mardi 22 février 2011

MARXISME > Conjoncture

Le marxisme, une doctrine qui a échoué ? Il n'est pas question de laisser aux déserteurs (du marxisme ou de la pensée en général), ni inversement aux tenants du "retour", le soin de commenter le supposé échec du marxisme. La bonne démarche ne doit pas être de fuir le marxisme mais d'aller vers lui, et l'assumer dans une posture susceptible de donner l'explication de cet échec comme d'une nouvelle conjoncture. Les échecs du marxisme sont multiples, hétérogènes et incommensurables. Un échec de type scientifique ? En fonction du critère de Popper, l'hypothèse de son universalité aurait été contredite expérimentalement et infirmée, mais pour cette raison même elle conserverait sa positivité scientifique et ne serait pas la sanction d'une thèse métaphysique sur l'histoire. Un échec de type philosophique ? S'il y a une obsolescence philosophique du marxisme, elle n'a pas plus de validité que l'obsolescence continue des décisions philosophiques qui forment la tradition. Comme philosophie, le marxisme n'a pas d'objet, sinon l'Etre (comme matière), mais il veut aussi intervenir dans l'histoire qu'il ne fait que transcender ; c'est pourquoi l'échec était inévitable, mais ce n'est pas l'échec qui est mauvais, c'est la croyance qu'une philosophie particulière (le matérialisme dialectique) était la philosophie pour le prolétariat et donc pour l'homme. Or le marxisme n'est ni une science ni une philosophie séparées, mais l'unité des deux sur le mode encore divisé de la philosophie.

Pour nous la conjoncture adéquate est le marxisme inséparable de son échec autant qu'irréductible à lui : son échec supposé cesse d'être une simple supposition pour acquérir la réalité d'une conjoncture universelle. C'est donc notre conception mondaine de la conjoncture comme "historique" que nous devons transformer par une conjoncture qui ait la forme du Monde. Peut-être l'échec du marxisme est-il plus profond que son seul passage à l'acte ou au réel de l'histoire, peut-être y a-t-il un échec plus profond qui relève d'une illusion transcendantale propre à ce genre de théories encore dominées par la philosophie ? Le concept strictement marxiste de la conjoncture (lui-même historiciste, par exemple l'argument d'une "nouvelle donne capitaliste") ne peut expliquer l'échec. Il importe de forger un concept nouveau de la conjoncture, non plus comme simple accident ou présent historique mais comme mode de la pensée-monde, capable de servir de matériau non-historique, lui-même universel, au non-marxisme. Co-existant avec l'horizon du marxisme, lui co-appartenant, l'échec remplit alors une nouvelle fonction dite "occasionnale", non de simple occasion historique pour "renouveler" le marxisme à la manière des néo-marxistes, mais de causalité théorique ou d'invention d'un non-marxisme, d'une répétition-sans-retour.

La nouvelle occasionnalité définie est davantage qu'une simple opportunité (révision, refonte, etc.) : il ne s'agit plus d'intervenir (sur) mais d'inventer (à partir de). Il faut une découverte "inactuelle" (un Réel non-matériel et non-historique) pour faire apparaître son actualité future, à inventer. On ordonnera l'ensemble du matérialisme historique et dialectique non pas directement à cette nouvelle infrastructure mais à une théorie selon celle-ci et qui usera du marxisme comme d'un matériau de symptômes et de modèles restreints pour l'élaboration de ses propres catégories. Le marxisme est une théorie universelle du Monde, mais avortée, encore sous l'emprise d'une téléologie philosophique ; le problème de sa radicalisation sera d'isoler ce noyau d'universalité symptômale.  (2000)

mardi 11 janvier 2011

MATERIALISME > Réel

Comme matérialisme le marxisme renvoie la philosophie à l'état de position idéaliste, mais il le fait en la présupposant encore et la rejoignant par son usage de la dialectique. Ses opérations restent philosophiques (et donc idéalistes), même si le présupposé du Réel est acquis face à la transcendance de la superstructure. Mais d'un côté le Réel comme matière ou base immanente n'est pas l'immanence radicale, de l'autre la conscience et la superstructure n'épuisent pas toute transcendance. Le marxisme ne peut donc effectuer la théorie complète de la philosophie, ni objectiver les conditions corolaires d'un capitalisme vraiment universel - d'où son échec face à celui-ci. Explicitons. En non-marxisme, la position matérialiste ne peut être que le symptôme d'une immanence réelle non positionnelle de soi, c'est-à-dire non prélevée sur la positionnalité philosophique. C'est l'immanence de l'identité comme telle et non celle de l'individu concret (vivant, travaillant). Elle conditionne une transcendance large, une aliénation mondaine économico-philosophique, dont la conscience n'est qu'une figure symptomatique réduite : entre deux, intervient une causalité de l'identité réelle dont la "causalité-en-dernière-instance" des marxiste n'est elle-même qu'un symptôme limité. (2000)

