mardi 14 octobre 2008

CRIME > Culpabilité

La distinction entre la culpabilité et la responsabilité doit être établie rigoureusement, d'après la dualité unilatérale propre à l'humain, sous peine d'absoudre le crime en généralisant tantôt l'une tantôt l'autre. La culpabilité se dit de la causalité criminelle : c'est la victime qui incrimine l'agent ou l'auteur, dont l'agression correspond à une hallucination de l'Homme-en-personne dans le Monde et implique la tentative de l'éliminer. La responsabilité se dit de la participation mondaine, de l'agent comme éventuellement de la victime, mais celle-ci détermine d'abord en-dernière-cause l'identité du crime.

2002

samedi 11 octobre 2008

COGITO > Ego

Les critiques philosophiques du cogito ne font que reprendre, en la déplaçant et en l'allégeant métaphysiquement, l'amphibologie qui constitue sa matrice initiale. Enumérons cinq niveaux dans l'énoncé du cogito pouvant être considérés comme autant de phases de son auto-critique.
1° Le stade classiquement cartésien de l'énoncé lui-même, valant comme résultat mais aussi critique d'un cogito déjà énoncé dans l'histoire (St Augustin).
2° Le stade de l'acte effectif de penser : l'acte comme transsubstantiation idéelle ou formelle de la substance matérielle (Aristote, et même Descartes, interprété comme auto-position du Moi notamment par Fichte.
3° Le stade de l'énonciation, ou le langage dans lequel se formule le cogito pris comme point de vue : analyse lacanienne et déconstruction du cogito comme divisé (par le signifiant) ou disséminé ("sauf le nom").
4° Le stade du langage comme force et vecteur de la volonté de puissance selon Nietzsche, lequel démonte la croyance métaphysique en "l'existence" : que "ça" pense n'implique pas qu'une "chose" pensante ou un sujet existant pense, etc. (simple effet de langage selon Nietzsche, qui nous fait passer de l'acte au sujet).
5° Le stade du cogito assimilé à l'Ego comme vécu immanent ou auto-affection, chez Michel Henry notamment : première tentative, encore semi-philosophique, de préserver l'Ego du sujet réflexif ou disséminant.
La solution précédente demeure amphibologique car la distinction de l'Ego et du sujet, loin d'être unilatérale, s'effectue à l'aune d'une intuition de pensée thématisant encore l'Ego comme un quasi-objet. En non-philosophie, au contraire, c'est l'Ego qui détermine unilatéralement la pensée.
Les quatre premières interprétations du cogito accordent nettement une primauté au "sujet" qu'elles n'ont de cesse d'analyser et d'objectiver, tandis que la dernière vise désespérément l'Ego dans le cogito sur le mode d'une auto-donation, qui tend cependant à oublier le sujet, ou à écraser (encore unitairement) celui-ci par celui-là, faute d'une pensée-en-Un permettant de l'unilatéraliser sans "danger".
Pour résoudre l'amphibologie de l'Ego/sujet, l'Ego ne doit plus être pensé comme auto-donation mais précisément comme un donné-sans-donation, donc un Ego-sans-sujet ; de son côté le sujet doit être théorisé, sur un mode scientifique-transcendantal, comme un sujet-en-Ego sur la base d'une identité-sans-mélange.

1996

COGITO > Décision

L'élaboration cartésienne et post-cartésienne du sujet, condensée dans le "cogito", se donne en réalité trois termes - ego, cogitatio, esse - plus ou moins interchangeables dans le cadre d'une structure unique : la Décision philosophique.
Le premier élément de la Décision est formé par la dyade du "cogito", soit la liaison nécessaire de la pensée et de l'être (au profit de la pensée, dans le contexte "moderne"). Ce qui peut apparaître une liaison "contre nature" devient évidence à l'aune de la Décision philosophique, dont la fonction première est d'opposer et d'attirer les contraires.
Le second élément est l'Un en tant que synthèse de la dyade, c'est-à-dire l'Ego maintenant posé comme troisième terme. Etant d'abord reliée à la pensée, son essence (divisée) n'est rien d'autre que la fameuse autoréflexivité (je sens bien que je sens, etc.) en guise de pseudo Un.
Le troisième élément est formé par la mise en mouvement et l'unification des deux précédents (Dyade + Un) par la philosophie elle-même, la philosophie du sujet qui doit se penser et exister elle-même, etc. Les trois termes "ego, cogitatio, esse" sont agencés/interprétés selon une axiomatique à la fois égologique et ontologique qui laisse certes une sorte de primauté (métaphysique) à l'Ego, mais non par une axiomatique transcendantale-pure (identiquement philosophique et scientifique) qui ferait d'eux des termes réellement premiers.

