gnostiques commençaient à penser plus rigoureusement mais encore religieusement, ils pensaient la création divine comme ratée, il devait y en avoir une autre par le Christ pour enfin réussir celle qu’un Dieu défaillant avait manquée. Mais pour les gnostiques quantiques il n’y a jamais eu de création du monde ou dans le monde, c’est le monde qui est « méchant » ou « mauvais » et par voie de conséquence Dieu qui a prétendu le créer et hésite parfois à l’assumer. Mais le Christ est l’avant-première création de nouveauté et qui prend l’ordre des choses par où il faut le prendre, par la futuralité qui n’est pas dans l’ordre du temps, sinon à le hanter comme un Étranger, le seul qui vienne de plus loin que d’Élée... Quant au Tombeau, il recueille celui qui fut un vivant et qui va recevoir cette fois le vécu-sans-vie... L’Ascension à la fois emporte et abandonne le cadavre... Si l’on contracte comme indivisibles les phases du récit des Évangiles, on obtient un Christ de Schrödinger, le Ressuscité et son cadavre étant superposés. Mais l’Ascension est plus intimement encore sous la condition de la résurrection en ce qu’elle relance le vécu comme soustrait à la vie, absence qui n’est pas une idéalisation. Le Tombeau vide = 0, représente ce que nous appelons le vécu-sans-vie, délivré du sujet humain et du corps individuel. Le vécu lui-même n’est pas une généralisation qui peut être attribuée à quantité de phénomènes non-humains, il se distingue de la vie quelconque, c’est du vécu au sens générique donc humain. L’humain est vivant, sans doute, mais c’est la vie rendue humaine comme dirait Marx, et aussi la mort rendue humaine c’est-à-dire vécue. Et si le vécu matérialise l’ascender, celui-ci comme superposition est la forme même du vécu et distingue la « vie » rendue humaine ou générique des autres formes de vie. Quant à la Résurrection, elle est bien celle des « corps », manière de s’opposer à tout idéalisme grec, encore qu’il s’agisse toujours d’une lecture en fonction du monde et non de l’Ascension. Ce n’est certainement pas la séparation de l’âme-comme-Idée et du corps matériel, ni même le dédoublement d’un corps spirituel et d’un corps mondain telle une génération de fantômes ou de morts-vivants. C’est une séparation de la vie abandonnée au monde et du vécu qui lui est enlevé et superposé avec soi. Seul le vécu-sans-vie saisi par l’idempotence peut ascender ou se faire ascension. La vie est morte, le vécu est ressuscité, non pas recréé mais séparé de la-vie-la-mort.
jeudi 6 avril 2023
VIE, Pouvoir, Bio-technologie
La vie, nous ne pouvons la penser au mieux que dans des systèmes vivants, des écosystèmes qui sont encore des formes de pouvoir propres à la pensée. Des eco-logoï, comme si les logoï avaient jamais été autre chose que des systèmes vivants, les vivants autre chose que des pensées dans le cercle d’une maîtrise réciproque qui n’a pas encore porté ses fruits les plus amers, comme si un fatum ramenait invinciblement à de vieilles pensées nos tentatives les plus révolutionnaires…. Pourquoi le problème est-il devenu crucial d’un pas au-delà de la bio-technè qui est en train de naître comme celle de l’avenir ? C’est que ce nouvel et dernier a priori a ceci de particulier que le pouvoir et la vie, en des sens qui ne sont plus tout à fait les anciens, sont en train de se réconcilier sous des formes inouïes, par le même procédé que l’Homme et la machine. À la surmachine, correspond un nouveau bio-engineering qui assure le couplage infini, absolu, interminable, s’assurant et se confirmant par lui-même, de la vie-comme-pouvoir et du pouvoir-comme-vivant. Le nouveau complexe bio-politique assure la coïncidence, la simultanéité a priori – « originaire » si l’on veut mais toujours en devenir – d’une vitalité toute-puissante, intensive et s’assujettissant de plus en plus rigoureusement elle-même, et d’un pouvoir continu et ramifié comme la vie. Ainsi naît le quatrième règne de la vie, celui qui n’est ni végétal, ni animal, ni cristallin, qui n’est pas non plus un objet de science-fiction, mais qui recueille en soi la patience végétale infinie, l’agressivité animale et humaine, la croissance continue par les bords des cristaux. Projet d’une domination de soi-même qui excède en étendue, profondeur et intensité les « disciplines » micropolitiques encore un peu laborieuses. Nouvel avatar du génie bio-politique que l’humanité exerce sur elle-même, forme supérieure du racisme contre le petit racisme ordinaire, et pas seulement le racisme comme vie supérieure…