NON-MARXISME > Marxisme

Avec le non-marxisme, il ne s'agit pas de proposer une nouvelle interprétation du marxisme ou d'y ajouter un nième amendement ; il s'agit au contraire de retirer au marxisme ses postulats philosophiques, l'appauvrir philosophiquement. La prolétarisation du marxisme n'a pas encore eu lieu, à cause même de ses divers amendements philosophiques. Seule une pratique (théorique) non-marxiste peut nous éviter le cercle (théoriciste) d'un marxisme appliqué à lui-même. Le projet est de mettre en évidence un noyau non-marxiste universel pour le marxisme et à partir de lui, comme matériau, symptôme et modèle. Cette universalisation porte autant sur son objet (le capitalisme et ses conditions philosophiques) que sur lui-même en tant que science et philosophie, ou théorie et pratique. Cet objet, le marxisme lui suppose toujours une certaine universalité, mais liée à l'histoire (le "monde moderne", par ex.) ; le non-marxisme le transforme en Monde au sens le plus universel : il comprend désormais le capitalisme et ses modes de fonctionnement (la contractualité par exemple) plus l'ensemble, structuré en essence, de ses conditions philosophiques. Le capitalisme universel se soutient désormais de l'Idée même de la philosophie. Sa forme de pensée apparaît ensuite comme identiquement scientifique et philosophique. Dans le marxisme cette identité reste dialectique et donc philosophique (y compris sous sa forme maoiste : contradiction principal/secondaire) puisque la philosophie y apparaît deux fois, comme terme de la synthèse et comme synthèse. Tandis que le non-marxisme est une théorie unifiée (et non unitaire) du marxisme et de la philosophie, unifiant les moyens théoriques (scientifiques) et philosophiques depuis une identité réelle comme cause-par-immanence, et sous l'égide d'une logique spécifique non-dialectique : la détermination-en-dernière-instance. (2000)

mardi 14 décembre 2010

Bibliographie de François Laruelle


THESE DE 3è CYCLE : "Les données immédiates de la manifestation. Essai sur Ravaisson". Doctorat de 3è cycle, sous la direction de Clémence Rammoux, Paris X, 1969

THESE DE DOCTORAT D'ETAT : "Économie générale des effets d'être". Sous la direction de Paul Ricoeur, 1975
Nouvelle version abrégée : "Au-delà de l'Idée".



LIVRES



PHILOSOPHIE I

1971 - Phénomène et différence. Essai sur l'ontologie de Ravaisson, Paris, Kincksieck
1976 - Machines textuelles. Déconstruction et libido d'écriture, Paris, Seuil
1977 - Nietzsche contre Heidegger. Thèses pour une politique nietzschéenne, Paris, Payot
1977 - Le déclin de l'écriture, Paris, Aubier-Flammarion
1978 - Au-delà du principe de pouvoir, Paris, Payot


PHILOSOPHIE II

1981 - Le principe de minorité, Paris, Aubier Montaigne
1983-1985 - Pourquoi pas la philosophie ? (I : Descartes, mission terminée, retour impossible ; II : Les crimes de l'histoire de la philosophie ; III Théorie de la décision philosophique ; IV : Le philosophe sans qualités ; V : Le mystique, le pratique, l'ordinaire ; VI : Métaphysique du futur, Paris, Cahiers édités par l'auteur.
1985 - Une biographie de l'homme ordinaire. Des Autorités et des Minorités, Paris, PUF
1986 - Les philosophies de la différence. Introduction critique, Paris, PUF
1989 - Philosophie et non-philosophie, Liège-bruxelles, Mardaga
1991 - En tant qu'un. La "non-philosophie" expliquée aux philosophes, Paris, Aubier
1992 - Théorie des identités. Fractalité généralisée et philosophie artificielle, Paris, PUF


