jeudi 9 octobre 2008

CLONAGE > Donation

Il y a irréductiblement deux types de donné : le donné-sans-donation (le Réel) et le donné-par-donation et position (l'empirique et le philosophique) - c'est ce qui explique le clonage.

L'Un en tant qu'Un ne se divise pas, pas définition, mais il admet le seul "autre" Un qui ne soit pas issu d'une division : son clone - le clone transcendantal est l'Identité, non pas de l'Un, mais du Double (identité sans synthèse).

Le clonage transcendantal est moins mystérieux que le mystère de la Décision philosophique, qui ajoute à ce premier mystère l'arbitraire d'une division de l'Un.

1996

CLONAGE > Clone transcendantal

La théorie du clonage, découverte majeure de "Philosophie III", permet de préciser le sens de la Détermination-en-dernière-instance et de la Dualité unilatérale comme une relation en trois phases associant d’une part l'Un Réel et d’autre part un terme X transcendant.

Le premier stade est celui de la dyade philosophique comme relation auto-suffisante et négatrice du Réel-Un.

Le deuxième stade résout la contradiction entre l'immanence de la Vision-en-Un et la suffisance du calcul philosophique qui n'en veut rien savoir, par la production d'un clone du Réel-Un qui est l'"Identité transcendantale", l'essence transcendantale de la pensée. Il est soutiré au Réel pour le représenter auprès de l'occasion X empirique ou transcendante. L'Un en tant qu'Un ne se divise pas, pas définition, mais il admet le seul "autre" Un qui ne soit pas issu d'une division : son clone. Le clone transcendantal est l'Identité, non pas de l'Un, mais bien du Double (identité sans synthèse).

A partir de l'essence transcendantale, le troisième stade extrait du terme X philosophique un a priori non-philosophique, réduisant X à l'état de simple support. Il faut distinguer la "cause occasionnelle", qui est l'empirique suffisant ou spontané, de ce même empirique réduit au "support" de l'a priori.

Les quatre instances non-philosophiques apparaissent clairement désormais : 1) le Réel (ou l'Un), 2) l'Empirique (ou le Mixte), 3) le Transcendantal (ou l'Identité, ou l'en-Un), 4) l'A priori (ou Dualité unilatérale).

La Dualité unilatérale (qui n'est pas la Dyade) peut se dire des relations entre plusieurs de ces termes, mais s'applique plus justement à la relation Transcendantal/A priori. Dans la dualité unilatérale, le premier terme est dit pour le second (par exemple l'a priori pour l'empirique), mais rappelons que le Réel n'est pas lui-même le terme d'une dualité, même unilatérale.

1996

CHRIST FUTUR > Ultimatum

La proclamation du Christ futur s'entend comme un ultimatum fait par l'Homme (en tant qu'Ultimé radical) à la pensée d'avoir à assister le Monde, plutôt que d'en chercher le Sens et, faute de résultat, d'avoir à le détruire.
L'hérésie est future seulement de part sa structure minimale et unilatérale, sans but ni téléologie, tournée vers le Monde,
La nouvelle est bonne parce que dernière, ultime parce que minimale.
L'annonce de cette Dernière Bonne Nouvelle n'est rien d'autre que la pratique du Futur-Christ, une pratique "en temps réel" c'est-à-dire en-Homme.

2002

CHRIST FUTUR > Temps

Qu'elle soit attente d'un événement réel et résolutoire, comme chez les mystiques du désert, ou bien plus intériorisée comme tension et imminence chez certains philosophes, la venue du Christ est toujours conçue selon une temporalité double, précisément comme un retour.
Les hérétiques n'attendent pas le retour du Christ dans le temps pour produire le Christ Futur, d'autant que c'est le Christ qui imite l'Homme et non l'inverse.
Le temps cloné (Futur) par le temps-cause (Passé) rabat le double temps de la temporalité et de la temporalisation du côté du présent, invalide le doublet historico-historial structuré comme une métaphysique.