1996

CLONE > Un

La philosophie n'est pas seulement donnée réellement en-Un, ce dernier assume également une fonction transcendantale, dite de "clonage", qui permet de constituer le Sujet non-philosophique à partir de la philosophie.
Il s'agit de ne pas confondre le Clone (dit également "sujet-Etranger") avec son essence (le Réel) ni bien sûr avec le matériel philosophique : il est une instance transcendantale, une vision-en-Un appropriée à tel ou tel matériau.
Le clonage et la prise en compte de la philosophie n'excèdent pas l'Un en pure extériorité, formant une dyade avec lui, puisqu'ils sont de toute façon donnés en-Un.
Enfin le clone transcendantal n'est pas lui-même un double (du Réel, ou d'une identité transcendante), mais plutôt l'identité indivise d'un doublet philosophique.
2004

CLONAGE > Un

Une théorie du clonage s'imposait dans le cadre d'une théorie de l'Identité ou de l'Immanence refusant les logiques philosophiques de l'immanence (comme inhérence à soi, devenir-immanent, etc.) qui confondent généralement l'Auto avec l'Un. En toute rigueur l’en-Un se distingue à son tour de l’Un. "En-Un" se dit évidemment du réel-Un lui-même, mais surtout du clone transcendantal en tant que reçu sur le mode de l'Un, et à la rigueur des autres représentations aprioriques mais seulement "en-dernière-instance" (elles ne sont pas directement inhérentes à l'Un). Même remarque sur la "Vision-en-Un" qui d’une part dit exactement la même chose que l'Un (pour l'Un), et d'autre part désigne toute représentation comme donnée-en-Un (et non posée ou pensée) dans son état transcendantal.

1996

CLONAGE > Spécularité

Toute Décision philosophique instaure un mode de représentation du Réel de type spéculaire, voire spéculatif, tel que la représentation se divise toujours en reflet du Réel et en reflet du reflet, autrement dit en un mixte miroir-reflet.

Classiquement, l'ego cogito constitue l'une de ces "choses-miroir", à la fois miroir de la chose-sujet, donc chose elle-même, et reflet par excellence de la chose en tant que cogitans. Le matérialisme a esquissé une critique de cette représentation du Réel avec sa théorie du "reflet sans miroir", en affirmant l'autonomie du procès de connaissance précisément comme reflet du Réel, et sans réduire celui-ci à une projection spéculaire idéaliste. Cependant cette doctrine part d'une conception erronée du Réel comme Etre ou Matière, et replace celle-ci dans la transcendance en l'opposant par exemple à la conscience qu'elle est censée déterminer.

L'autre philosophie essayant de rompre avec cette structure mixte miroir-reflet est celle de l'"immanence de l'Ego" (Henry, par exemple). Certes la représentation n'y est plus "réfléchie" ou spéculaire en un sens, puisqu'elle prend la forme d'une auto-affection non re-présentative et non redoublée, mais elle conserve pourtant la structure de la Distance qui est propre à la pensée (confondue massivement avec le Réel) et donc réintroduit une forme de transcendance dans l'immanence. Le fait d'écraser l'un sur l'autre le miroir et le reflet, en croyant s'affranchir du mixte, ne permet pas de lever l'auto-position philosophique ni de penser l'Identité réelle comme immanence radicale.

En revanche l'Un-en-Un de la non-philosophie, ne faisant pas corps avec la pensée et ne constituant nullement un objet de représentation, ne saurait s'auto-représenter. Il ne peut ni être représenté ou reflété comme tel, ni être à lui-même son propre miroir.