PHILOSOPHIE III

1995 - Théorie des Etrangers. Science des hommes, démocratie, non-psychanalyse, Paris, Kimé
1996 - Principes de la non-philosophie, Paris, PUF
1997 - L'hypothèse non-borgésienne. Essai sur le livre et la bibliothèque (en allemand), Stuttgart, Jutta Legueil
1998 - Dictionnaire de la non-philosophie (& collaborateurs), Paris, Kimé
2000 - Ethique de l'Etranger, Paris, Kimé
2000 - Introduction au Non-Marxisme, Paris, PUF


PHILOSOPHIE IV

2002 - Le Christ futur, une leçon d'hérésie, Paris, Exils
2003 - L'ultime honneur des intellectuels, Paris, Textuel
2004 - La Lutte et l'Utopie à la fin des temps philosophiques, Paris, Kimé
2007 - Mystique non-philosophique à l’usage des contemporains, Paris, L'Harmatan (coll. Nous, les sans-philosophie)


PHILOSOPHIE V

2008 - Introduction aux sciences génériques, Paris, Ed. Petra (coll. Transphilosophiques)
2010 - Philosophie non-standard, Kimé (bibliothèque de Non-philosophie)
2011 - Le concept de non-photographie / The concept of non-photography  (Urbanomic / Sequence Press)
2011 - Anti-Badiou. Sur l'introduction du maoïsme dans la philosophieKimé (bibliothèque de Non-philosophie)
2012 - Théorie générale des victimes, Fayard/Mille et une Nuits
2014 - Christo-fiction. Les ruines d'Athènes et de Jérusalem, Fayard
2015 - En dernière-humanité. La nouvelle science écologique, Editions du Cerf
2019 - Théologie clandestine pour les sans-religion. Une confession de foi du non-philosophe, Kimé
2019 - Tétralogos. Un opéra de philosophies, Editions du Cerf
2020 - Le Nouvel esprit technologique, Les Belles lettres, coll. L'Âne d'or




ARTICLES



1973
- Le texte quatrième. L'événement textuel comme simulacre (L'Arc n°54)
1975
- Le style di-phallique de Jacques Derrida (Critique n°334)

1976
- La scène du vomi ou comment ça se détraque en philosophie (Critique n°347)

1978
- Pour une linguistique active (la notion de phonèse) (Revue philosophique de la France et de l'Etranger n°103)

1979
- La transvaluation de la méthode transcendantale (Bulletin de la société française de Philosophie n°73)
- Edmond Jabès ou le devenir juif (Critique n° 385-386)

1980
- Irrécusable, irrecevable (in Textes pour E. Levinas, F. Laruelle Ed., Paris, JM Place, 1980)
- Au-delà du pouvoir (ibid.)
- Homo ex machina. Comment on devient homme-machine (Revue philosophique de la France et de l'Etranger n°105 ou 170)

1981
- Réflexions sur le sens de la finitude dans la "Critique de la raison pure" (Revue internationale de Philosophie n°136-137)
- Du monde comme méthode (colloque Merleau-Ponty, mai 1981 à Paris, paru in "Merleau-Ponty, le psychique et le corporel", Aubier-Montaigne, 1988)

1982
- Comment "sortir" de Heidegger et de la différence en général (Exercice de la patience n°3-4)
- Projet d'une philosophie du Livre (Obsidiane n°5)
- Anti-Hermès (Colloque "Gadamer et l'Herméneutique", par chez W. Fink, Coll. UTB, in "Text und Interpretation", Ph. Forget Ed.)

1983
- Une nouvelle pensée plutôt qu'une nouvelle mythologie (Colloque "Avons-nous besoin d'une nouvelle mythologie?")
- Descartes, mission terminée, retour impossible (Pourquoi pas la philosophie ? n°1, avril)
- Etho-techno-logie : de l'éthique en milieu technologique intense (Annales de l'Institut de Philosophie et de Sciences morales, Bruxelles, 83)
- Le renversement pédagogique et l'inenseignable (in "Les crimes de la philosophie", Recherches n°49)
- Les crimes de l'histoire de la philosophie, (Pourquoi pas la philosophie ? n°2, octobre)

1984
- Réflexions philosophiques sur l'oeuvre d'August V. Briesen (Paris, Fondation Brandenburg-Neumark)
- Théorie de la Décision philosophique (Pourquoi pas la philosophie ? n°3 fevrier)
- Le philosophe sans qualités (Pourquoi pas la philosophie ? n°4, octobre)
- Programme pour une critique de la Raison technologique (CIPH, résumés 1984-85)