2002

CHRIST FUTUR > Non-Christianisme

Le Christ Futur est le sujet d'une science hérétique et « non-chrétienne » du christianisme, un organon pour une explication et une pratique nouvelles du phénomène religieux chrétien. Le non-christianisme défend et illustre un christianisme recentré sur son identité humaine radicale, condition pour qu’il cesse enfin d'être une religion-monde, autoritaire et suffisante.

Le non-christianisme réclame une cause occasionale et une cause nécessaire. La première, conjoncturelle, pourrait être indifféremment la persistance du christianisme ou au contraire son déclin, voire son éradication. La seconde, cause nécessaire mais non suffisante (justement puisqu'une cause occasionale est requise) n'est autre que l'Homme-en-personne, l'être a-religieux et non-métaphysique par excellence.

L'occasion d'un Christ Futur n’est autre que le Christ-monde comme synthèse du Christ et de l'Anté-Christ, paire infernale à laquelle on substitue la dualité unilatérale du Christ Futur et du Christ-monde.

Le Christ Futur est un nom possible du sujet en lutte contre l’Eglise – l’ancienne, idéologique, comme la nouvelle, économique -, c'est-à-dire la forme-monde en général.

2007

CHRIST FUTUR > Mystique

La généralisation/radicalisation de la foi chrétienne et du savoir gnostique, dans le cadre d’un programme non-religieux, implique la primauté de l’élément mystique sur la tradition externe et sur toute conjoncture religieuse. Toutefois un « non-christianisme » impose de prendre en considération, prioritairement, la mystique chrétienne. Par rapport à la théologie rationnelle, la mystique est comme en situation d’hérésie interne. Du point de vue non-chrétien, le matériau mystique condense (ou convertit) idéalement les données de la foi religieuse et celles de la spéculation philosophique, ainsi que leur contestation gnostique.

2002

CHRIST FUTUR > Homme

A cause de sa non-consistance, tout homme se voit cloné en sujet pour-le-monde et existe sous la forme d'un organon. Le Messie chrétien était conçu dans la transcendance pour sauver les hommes ; le Christ Futur existe en chaque homme pour sauver le Monde seulement.
Les trois états humains sont : le premier (sauf qu'il ne fait pas nombre : différence primauté/priorité) l'identifie en-Homme avant le Monde, le second est celui de son aliénation dans-le-Monde comme espérant, le troisième (vrai premier) est celui de sa priorité sur le Monde où il émerge comme Christ Futur.
Les trois instances du temps humain sont : 1) le passé radical comme temps-en-personne, qui correspond au savoir indocte de l'Homme, 2) le présent comme temps-Monde (théo-)chronologique, 3) le futur qui n'est pas la "fin des temps" mais clone du temps-Monde et émergence du sujet-Christ.
La Dernière Bonne Nouvelle ou Dernier Futur n'est pas une attente extatique car elle est purement pragmatique ; Christ-en-pratique et en-Personne, elle n'annonce qu'elle-même (quand on y pense on y est...).

2002

CHRIST FUTUR > Gnose

Pour opérer la généralisation non-religieuse du christianisme, voire son universalisation hérétique plutôt que catholique, le non-christianisme utilise entre autres matériaux celui de l'hérésie gnostique, laquelle fait valoir une triple primauté quasi non-religieuse : celle du savoir sur la foi, celle de la séparation hérétique sur l’unité ecclésiale, et surtout celle de l’Homme sur le divin. La gnose historique fait une première expérience, quoique incomplète et donc potentiellement vicieuse, de la dualité unilatérale. Allergique au Monde plutôt que réellement séparé, le gnostique cède bien souvent à une triple tentation, respectivement : théoriciste, sectaire, angélique. Ainsi préparé le matériau chrétien s'avère lui-même double, et le non-christianisme peut célébrer l'identité en-dernière-instance, l'identité humaine du christianisme et de la gnose, de la religion et de l'hérésie.

C'est cette ultime Bonne Nouvelle qu'annonce le Christ Futur en tant que Fils de l'Homme.