Mais le miroir existe pourtant et l'Un ne lui oppose aucune résistance, de sorte qu'il se prête "passivement" à une sorte de "reflet-sans-reflété" d'ordre purement transcendantal, dont il est la condition nécessaire mais négative. Cet ordre transcendantal du reflet constitue un clone du Réel, un reflet sans miroir puisque le Réel et le miroir ne sont justement pas du même ordre.

Ce clone n'est pas le rejet du miroir spéculaire, ce qui constituerait encore une illusion philosophique ; il incarne plutôt l'identité de la dualité unilatérale (non spéculaire) du reflet-miroir, il dualyse celle-ci au lieu de la refouler et l'identifie comme identité de la spéculation. En résumé, ces trois noms premiers : Réel-non-reflété (seulement réel), miroir-reflet (transcendant) et reflet-sans-reflété (transcendantal), sont les trois identités permettant de traiter non-philosophiquement la triade spéculative philosophique.
1996

CLONAGE > Nouage

Le nouage est la mise en place d'instances relatives-absolues selon une logique ternaire-quaternaire, telle que l'instance nouante se noue également aux autres.
Le clonage n'est pas une opération plus simple que le nouage, il est d'abord un cloné-sans-clonage réel réduisant toute opération à une dualité unilatérale, puis une détermination-en-dernière instance de type transcendantal.
Le nouage du Tout exige l'auto-englobement du Tout, tandis que le clonage du Tout revient une fois chaque fois au clonage de l'un-dividu - le nouage fait Monde tandis que le clonage reste une pensée et une pensée individuale pour le Monde.

2004

CLONAGE > Non-Philosophie

La non-philosophie est clonée à partir de la philosophie pour permettre une effectuation et une prise en compte de celle-ci dans sa consistance et son autonomie relative.

Le clone non-philosophique est une instance transcendantale de l’Un qui intervient positivement auprès de la philosophie pour la déterminer (alors que l’Un-Réel détermine seulement la non-philosophie à l’occasion de la philosophie).

Il n’excède pas l’Un-Réel dans la philosophie puisqu’il reste un mode de la Vision-en-Un. Il n’est pas davantage le double d’un matériau philosophique donné, mais au contraire son identité enfin indivise.

Le clonage non-philosophique extrayant l’Identité du mixte philosophique est complémentaire de la dualyse travaillant ce même mixte comme Dualité unilatérale.
1996

jeudi 9 octobre 2008

CLONAGE > Incarnation

Le mystère théologique participe de l'essence de la dialectique – l'unité elle-même plus ou moins "mystérieuse" des contraires – sous la forme d'une convertibilité ultime de Dieu et de l'Homme. Le mystère n'excède pas la dialectique, il la résume.

L'Incarnation, mystère des mystères, parfaite coïncidence de l'Homme-Dieu et du Dieu-Homme par la guise de la Trinité, relèverait donc d'une synthèse de type philosophique !

Or il faut considérer l'ensemble biface de la dialectique (rationalisant le mystère) et du mystère (structuré par la dialectique) comme un symptôme mondain du clonage.

La vraie pensée mystique étant unilatérale et non synthétique, témoignant de la Solitude de l'Homme et de son Indifférence même à Dieu, elle implique le clonage du Sujet-Fils comme unique alternative à l'Incarnation mystico-philosophique (confusion non seulement du Sujet et de l'Homme mais de l'Homme et de Dieu).

Lorsque l'Homme-en-personne (non présent au Monde) voit le Monde en-Un, il existe Sujet-Fils. En tant que clone, il est lui-même dualité unilatérale, soit Identité-sans-synthèse de L'Un immanent et du Deux/Trois transcendant.

Le clonage n'est pas une action ni une opération transcendante, mais une dif-fusion ou même une in-fusion d'immanence en direction du Monde. La mission de l'Homme via son Fils, et par la grâce du Fils, pour sauver le Monde de son infernale suffisance… L'être-né sans-naissance et sans-consistance qu'est l'Homme transmet, au moyen du clonage, sa pauvreté radicale (de chair et d'esprit) au Monde ; le Sujet-clone n'est plus l'image de Dieu ni même celle de l'Un (sur le modèle théologique de la créature image de Dieu), mais une image unilatérale et non-représentative du Monde. Certes le clone tient son universalité directement de l'Un, mais il ne vaut que pour le Monde auquel il se rapporte transcendantalement.