1985
- Le Mystique, le Pratique, l'Ordinaire (Pourquoi pas la philosophie ? n° 5)
- Métaphysique du futur (Pourquoi pas la philosophie ? n° 6, octobre)
- Rapport pour le programme STS du CNRS : "Logique philosophique et logique technologique" (avec G. Hottois et A.F. Schmid)

1986
- Pour introduire à l'inenseignable (la Critique de la Raison pédagogique) (in La grève des philosophes, Osiris)
- Questions écrites à Alain Renaut (Bulletin de la société française de philosophie n°122-123)
- Entretiens avec J.D. Wagneur (in Roman n°14, Paris, Les Presses de la Renaissance) (repris dans En tant qu'Un)
- Une fiction non-thétique (in Des Arts n° 3-4) (repris dans Philosophie et Non-Philosophie)

1987
- La vérité selon Hermès. Théorèmes sur le secret et la communication (Analecta Husserliana n°22, Londres)
- Qui sont les Minorités et comment les penser ? (in Etudes polémologiques n° 43, Paris)
- Discussion entre F. Laruelle et X.Q. Bui (in Cahiers universitaires catholiques, n°6)
- La philosophie devant l'intelligence artificielle (Le Cahier du CIPH n°3)
- Pour une science de la décision philosophique (Le Cahier du CIPH n°4)
- Réponse à Serge Valdinoci et P.-J. Labarrière (Le Cahier du CIPH n°4)
- Programme (La décision philosophique (=DP) n°1)
- Théorèmes de la Bonne Nouvelle (DP1)
- Variation sur un thème de Heideggez (DP1)
- L'essence de la science : une description non-épistémologique (DP3)
- Biographie de Solitude (DP3)
- Abrégé d'une science humaine de la philosophie (DP3)
- Octonaire de la suffisance philosophique (DP3)
- Exercice sur Péguy : " une philosophie qui ne vient pas faute éternellement " (DP3)

1988
- Lettre à J. Proust (Bulletin de la société française de Philosophie n°82)
- Les deux sources de l'éthique en régime technologique (in Aspects éthiques de la philosophie de la technique, Ed. de l'ULB, Bruxelles, 88)
- Pour une critique réelle de la raison pédagogique (CIPH n)5)
- Pour une philosophie artificielle (in Mélanges offerts à Alain Robinet, Ed. de l'ULB, Bruxelles 88) (repris dans Théorie des étrangers)
- Sur la possibilité d'une déconstruction "non-heideggerienne"
- Introduction à la vision-en-Un (DP5)
- Controverse sur la possibilité d'une science de la philosophie (avec Derrida) (Forum du CIPH)
- Lettre à Deleuze (DP5)
- Du noir univers dans les fondations humaines de la couleur (DP5)
- Variations sur Leibniz (DP5)
- Lettre ouverte aux professeurs de philosophie (avec S. Valdinoci) (DP5)

1989
- De la révolution dans les simples limites de la science (CIPH n°7)
- Le concept d'analyse généralisée ou de "non-analyse" (Revue internationale de Philosophie n°43)
- L'ange de l'analyse et la simple humanité (in Les Etudes philosophiques)
- La No-Filosopfia de lo Uno. Dialogo con F. Laruelle, avec Humberto Giannini, Carlos Ruiz, Miguel Vicuna (in Numero Quebrado n°2, Chile)
- La méthode transcendantale (in L'univers Philosophique, PUF)
- Marges et limites de la philosophie (in L'univers philosophique, PUF)
- L'unité de l'homme et de la science (DP7)
- La liberté du penseur et la communication universelle (DP7)
- Ce que l'Un voir dans l'Un (DP7)
- Prolégomènes à toute science future qui se présenterait comme humaine (DP9)
- Débat avec Luc Ferry (DP9)
- Biographie de l'Oeil (DP9)
- Mon Parménide (DP9)
- Le point sur l'Un (in Ecrire le livre autour d'Edmond Jabès, Champ Vallon)

1990
- La cause de l'homme : juste un individu (Analecta Husserliana n°29)
- L'ancienne et la nouvelle attente (in Hommages à E. Jabès, Ed. du CNL)
- De la non-photographie (Ed. par Ciro bruni, Ed. du Germs)
- La science des phénomènes et la critique de la décision phénomènologique (DP9)