2002

CHRIST FUTUR > Futur

L'Homme-en-personne se distingue par son refus du Monde et du temps, si ce n'est qu'il fait corps avec le Temps-en-personne, soit ce passé radical hors du temps et hors du Monde qui définit tout humain comme vécu individual. Mais par ailleurs, l'homme est également accaparé par le présent, soumis corps et âme à la loi du temps. Le christianisme futur offre à l'homme une nouvelle expérience du temps : la possibilité d'émerger comme sujet-Futur ou sujet-Christ. La venue du Messie n'est plus projetée à la Fin des Temps, le Messie arrive littéralement (du) Futur en clonant le temps-Monde pour se manifester, tout en assumant prioritairement la primauté radicale de l'Homme sur le Monde.

C'est en ce sens que la Dernière Bonne Nouvelle ne peut finalement que s'annoncer elle-même, elle est dernière en tant que performation pure (après il n'y a plus rien), Prophétie en-personne et pratique messianique étant rigoureusement identiques.

C'est pourquoi il faut interpréter cette Dernière Bonne Nouvelle et la proclamation d'un Christ Futur comme un ultimatum, tout le contraire d'une attente extasiée ; clairement cela signifie une mise en demeure pour la pensée (notamment philosophique), au nom de l'Homme-en-personne, d’avoir à porter assistance au Monde et pas seulement de lui donner à espérer…

La foi dans le Futur et dans le Christ ne peut être qu'une pratique du Futur, à cause du Monde et à l'occasion du présent certes, mais surtout en fonction du temps réel humain qu'est le passé radical, hors de la Loi du temps et du Monde.

2002

CHRIST FUTUR > Clonage

L'Homme peut cloner un fils, non pour se sauver lui-même mais pour sauver le Monde. Le Christ Futur est ainsi le Fils de l'Homme, c'est-à-dire le sujet donné-en-Homme, plutôt que donné-en-Monde.

Le clonage en général représente un démenti de la production réciproque et un effet de la détermination-en-dernière-instance. Déterminé en-dernière-humanéité, cloné à partir de ses figures historico-mondaines, le sujet-Christ ne reforme pas avec l’Homme ni même avec Dieu une unité vicieuse ou circulaire. Dans la mystique non-chrétienne, l’axiome de la convertibilité de l’Homme et de Dieu (et en soubassement celle de l’Homme et du Monde) n’a plus cours.

Le sujet-Christ ne se fait pas lui-même Un, il reçoit son unition mystique de l’Homme comme Uni-sans-unition (présupposé-Un). Dépourvu de transcendance, incapable de mimesis, l’Homme ne « sort » pas de son Vision-en-Un ; c’est pourquoi le clonage du sujet-Christ comme Fils de l’Homme a valeur de Mission auprès du Monde.

2007

CHRIST FUTUR > Assistance

Le sujet est cloné pour faire face au Monde et pour lui porter assistance, non pas sur le mode d’un face-à-face réciproque et duel mais sur le mode d’un en-face indivi-duel, propriété qu’il tient du sans-face de l’Homme-en-personne et grâce auquel il ne peut se tourner que vers le Monde.

La messianité du sujet est donnée par la nudité, la non-intentionnalité radicale de l’Homme-en-personne.

Cette structure unifaciale du sujet change le statut de la messianité : l’assistance pratique pour un nouvel usage du Monde remplace la recherche d’une béatitude ou l’annonce d’une parousie.

L’enjeu est de délivrer le Monde de son hallucination de la jouissance de Dieu comme du réel et de rendre la créature étrangère pour Dieu, c’est-à-dire pour son propre usage du Dieu-Monde.

2007

CAUSE > Science

La science n'a pas de fondement philosophique, parce qu'elle a une cause, une cause par immanence. La cause par définition reste en soi ou Une, il n'y a de cause réelle qu'immanente. Tandis qu'un fondement est toujours le résultat d'une décision, voire d'une auto-justificaton.

Non seulement la science pense, mais elle pense tout ce qu'il y a à penser du réel – à la différence de la philosophie qui évite le réel. Bien sûr elle le fait sur son mode propre, théorique, voire automatique. La Science-du-Réel pense celui-ci comme il est, c'est-à-dire comme cause et non comme objet. Donc elle ne le connaît pas directement, mais par ses effets ; la science connaît le réel seulement à travers les objets qu'elle se donne.

1991