La mystique-fiction substitue à l'Incarnation suffisante et au fantasme mondain du Tout-chair le réel du Corps Glorieux comme uni-carnation de l'Homme-en-personne. L'uni-carnation correspond à la Venue de l'Homme comme dernière chair ou chair future, globalement à la dualyse de l'Incarnation suffisante. Ce clonage par le Corps Glorieux de la chair naturelle s'effectue à travers le sujet-Christ, par le passage à la chair-Christ qui est archi-carnation. Cette phase spécifique du clonage – théologiquement celle du Verbe et du Fils – est nécessaire pour envisager enfin l'adoption du Monde par l'Homme.

2007

CLONAGE > Identité

Une théorie du clonage non tronquée tiendrait l’Identité ou l’Un pour l’essence de l’homme. C’est pourquoi la philosophie, et plus particulièrement l’éthique, ne peut tolérer le principe du clonage pas plus que la culture en général ne peut tolérer l’inceste.

Mais comme tout refoulement, cet interdit trahit aussi bien un désir d’identité qui, lui, fait symptôme de l’Identité réelle, et cela d’autant plus que le style des doublets et des dyades propre à la philosophie n’est rien d’autre qu’une pratique du clonage « à la différence près ».

Le projet de connaître l’humain est structuré comme un désir de reproduction, non pas à l’identique comme la science le professe naïvement ou comme l’éthique feint de le croire, mais dans une identité « supérieure » préservant la différence.

Or le clonage de-dernière-instance n’est pas une reproduction à l’identique, n’est pas une reproduction du tout mais la manière d’agir spécifique de l’Identité (ou de l’Homme) devenant « lui-même » sujet-existant-Etranger face à un donné-X mondain et transcendant. « En-dernière-instance » signifie que l’Homme n’est pas clonable par essence, sinon indirectement et selon lui sous la forme du sujet-Etranger.

2000

CLONAGE > Etranger

La philosophie est le règne des dualités imaginaires – par exemple celles du Moi et d’Autrui ou d’Autrui et de l’Etranger -, lesquelles reproduisent idéalement la « réalité » sans l’expliquer. Sur la base de l’Identité réelle déjà donnée, au contraire, redoublements et autres dédoublements le cèdent à un clonage de-dernière-instance faisant apparaître l’Etranger en lieu et place d’Autrui, soit Autrui donné-en-Un hors de sa dualité avec l’Ego.

Le clonage permet d’attribuer à l’Etranger une fonction d’universalisation. En se donnant d’une part le Réel comme constante, et d’autre part Autrui comme variable, nous dirons que l’Etranger remplit la fonction transcendantale d’Autrui sous la constante du Réel.

2000

CLONAGE > Dualité unilatérale

La théorie du clonage, découverte majeure de "Philosophie III", permet de préciser le sens de la "détermination-en-dernière-instance" et de la "dualité unilatérale", soit une relation en trois phases entre l'Un Réel d'une part et un terme X transcendant d'autre part.

Le premier stade est celui de la dyade philosophique comme relation apparente, mais auto-suffisante et négatrice du Réel-Un.
Le deuxième stade résout la contradiction entre l'immanence de la Vision-en-Un et la suffisance du calcul philosophique qui n'en veut rien savoir, par la production d'un clone du Réel-Un qui est l'"Identité transcendantale", l'essence transcendantale de la pensée. Il est soutiré au Réel pour le représenter (sans double ni reflet) auprès de l'occasion X empirique ou transcendante.
A partir de l'essence transcendantale, le troisième stade extrait du terme X philosophique un a priori non-philosophique, réduisant X à l'état de simple support. Par conséquent il faut distinguer la "cause occasionnelle", qui est l'empirique suffisant ou spontané, de ce même empirique réduit au "support" de l'a priori.

Les quatre instances non-philosophiques apparaissent clairement désormais : 1) le Réel (ou l'Un), 2) l'Empirique (ou le Mixte), 3) le Transcendantal (ou l'Identité, ou l'en-Un), 4) l'A priori (ou Dualité unilatérale). La Dualité unilatérale (qui n'est pas la Dyade) peut se dire des relations entre plusieurs de ces termes, mais s'applique plus justement à la relation Transcendantal/A priori.

1996