1991
- L'Appel et le Phénomène (Revue de métaphysique et de morale, 1, 1991)
- Cet invisible objet. Entretien avec F. Laruelle (Ph. Petit, in La fidélité, Autrement, série Morales n°1)
- Communauté philosophique, communauté scientifique (in La communauté en paroles, Pierre Mardaga ed.)
- Vers une théorie de la fractalité généralisée (in Ligeia n°9/10)

1993
- Le concept d'une éthique ordinaire ou fondée dans l'homme (CIPH, Paris, Rue Descartes n°7)
- Fragments of an Anti-Guattari (in Long News in the Short Century, New-York, Long News)
- Essai de traduction "non-philosophique" d'un texte de Leibniz (in Où en est la philosophie ?, Wavre-Limal, Belgique, Edifie L.L.N.)
- Chorégraphie première, ou l'essence-de-danse (in Danse et pensée, Paris, GERMS)
- Préface à Sion Elbaz (Prélude au compromis : philosopher sans gravité, Paris, Kimé)

1994
- Cet invisible objet (in La fidélité, Un horizon, un échange, une mémoire, Paris, Ed. Autrement, coord. Cécile Wajsbrot)
- Préface au livre de Elbaz Sion, Prélude au compromis : philosopher sans gravité (Kimé, 1994)

1995
- Badiou et la non-philosophie : un parallèle ((pseudo - Tristan Aguilar), in La non-philosophie des contemporains, Kimé)
- Réponse à Deleuze (in La non-philosophie des contemporains (id.))
- Théorème sur l'idiome de l'Un (in Archipel n° 10, 1995)
- No-Filosofia, o la Democracia en el Pensar (in Idea e valores, Revista colombiana de filosopfia, Santafe de Bogota, Colombia)

1997
- Qu'est-ce que la non-philosophie ? (préface au livre de J.-D. Blanco, Initiation à la pensée de F. Laruelle, L'Harmattan)
- L'universalité du régional (in Annales de l'Institut international de sociologie, Trieste, New series, vol. VI)

1998
- De la non-philosophie comme hérésie (in Discipline hérétique, Kimé)
- La Méditerranée comme problème épistémologique (in Aire régionale Méditerranée, Paris, UNESCO)
- Suprematia metafizicii (in Intre Wittgenstein si Heidegger, Valentin Muressan, Bucuresti, Editura Alternative)

1999
- Abrégé de la non-philosophie (texte en ligne, site "non-philosophie.com")
- Un Nuevo pensamiento mas que una nueva mitologia (in Diosa Episteme, Santa Fe, Arg., Circulo de Epistemologia de Rosario, VI- 5)
- The Decline of materialism in the Name of Matter (Warwick, The Warwick Journal of Philosophy, vol. 12 - Extrait de Principe de minorité)
- L'Utopie négative de l'art futur (Colloque du GERMS, Venise)
- Entretien avec F. Laruelle, non-philosophe (Bastien Gallet, in Musica Falsa n°13, Paris)

2000
- Entretien avec Gilles Grelet et Alexandre Wong (Cahiers de la torpille n°4, ed. Kimé)
- Alien-sans-aliénation. Programme pour une philo-fiction (in Gilbert Hottois(ed) Philosophie et science-fictio, Vrin)
- Entretien avec François Laruelle, non-philosophe (propos recueillis par Bastien Gallet in Musica Falsa, n°13, hiver 2000)

2001
- Une théorie de l'altérité est-elle possible? (colloque "L'altérité hier et aujourd'hui, U. Rennes1)

2002
- Théorie de l'otage : les 3 concepts de l'otage (Editions Hyx)

2003
- L’artiste futur. D’un art qui n’aura pas eu lieu, Anachronisme et intempestivité: face au temps, www.post-scriptum.org (n°2, 2003). (texte en ligne)
- Parricide. Ou comment Saint-Gilles à l'Épée rectifie la non-philosophie (site ONPhI)

2004
- L'Identité sexuée (avec A.-F. Schmid, in Identities: Journal for Politics, Gender and Culture Vol. 2, No. 3 - www.identities.org.mk )
- Nouvelle présentation de la non-philosophie (Colloque de Londres, site Onphi)