LARUELLE, 2020, NET
VIE, Philosophie, Bio-politique
Les philosophes qui ont fait de la vie l’Être et l’essence ont toujours appelé « vie » à la fois le flux, le devenir continu et auto-constituant, et une phase particulière, une coupure de ce flux. Plotin, Hegel, Nietzsche, Bergson, Husserl : la vie est le rayonnement de l’Un et une stase de ce rayonnement ; le devenir des contraires et l’un de ces contraires ; la volonté de puissance et l’un de ses modes ; l’élan vital et l’organisme qui l’enferme sur soi ; le flux de la conscience transcendantale et une détermination psycho-naturelle…. La vie est la simultanéité de l’essence et de l’existence, la matière comme hylé et, en même temps, une coupure ; une condensation, à la fois une abréviation et une extension, une déconcentration, une spatio-temporalisation de cette matière intensive. La philosophie, je ne parle pas ici de la biologie, n’a pas eu d’autres moyens de concevoir l’essence de la vie que par ce schème amphibolique qui s’inscrit dans la grande amphibolie occidentale de l’identité de l’Être et de l’étant, et qui appelle « vie » à la fois la substance des choses et l’un de ses modes. La bio-politique avoue ainsi n’avoir jamais été un projet scientifique. C’est l’ensemble des Rapports de pouvoir qui investissent et désinvestissent continûment l’analyse du vivant.
LARUELLE, 2020, NET
BIO-POLITIQUE, Vie, Pouvoir
L’explication et la manipulation de l’homme se nouent de façon constante, l’analyse technicienne des corps, qui les rend intelligibles, ne se séparant pas d’une visée de pouvoir, leur manipulation comme automates ne se distinguant pas d’un savoir qu’elle suppose et d’un savoir nouveau qu’elle produit... Cette bio-politique de l’avenir est un mode d’une synthèse plus générale, celle de la matière et de l’Idée ; synthèse d’une hylé en devenir, d’un flux matériel continu qui est l’essence du pouvoir, la puissance même du pouvoir et de la vie. La vie est l’un des « contraires » du pouvoir, mais elle lui est identique ou simultanée. Si bien que l’on peut dire indifféremment que la vie est le flux hylétique sur lequel le pouvoir n’est qu’une coupure, mais aussi que la vie au sens strict est une coupure sur un continuum de pouvoir, qu’avant d’être pouvoir sur les corps vivants il sécrète ou produit continûment des corps simultanément biologiques et politiques, qu’il inscrit la vie et ses effets dans les effets de pouvoir, que les corps ne sont pas des substrats neutres ou indifférents sur lesquels s’édifieraient « en couches » des formes de domination et des qualités institutionnelles. La vie est un moyen pour le pouvoir et réciproquement... C’est l’identification radicale, la simultanéité plutôt dans un agencement « commun », de la nature et de la production, physis et technè, de la vie et de la technique... C’est l’identité d’une simultanéité, un pur devenir, un devenir bio-politique infini des organismes et des institutions qui s’agencent ensemble pour une nouvelle constellation.
LARUELLE, 2020, NET
mardi 24 février 2009
VIE > Immanence
Comme universel philosophique, "La-vie" ne peut exprimer autre chose qu'une forme de subjectivité mondaine, donc une fausse immanence.
Le christianisme a opposé une vie mondaine et une vie céleste, propre à l'homme sauvé, mais cette dernière immanence reste prise dans la forme transcendante d'une extase ou d'une attente.
La gnose historique préserve plus radicalement la vie dans l'immanence du savoir (plutôt que de la foi), mais en projetant extérieurement l'attente (de l'autre vie) dans la transcendance chrétienne, elle en conserve la mythologie.
Enfin le non-christianisme réduit tout élément de transcendance et ne garde de la vie que l"être-en-vie" ou le "vivant", ou encore le "Vécu-sans-vie" sans consistance ontologique (immanence réelle et non transcendantale). La Vie est ce déterminé hors-monde qui cause le sujet-Christ transcendantal vivant-pour-le-Monde.
2002
Inscription à :
Articles (Atom)