2005
- L'utopie de la non-analyse (Revue philosophique 2005 - Tome 130 - N° 2 - L'Altérité)
- L'ordinateur transcendantal : une utopie philosophique (in Homo ex machina, Collectif, l'Harmattan, 2005)
- Obscénité de la philosophie (in Théorie-rébellion. Un ultimatum, Collectif, l'Harmattan, 2005)
- Discipline, tranchant, rigueur, leur conversion non-philosophique (Lettre non-philosophique du 25 Janvier 2005, site Onphi)
- Les invariants gnostiques et leur apport à la non-philosophie (Lettre non-philosophique du 14 Février 2006)

2006
- Résistance ou Affectivité — comment le monde est donné (Lettre non-philosophique du 24 Mars 2006)
- Les trois ordres de la pensée (Lettre non-philosophique du 18 Avril 2006. Site Onphi)
- La « solution finale » et la consommation du Mal (Lettre non-philosophique du 23 Juin 2006. Site Onphi)
- Décadence, Survie et Clandestinité de la non-philosophie (Lettre non-philosophique du 11 Septembre 2006. Site Onphi)
- Déconstruction et Non-philosophie (Lettre non-philosophique du 09 novembre 2006. Site Onphi)

2007
- Principes de messianique (Individu, Homme, Sujet) (Lettre non-philosophique du 12 janvier 2007. Site Onphi)
- Une généalogie parricide (non-philosophie et psychanalyse (Lettre non-philosophique du 27 février 2007 - Site Onphi
- Du Principe de Sécurité (PS) à la Défense générique (in Fabriques de l'insécurité, F. Laruelle éd., L'harmattan, coll. Nous les sans-philosophie, 2007)
- Les trois journalismes (transcendant, transcendantal, générique) (Lettre non-philosophique du 8 septembre 2007, Onphi)
- Tentative de biographie dans le style cardio-vasculaire (Lettre non-philosophique du 14 novembre 2007, Onphi)

2008
- Enfin le fondement générique d'une science de la philosophie (Lettre non-philosophique du 09 février 2008, Onphi)
- Le connecteur ET…Et…Etc. et le générique (La lettre non-philosophique de François Laruelle du 1er avril 2008, Onphi)
- L'impossible fondation d'une écologie de l'océan (Lettre Non-Philosophique de François Laruelle du 07 Mai 2008, Onphi)
- Pour un Dernier Évangile Apocryphe (Lettre Non-Philosophique de François Laruelle du 26 juin 2008, Onphi)
- Quelle science est la non-philosophie ? (Lettre Non-Philosophique de François Laruelle, novembre 2008)
- Pour une science non-politique du pouvoir (Revue de métaphysique et de morale n°60)

2009
- Le Spectre de la non-philosophie (Lettre Non-Philosophique de François Laruelle, mai 2009, Onphi)

2010
- Le code de la non-philosophie (Lettre Non-Philosophique de François Laruelle, février 2010)
- Le tsunami et le mythe du poisson-eau (revue Philo-fictions n°2, avril 2010)
- La fondation de la philosophie dans le ressentiment et sa purgation (Lettre Non-Philosophique de François Laruelle, août 2010)
- Le désespoir de la philosophie et la chute de la philosophie première (Lettre Non-Philosophique de François Laruelle, septembre 2010)

2015
- Entretien avec Vincent Citot et Axel Peltier (Le philosophoire n°43)




DIRECTIONS D'OUVRAGES


Avec Gilles Grelet, dans la collection "Nous, les sans-philosophies" aux éditions L’Harmattan : 

Homo ex machina (2005)
Mystique non-philosophique à l’usage des contemporains (2007)
Fabriques de l’insécurité (2007)



TRADUCTIONS EN LANGUES ETRANGERES

  • Future Christ: A Lesson in Heresy, trad. Anthony Paul Smith, Continuum, 2010 (to be reed. Bloomsbury Academic, 2019)
  • Philosophies of Difference: A critical Introduction to Non-Philosophy, trad. Rocco Gangle, Continuum, 2010
  • The Non-Philosophy Project, Telos Press, 2012
  • From Decision to Heresy: Experiments in Non-standard Thought, trad. divers, Urbanomics, 2012.
  • Struggle and Utopia at the End Times of Philosophy, trad. Drew S. Burk et Anthony Paul Smith, Univocal, 2012
  • Anti-Badiou: The Introduction of Maoism into Philosophy, trad. Robin Mackay, Continuum, 2013
  • Dictionary of Non-Philosophy, trad. Taylor Adkins, Univocal Publishing LLC, 2013
  • Philosophy and Non-Philosophy, tard. Taylor Adkins, Univocal Publishing LLC, 2013
  • Principles of Non-Philosophy, trad. Nicola Rubczak et Anthony Paul Smith, Bloomsbury, 2013
  • Non-Photographie - Photo-Fiktion, Merve, 2014
  • Intellectuals and Power, trad. Anthony Paul Smith, Polity, 2014
  • Introduction to Non-Marxism, trad. Anthony Paul Smith, Univocal Publishing, 2014
  • General Theory of Victims, trad. Jessie Hock et Alex Dubilet, Polity, 2015
  • Christo-Fiction: The Ruins of Athens and Jerusalem, trad. Robin Mackay, Columbia University Press, 2015
  • Theory of Identities, trad. Alyosha Edlebi, Columbia University Press, 2016
  • A Biography of Ordinary Man: On Authorities and Minorities, trad. anonyme, Polity, 2017
  • The Last Humanity: A New Ecological Science, Bloomsbury Academic, 2018


jeudi 12 août 2010

HOMME-EN-PERSONNE > Evénement

Le générique n'est pas opposé à l'événement, il est la condition négative et non-suffisante de l'événement-occasion, qui n'est pas pris ici comme un absolu. Il n'y a donc pas de fidélité à l'événement, seulement à l'Homme-en-personne en-dernière-instance. C'est bien l'Homme qui détermine l'usage de l'événement par un sujet pour transformer le monde. Il est le Vrai-sans-vérité, ce défaut radical d'absolu, qui peut produire du savoir et des effets de vérité sur la base du matériau mixte de la philosophie et des sciences. Fidélité forcée à l'Homme comme Dernière Instance qui sous-vient comme Dernière Chance…

2008

HOMME-EN-PERSONNE > Générique

L'Homme-en-personne est une identité non représentable et non identifiable, sinon à titre de symptôme dans la philosophie. L'Homme-en-personne n'est jamais entré dans la philosophie et n'a donc pas à en sortir. Mais pour le sujet-Etranger opérant en "milieu" philosophique, le générique apporte justement une méthode et un mode d'accès immanent à la philosophie, sans aucune redondance auto-contemplative (la "foi en la philosophie"), donnée et transformée maintenant sous la forme d'un tout simple et identifiable : la philosophabilité.
L'Homme-en-personne est un Invisible qui s'imprésente sous la forme d'un a priori et investit le monde par son non-agir. Il fait irruption comme messianité dans la représentation philosophique qu'il utilise comme occasion, et la change en symptôme, matériau et modèles, pour d'autres présentations.

2008

MATERIALISME > Générique

Le Deux en tant que rapporté à la multiplicité de l'expérience constitue déjà une base générique (a priori, mais non transcendantale) pour la philosophie, même si dans sa démarche avant tout auto-réflexive, elle la réduit à une fonction secondaire. Seul le matérialisme gnoséologique reconnaît l'importance de cette base : primat du Deux dans l'ordre de la connaissance, soumis toutefois au primat de l'Un de la matière.
L'un des pièges du matérialisme, dans la mesure où il vise aussi le générique, est de le confondre avec un spécifique supposé fondamental, et donc de ne pouvoir se passer d'ontologie.
Le matérialisme prélève son "générique" sur des classes ou des ensembles pré-formées, ou des modèles quasi-organiques (les "machines désirantes" par exemple) qu'il reverse immanquablement dans le Tout philosophique (le "Désir", etc.). Le matérialisme assume pleinement les ambitions et la suffisance de la philosophie, mais en se positionnant depuis une dualité quasi-unilatérale (transcendante et donc réversible). Tandis que le générique non-philosophique dispose de nouvelles frontières, qui ne sont plus faites de sutures mais de dualités unilatérales ou de clonages. Une science générique doit éviter en priorité toute forme de suture à l'ontologie (fût-elle mathématique), elle ne détermine qu'indirectement, et sur la base d'une forclusion radicale, la suture entre le générique et la transcendance philosophique.

2008

GENERIQUE > Philosophie

Le générique repose sur une autonomie relative du Deux par rapport à l'Un synthétique
Dans l'idéalisme comme dans le matérialisme, la triangularité (Un + Deux) est de rigueur. La philosophie d'essence unitaire, c'est l'éternel cercle de l'unité et de la dualité, alors que la non-philosophie ou la pensée générique est d'essence duale.
En philosophie, le genre n'est qu'un universel "concret", comme le "genre humain", mais toujours englobé par le Tout philosophique. Le Tout philosophique est un cercle dédoublé/redoublé subtil et envahissant, comme doublet réel-transcendantal d'abord, puis comme doublet empirico-transcendantal.
Si la déduction de l'a priori générique s'opère depuis le Vécu réel, elle commence pour une part avec l'expérience philosophique. Le genre "en-personne" se retrouve derrière la dualité philosophique du Un-Deux, à condition de la rendre unilatérale, sans troisième terme.

2008

vendredi 18 juin 2010

HOMME GENERIQUE > Ego transcendantal

L'homme générique est la réponse déjà avancée au dépeçage post-moderne de l'humain.
Bien sûr la philosophie s'est emparée du concept de générique. Mais l'homme générique de Feuerbach est encore un artefact hégélien, une version anthropologique idéaliste du genre.
Michel Henry a critiqué l'idéalisme de la conception feuerbachienne, mais au nom de l'"individu vivant" (à la suite de Marx) ou de l'"Ego transcendantal" (à la suite de Husserl) il ne fait que se réfugier dans une ultime transcendance négative. Il fallait reprendre l'intuition marxiste d'une suspension globale de la philosophie mais cette fois au nom de l'Homme-en-personne comme Vécu-sans-vie. L'Ego transcendantal s'inscrit dans une dualité philosophique (réel/idéal) et souffre d'abstraction, méconnaissant la structure synthétique complexe de la philosophie, niant à la fois sa forme-Tout et son identité a priori. Une critique du genre philosophique n'est pas quitte avec la philosophie, en soi plus universelle et plus efficace que le genre.

2008

POSTURE > Position

Non seulement le "genre humain" n'est déterminé que par les attributs qu'il se donne, mais il n'y a pas d'autre genre que l'humain…
Le genre humain est d'essence posturale, non positionnelle (biologique par exemple). Une position est un acte ontologique divisé, subjectif-objectif et en réalité auto-positionnel, tandis qu'une posture est une identité non identifiable et indivisible. La posture n'est pas une décision auto-centrée mais un accès-à unilatéral ou un jet- simple qui ne (re-)jette rien (de soi).
Une position est un processus qui se reconduit sans cesse en développant des effets d'interprétation ; une posture se tient en un seul terme qui est l'Homme mais s'avère capable de produire des effets de transformation.
L'immanence posturale développe une "force faible" qui ne s'incline jamais devant le Monde mais qui au contraire force le Tout philosophique à se décliner hors de soi.

2008

SUJET > A priori

Le sujet non-épistémologique relève par essence de la constante génétique et par occasion de la suffisance épistémologique, il met en non-rapport les deux. Pour dissoudre efficacement la suffisance philosophique, la dualyse vise l'ultime niveau du transcendantal considéré comme symptôme unitaire et elle lui substitue une identité radicale. L'action du sujet consiste donc à défaire l'unité transcendantale comme structure circulaire dominante, pour la réduire à un a priori "immanental" sous forme de dualité simple et sans synthèse. On obtient en fait deux dualités sans synthèse : d'abord celle du sujet dans son essence et de l'a priori immanental, ensuite celle de l'a priori comme organon du sujet et de la philosophie dans son état de suffisance.

2008

HOMME-EN-PERSONNE > Forclusion

Forclusion et refoulement : le vécu idempotent de l'Homme-en-personne n'enregistre pas l'unilatéral (ou le sujet) comme son essence, il lui est radicalement forclos ; mais il se sert de l'unilatéral comme d'une fonction d'altérité pour refouler toute transcendance suffisante (par exemple épistémologique). Le Vécu idempotent manque de manière radicale, non par retrait ou soustraction, mais pour cause d'immanence ou d'invisibilité. C'est pourquoi l'Homme-en-homme vit en Un ou clandestinement.
L'homme en-personne est séparé par immanence, il ne s'auto-soustrait pas par décision.
En-personne, l'homme est un sans-rapport, mais il n'est pas
sans-rapport du tout au monde : parlons plutôt d'un non-rapport avec apport du monde (comme philosophable). En tant que pré-donné ou anté-supposé, il se donne effectivement la philosophie.

2008